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Yacouba Sidibé : « Des milliers d’enfants ne sont pas enregistrés à l’état-civil »

Yacouba Sidibé : « Des milliers d'enfants ne sont pas enregistrés à l'état-civil »
Yacouba Sidibé : « Des milliers d'enfants ne sont pas enregistrés à l'état-civil »

Yacouba Sidibé, Assureur-conseils de profession, fait partie des jeunes leaders de Minignan ( région de Folon, nord-ouest de la Côte d’Ivoire) dont les interventions publiques sur les questions de développement ne passent pas inaperçues.

Au cours d’un entretien que nous avons eu avec ce militant de base de section Foyer du RDR devenu RHDP, ex-étudiant à l’INPHB, titulaire d’une licence en gestion de projet à la chaire UNESCO pour la culture de la paix (Cocody), il se prononce,  sans langue de bois, sur différents thèmes liés au développement de sa région d’origine.

• Bien que chef-lieu de la région de Folon, nous apprenons que la ville de Minignan manque d’infrastructures devant supporter son développement accéléré. Qu’en dites-vous ?

Yacouba Sidibé  (YS) : D’emblée, je tiens à vous dire merci pour l’opportunité qui m’est donnée de m’exprimer sur des questions de développement. Effectivement, Il n’est pas erroné de dresser ce constat. Le développement tant souhaité suppose des acquis en infrastructures routières, sanitaires, hôtelières, scolaires……

Aujourd’hui, nous notons des travaux de rénovation et d’extension du réseau électrique de la ville, mais cela n’est pas suffisant pour amorcer le développement. Il nous faut, par exemple, exiger le redéploiement de toutes les directions régionales de l’administration publique, opter pour la construction de plusieurs réceptifs hôteliers, des logements, plus de routes pour le désenclavement des villages, des banques, des écoles privées, des centres de santé et bien d’autres d’infrastructures pour améliorer les conditions de vie des populations.

• Toujours est-il que de grands travaux publics sont en cours dans le département de Minignan .

YS :  Evidemment, le département de Minignan est en grands chantiers,  pour ce qui est des travaux de bitumage des axes Odienné-Minignan, frontières Mali et Guinée, le réprofilage des routes départementales, l’électrification de plusieurs villages et comme je l’ai dit tantôt, l’extension du réseau électrique , tout comme plusieurs autres actions salutaires qu’on ne saurait toutes citer ici.

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• Vous êtes reconnu en tant qu’un leader de jeunesse qui dénonce beaucoup les tares de la société. Quelles sont les motivations réelles de votre engagement ?

YS :  Les motivations sont d’ordre personnel, familial, communautaire et de fraternité politique. À l’origine j’ai toujours voulu travailler dans le secteur de l’humanitaire. Concernant mon engageant en politique dans le Folon, j’ai compris plus tôt que nous devons mener des actions sociales en faveur des communautés rurales dont les besoins deviennent de plus en plus nombreuses.

Je tiens à préciser que cet engagement méthodique répond en grande partie à une aspiration de mon père, acteur politique sur le terrain, qui a souhaité qu’en marge de la vie professionnelle,  j’embrasse aussi une carrière politique rien que pour agir en faveur des plus démunis et des personnes vulnérables.

Mes pensées vont constamment à mon père à qui l’homme que je suis devenu. L’avenir nous en dira. Pour l’heure, je reste un homme engagé auprès des communautés rurales et cela, nous le matérialisons au quotidien par des micros-projets à travers des distributions de semences, de kits alimentaires, par le pilotage de projet d’entreprise, par la sensibilisation des jeunes sur leurs responsabilités pour un Minignan prospère et développé.

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• Récemment à travers une publication sur les réseaux sociaux, vous avez attiré l’attention de l’opinion nationale et internationale sur le fait qu’à Minignan, des milliers d’enfants ne sont pas enregistrés à l’état-civil . N’est-ce pas excessif ?

YS : Excessif ? Je ne le pense pas ainsi Les faits sont réels et nul ne peut les effacer. Ce sont plus 2000 écoliers qui sont sans extrait de naissance . Certainement que ce phénomène social est plus grave dans plusieurs villages de la région de Folon. Qu’à cela ne tienne, si je ne le dit pas maintenant,  tôt ou tard quelqu’un d’autre en parlera publiquement.

En évoquant le cas des enfants non enregistrés à l’état-civil, je veux amener les décideurs régionaux à prendre par les cornes ce problème pour une résolution durable.

À noter que je ne me limite pas à la dénonciation. Je propose des solutions, ce qui est déjà bon à explorer pour que chaque enfant de Folon ait un extrait de naissance. L’analphabétisme, l’ignorance, la pauvreté et l’enclavement de plusieurs villages sont les principales causes de ce phénomène, d’où la nécessité de sensibiliser.

Je profite une fois de plus de l’occasion pour lancer un appel à toutes les forces vives de Minignan pour la création d’une banque d’état-civil qui consiste à mobiliser un fonds destiné à l’établissement des extraits de naissance des enfants de familles démunies.

• Vous êtes originaire d’une région où le RHDP, parti au pouvoir, règne sans partage occupant tous les postes électifs politiques . Quel bilan faites-vous de la gouvernance RHDP dans le Folon ?

YS : Le bilan du RHDP dans le Folon est satisfaisant en termes d’accès à l’électricité, l’eau, la route, l’infrastructure sanitaires et éducatives,….. Cependant beaucoup reste à faire.

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En vérité en raison de son état de région dite de pauvreté avancée, le Folon réclame plus à l’Etat central. Personnellement, j’attends le RHDP sur deux points. Premièrement, une autonomie politique du Folon. Ce qui appelle forcément à plus de promotion de nos cadres politiques c’est-à-dire plus de nominations de nos cadres dans sphères décisionnelles étatiques. Deuxièmement une redistribution assez équitable des richesses crées par le pays.

Nous sommes une région. Pour nous développer, nous avons certes des ressources humaines de qualité, mais il nous faut plus de subventions de l’État central, des autres collectivités territoriales par exemple. Au-delà de la responsabilité de l’État dans le développement accéléré de la région de folon il faut une mobilisation des filles et des fils Folon  pour des investissements dans tous les secteurs d’activités.

• Selon des indiscrétions persistantes, vous êtes un jeune leader qui se prépare à se lancer dans les futures batailles électorales . Confirmez-vous ?

YS : le Député de notre circonscription électorale a dit :  » les élections sont terminées, parlons développement  ». Pour l’heure, j’y contribue à travers des critiques constructives et des actions sociales dans la mesure de nos moyens . Concernant mes ambitions politiques , l’avenir nous en dira plus. Une certitude est que sous le Président Alassane Ouattara, la  Côte d’Ivoire  vit des mutations infrastructurelles, politiques, économiques, politiques et sociales positives qui invitent la jeunesse responsable à jouer pleinement son rôle.

Source : le courrier quotidien

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