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Yamoussoukro: 02 villages menacés de disparition appellent Ouattara au secours

Yamoussoukro: 02 villages menacés de disparition appellent Ouattara au secours
Yamoussoukro: 02 villages menacés de disparition appellent Ouattara au secours

Le décret du 08 juillet 1969 portant création de l’Autorité pour l’Aménagement de la vallée du Bandama (AVB), suite à la construction du barrage de Kossou, a, dans sa mise en œuvre, permis de délocaliser plusieurs villages du Centre vers d’autres régions de la Côte d’Ivoire.

Les villages d’Allangoua et N’gbessou, deux villages Nanafouè de Tiébissou, ont, depuis les années 71 et 72, été délocalisés sur les terres de Yamoussoukro, précisément à quelques encablures de l’Institut national polytechnique Houphouët-Boigny (INP-HB). Depuis deux voire trois ans, les populations desdits villages autrefois paisibles sont confrontées à d’énormes difficultés dues à la pression foncière. N’Zéré, village qui leur a concédé des terres cultivables n’entend plus le faire.

Mieux, il a commencé à barricader ses terres par des délimitations en implantant des bornes jusqu’à la lisière des villages. Autre souci majeur, c’est avec l’INP. L’Institut de formation, dans son projet d’extension, entend ériger une clôture qui passera à moins de 100 mètres des villages Allangoua et N’gbessou. Alors les populations n’ayant plus de terres cultivables vivent dans la disette et la faim. Les cadres de ces villages, après plusieurs interpellations de l’Administration, notamment la préfecture, la direction régionale de la Construction, le Sénat…, se sentent aujourd’hui impuissants.

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C’est pourquoi, à travers la conférence de presse organisée le samedi 30 octobre dernier, ils ont décidé d’appeler au secours, le chef de l’Etat ivoirien, Alassane Ouattara, afin qu’il se penche sur la question. Après avoir planté le décor de la rencontre, Alexis Yoboué, le président de la Mutuelle, a demandé à Ferdinand Kouadio, le secrétaire général de la Mutuelle de s’adresser à la presse. Celui-ci, après un bref rappel historique de leur présence sur ces terres d’Allangoua et N’gbessou, a fait la précision suivante :

« Aucun document administratif ne précise clairement les limites de terres entre ces deux villages et le village hôte de N’Zéré… Des blocs culturaux ont été octroyés aux populations. Aujourd’hui, nous sommes confrontés à des problèmes. Nous sommes obligés de négocier avec le voisin N’Zéré. La sécurité foncière de N’Gbessou est menacée. Parce qu’il n’y a aucun document juridique pour sécuriser nos terres. Nos deux villages sont affamés, dépaysés, déprimés, désorientés. »

« Nous avons des tensions fréquentes avec nos voisins de N’Zéré et l’INP-HB qui veut ériger une clôture qui passe à moins de 100m du village. Nous sommes constamment bloqués dans nos projets de lotissement ou agricoles. Certains de nos villageois sont souvent interpellés et gardés à vue à la suite de conflits fonciers avec N’Zéré. Nous sommes considérés comme des apatrides dans notre propre pays… », a-t-il dénoncé avant de poursuivre pour dire :

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« C’est l’État de Côte d’Ivoire qui nous a amenés ici. Nous ne sommes pas des aventuriers à Yamoussoukro. Nous ne voulons plus être encore déguerpis. Nous refusons d’être déguerpis une fois encore. Nous refusons d’être sacrifiés une fois encore. Nous sommes des villages à part entière et nous estimons que notre problème n’est pas su du chef de l’Etat, le Président Alassane Ouattara. Parce que N’Gbessou et Allangoua sont des cas spéciaux de village. »

Comme fait majeur relevé au cours de ce point-presse, c’est la disparition de la carte de Côte d’Ivoire des deux villages, Allangoua et N’gbessou C’est pourquoi, en guise de recommandations, Ferdinand Kouadio relèvera « Au président de la République : nous sommes en train de souffrir ici, en train de moisir dans cette savane chaude de Yamoussoukro. Nous ne sommes pas habitués à cette situation parce que les populations de N’Gbessou sont de braves cultivateurs qui ont été obligées de quitter leurs forêts de Tiébissou pour se retrouver sur les terres de Yamoussoukro. Nous sommes aujourd’hui sans terre, nous sommes même menacés de disparition.

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Donc nous demandons la sécurisation de nos terres, la protection de nos terres à travers la délivrance des documents administratifs. Nous demandons la délimitation de nos terroirs afin qu’on sache clairement les limites de nos ressorts territoriaux de manière officielle. Afin de mettre fin aux tensions et aux querelles… », a-t-il adressé comme doléances au chef de l’Etat avant de demander que leurs villages soient épargnés par le projet d’extension de l’Inphb. Autres actions à mener pour la résolution de leurs problèmes, le secrétaire général, Ferdinand Kouadio a annoncé la saisie d’Ong des droits de l’Homme et des sit-in à la préfecture de Région au cas où ils ne trouveront pas une oreille attentive auprès des décideurs.

 

Afriksoir

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