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Découvrez Carola Rackete, la capitaine du Sea Watch 3 qui défie le premier ministre italien.

Découvrez Carola Rackete, la capitaine du Sea Watch 3 qui défie le premier ministre italien.
Découvrez Carola Rackete, la capitaine du Sea Watch 3 qui défie le premier ministre italien.

La jeune capitaine allemande qui a forcé le blocus italien pour faire accoster des migrants n’a rien d’une «pirate». Cette globe-trotteuse touche-à-tout défend ses valeurs.

Sa bravoure et son courage ont exaspéré les uns — le ministre de l’intérieur italien d’extrême droite Matteo Salvini en tête — et suscité l’admiration des autres — la collecte de fonds lancée pour payer ses frais de justice et la poursuite des activités de son ONG a recueilli plus de 1,4 million d’euros (M€) en moins d’une semaine. En décidant, en conscience, de forcer le blocus imposé par l’Italie et de faire accoster son navire avec à son bord 40 migrants en détresse dans le port de Lampedusa dans la nuit du 28 au 29 juin dernier, Carola Rackete, la capitaine du Sea Watch 3, a secoué tout un continent.

À seulement 31 ans, cette jeune allemande, à l’existence déjà largement remplie, a placé l’Europe face à ses responsabilités et ses ambiguïtés. Les images de son arrestation, dans une ambiance irréelle entre les applaudissements et les insultes, resteront. Le sujet est tellement inflammable que Carola Rackete est instantanément devenue une icône, adulée ou détestée.

Son attitude cette nuit-là, un mélange de calme et de froide détermination, n’a guère surpris ses proches. « Elle a fait beaucoup d’équitation. Et, déjà petite, elle savait maîtriser les chevaux les plus grands, nous confie son père Ekkehart Rackete, longuement joint par téléphone. Elle n’avait déjà pas froid aux yeux ! »

« Notre-Dame de l’Europe »

Carola Rackete naît près de Kiel, dans le nord de l’Allemagne, sur les bords de la mer Baltique. Son père, ancien militaire à la retraite, et sa mère, comptable toujours en activité originaire de Bavière, s’installent ensuite à Hambühren, un bourg de 10 000 habitants entre Hanovre et Hambourg, où ils résident encore aujourd’hui. Le couple a déjà une première fille lorsque Carola voit le jour.

« C’était une petite fille vive, très bonne à l’école », indique son père qui, initialement, ne souhaitait pas longuement s’épancher au téléphone. Pour le convaincre, il faut lui raconter que, en France, sa fille cadette compte de nombreux soutiens et qu’une banderole a même été accrochée sur le pont de l’Archevêché, derrière Notre-Dame de Paris, avec cette inscription : « Capitaine Carola Rackete : Notre-Dame de l’Europe ». L’argument fait mouche.

Particulièrement intelligente, la jeune Carola est une enfant curieuse, passionnée de musique. « Elle a joué pendant des années de la trompette dans la chorale de l’église, relate Ekkehard Rackete. Elle a conservé une grande collection de disques de musique classique : Beethoven, Mozart, Bach, Haydn… Mais quand elle écoute la radio, je dis toujours que c’est de l’horrible bruit moderne. » Au moment de choisir ses études supérieures après son bac, elle ne résiste pas à l’appel de la mer et s’inscrit dans un cursus de science nautique à l’université de Jade, sur les rives de la Baltique.

Coiffure rasta et croisières de luxe

Diplômée en 2011, elle prend immédiatement le (grand) large vers le (grand) nord. Car, avant de frayer dans la Méditerranée pour venir en aide aux migrants, Carola Rackete a surtout vogué dans les eaux froides de l’Arctique et de l’Antarctique. À 23 ans, elle embarque à bord du Polarstern, un navire de recherche et brise-glace allemand exploité par l’Institut Alfred-Wegener pour la recherche polaire et marine.

Cette première expérience professionnelle, qui mêle à la fois navigation, recherche scientifique et souci pour la nature, est la parfaite synthèse ce qui constituera son engagement. En 2015, Carola Rackete va ainsi reprendre des études, dans le nord de l’Angleterre cette fois, où elle obtient un master en management environnemental en 2018. Son travail de recherche porte sur l’albatros hurleur en Géorgie-du-Sud, un territoire britannique au large de l’Antarctique !

 

Parallèlement à ses études, la jeune femme aux cheveux rasta, qui a décroché un certificat auprès de l’agence fédérale allemande d’hydrographie et de navigation, travaille ponctuellement sur des navires de luxe, pour des croisières dans les zones polaires. Mais jamais à temps plein. Car son parcours est jalonné d’expériences diverses, avec un tropisme écologiste de plus en plus marqué.

« Une enfant qui voulait toujours faire le bien »

Au printemps 2014, cette grande baroudeuse qui a parcouru la Chine et l’Amérique du Sud et parle cinq langues (dont le français), s’engage pour un service volontaire européen dans le parc des volcans du Kamtchatka, une péninsule de l’Extrême-Orient russe surtout connue des amateurs de Risk. Pendant huit mois, elle anime des ateliers de sensibilisation à la nature, entretient les chemins et les cabanes des gardiens et participe à un programme de recherche scientifique sur la botanique.

Comme une évidence, ses engagements la poussent à frapper à la porte de Greenpeace. Entre mars et juin 2015, elle intègre l’équipage de l’Arctic Sunrise, le navire océanographique de l’ONG. « À l’époque nous travaillions sur les impacts de la surpêche et des filets fantômes (NDLR : les filets de pêche abandonnés au fond des océans et qui constituent une menace pour la faune et la flore) », se souvient Erik Mekenkamp, un ingénieur nautique néerlandais qui a participé à cette mission avec elle.

« Je garde le souvenir d’une personne joyeuse et souriante, développe-t-il dans un témoignage adressé par mail. Carola voulait toujours faire le bien pour la planète et l’humanité. » Deux ans plus tard, au printemps 2017, elle collabore à nouveau avec Greenpeace. Il s’agit cette fois de faire des relevés pour étudier les méfaits des microplastiques au large de la côte ouest de l’Ecosse. Grant Oakes, qui faisait partie de la mission, ne tarit pas d’éloges sur son ancienne partenaire.

« Elle était très qualifiée et, à son âge, déjà dotée d’une solide expérience, se remémore ce permanent de Greenpeace. Elle est rapidement devenue un membre important et fiable de notre équipe. Alors qu’elle n’était que volontaire, elle a vite acquis des responsabilités grâce à la qualité de son travail qu’elle avait le souci de faire toujours bien et en sécurité. Vous savez, ce genre d’expérience, ça révèle les vrais talents… » Sur le plan personnel, il évoque une personne « attachante et, en dépit de ses compétences, très humble »… lire la suite sur Le Parisien 

 

Source : Rumeurs d’Abidjan.net

Cet article a été relayé par un programme informatique. Benin Times n’est pas l’auteur de ce dernier.

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