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Voici pourquoi il faut laisser voter avec les anciennes CNI

Voici pourquoi il faut laisser voter avec les anciennes CNI
Voici pourquoi il faut laisser voter avec les anciennes CNI

A la lumière des déclarations des autorités gouvernementales, notamment le ministre de l’Administration du Territoire et de la Décentralisation, Sidiki Diakité, on s’aperçoit que le débat sur la confection des Cartes nationales d’identité (CNI) prend des allures d’un dialogue de sourds entre gouvernement, opposition et société civile. Pour le ministre Diakité, le gouvernement ne saurait interrompre le processus d’identification qui permet aux citoyens d’obtenir leur Carte nationale d’identité, précieux sésame dans la vie active. Personne ne peut nier le caractère raisonnable d’une telle position.

Mais là où il y a dialogue de sourds entre le gouvernement et l’opposition ivoirienne, c’est de lier cette opération classique et continue dans un Etat de droit aux opérations de vote à venir. Selon l’opposition, si la validité de la CNI de 2009 a été prorogée au-delà de 2019, année de son expiration, pourquoi ne pas maintenir cette prorogation au-delà des élections de 2020 ? De sorte qu’après les échéances électorales, les citoyens peuvent renouveler leurs Cartes nationales d’identité en toute sérénité surtout que ce renouvellement a un coût que tout le monde ne peut avoir au même moment.

L’obtention de la CNI ayant toujours été une obligation pour tout citoyen majeur, l’Etat usera de tous les moyens légaux de coercition pour que les uns et les autres (r)établissent leur pièce. Et cela, indépendamment de la période électorale qui est une période à haute pression.  Voici la préoccupation de l’opposition. C’est-à-dire expliquer clairement aux Ivoiriens que compte tenu du retard accusé dans la confection des CNI, ceux qui auront pu obtenir les leurs, pourront s’en servir pour voter. Mais ceux qui n’auront pas pu en avoir, pourront voter avec leur ancienne CNI.

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Ces petites combines ne visent qu’à léser l’opposition

Cela ne voudrait pas dire qu’il faille fermer les centres d’enrôlement ! Mais que ceux qui ont les moyens et qui ont pu réunir les conditions d’enrôlement peuvent se faire enrôler tandis que ceux qui n’auront pas encore pu réunir lesdits moyens viendront se faire enrôler quand ils seront prêts. Et cela, tout en sachant que s’ils ne se mettent pas à jour, ils pourraient avoir des ennuis lors des contrôles d’identité ou toutes autres opérations exigeant l’obtention de la CNI.

Il ne faudrait pas que le gouvernement amène les populations à voir derrière son intransigeance à lier l’identification aux futures élections comme une opération commerciale consistant à obliger les citoyens à payer les frais d’enrôlement afin de remplir les caisses. Alors que, selon l’opposition, la Banque mondiale aurait octroyé 30 milliards à la Côte d’Ivoire pour l’identification des Ivoiriens. Si ce n’est pas ce calcul mercantiliste qui pousse le gouvernement à lier les opérations d’enrôlement aux élections, pourquoi reste-t-il si sourd aux propositions, on ne peut plus raisonnables, de l’opposition ?

Le gouvernement ayant, lui-même, perçu les difficultés qu’éprouvent les populations à obtenir leurs pièces, a décidé d’aider financièrement celles qui leur sont favorables à établir leur CNI. Et cela en passant par les Conseils régionaux et municipaux Rhdp. Toutes ces petites combines ne visent qu’à léser l’opposition sans grands moyens. Et dont les militants pourraient ne pas avoir leur CNI pour prendre part aux suffrages le moment venu. Autant de choses et bien d’autres qui font dire à certains acteurs politiques qu’il faut dissocier les futures échéances électorales du processus d’enrôlement en cours et qui se poursuivra même après les élections.

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Cette position de l’opposition est d’autant plus justifiée que le gouvernement lui-même avait déclaré au sortir du conseil des ministres du 15 avril 2020 que depuis son démarrage fin 2019, « l’opération d’identification n’a pu enrôler que 130.000 personnes sur un objectif de 6,5 millions de Cartes nationales d’identité à l’horizon d’octobre 2020 ». Avec un tel résultat, un tel ratio, combien de temps faudra-t-il pour satisfaire les 6,5 millions de requérants et leur permettre de voter en octobre prochain, c’est-à-dire dans six mois ? Simple question de bon sens à laquelle ne devrait résister aucun calcul politicien.

Il est temps de rasséréner les populations

A six mois de la présidentielle, il est temps de rasséréner les populations en leur disant clairement qu’elles pourront voter avec leur ancienne CNI plutôt que de maintenir sur leurs têtes cette pression inutile. Le rôle d’un pouvoir n’est pas de se mettre toujours en porte-à-faux avec les citoyens. Mais de rechercher, en toute chose, leur bonheur, leur bien-être. Car aucun peuple n’est suffisamment masochiste pour élire ou accepter à sa tête des gens qui ne font que le brimer.

Au moment où la Covid-19 continue de sévir, avec ses lots de malades et de morts à travers le monde, interrogeons-nous à nouveau avec le Cardinal Jean-Pierre Kutwa qui, lors de la célébration de la fête de Pâques le 12 avril, interpellait l’humanité et plus précisément le peuple de Côte d’Ivoire : « (…) Oui cette pandémie passera certainement. Et quand elle aura disparu, que nous restera-t-il ? A prendre les chemins de nos vies comme par le passé ? Comme si rien ne s’était passé ? A dresser encore des barrières entre nous ? A élever plus haut les murs de méfiance et de défiance, de médisance et de repli de chacun sur soi ? A laisser triompher le mensonge et la haine ? A continuer à nous gonfler d’orgueil là où un simple virus nous a réduits au confinement, au silence ? »

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Et de conclure : « (…) Allons-nous continuer à ne penser encore et toujours que : Avoir, Pouvoir et Puissance ? (…) Cette maladie nous a fait comprendre que tous, nous sommes logés à la même enseigne. Qu’on soit grand ou petit, riche ou pauvre, reconnaissons-nous comme frères et que personne ne soit considéré comme un moins homme. Voilà l’après Coronavirus ! »

Cette belle interpellation laissera-t-elle insensibles les acteurs politiques ivoiriens, notamment les tenants du pouvoir, qui continuent de s’enfermer dans des petits calculs égoïstes visant à assurer leur maintien à la tête du pays contre vents et marées ? Les populations n’étant pas à l’origine du retard accusé dans la confection des CNI, pourquoi ne pas les laisser voter avec celles de 2009 ? Pourquoi le gouvernement tient-il à faire payer à l’opposition ses propres faiblesses et insuffisances ? Des questions et bien d’autres qui attendent réponses.

ABEL DOUALY

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