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Tribunal de Yopougon : elle passe en jugement et joue les zinzins pour échapper à son sort

Tribunal de Yopougon : elle passe en jugement et joue les zinzins pour échapper à son sort
Tribunal de Yopougon : elle passe en jugement et joue les zinzins pour échapper à son sort

Éric, jeune habitant de Yopougon, s’est fait un jour cambrioler, se faisant voler une chaîne en or plaqué et la somme de 19.000 francs. Ses voisins lui ont dit avoir vu sortir une jeune femme de chez lui sans savoir qu’il s’agissait d’une cambrioleuse, d’autant plus qu’elle se serait introduite sans effraction…

Un autre jour, Éric reçoit un coup de fil du voisin l’informant qu’il y a quelqu’un chez lui. Trouvant cela bizarre, il se précipite à son domicile et y trouve effectivement une jeune femme qu’il ne connaît pas. Une intrue ! Le voisin l’identifie comme celle qui est venue la première fois que la chaîne en or et l’argent avaient été dérobés. On trouve sur la cambrioleuse de fausses clés. Or elle accédait au domicile de sa victime grâce à l’une d’entre elle fonctionnant comme une clé passe-partout. Voici comment Adja, 38 ans, se retrouve sous mandat de dépôt le 4 janvier 2021, puis en jugement au tribunal de Yopougon ce vendredi 8 janvier. La jeune femme adopte une attitude étrange au parquet, comme si elle a perdu la tête. Elle parle de nourriture, disant qu’elle veut manger maintenant et réclamant en même temps sa libération immédiate parce qu’ayant marre de rester sous les geôles. Dans le box des prévenus, elle a sa nourriture dans un sac, qu’elle veut aller chercher et dévorer en plein procès. La juge le lui autorise, puis Adja se rétracte, disant qu’elle n’a plus faim. Elle hausse le ton sur les magistrats, parlant parfois de choses qui n’ont ni tête ni queue. La présidente du jury va à l’essentiel :

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– Comment, et pour quelle raison vous êtes-vous introduite au domicile du plaignant ?

Adja devient du coup lucide pour assurer sa défense :

– C’est mon collègue qui m’a donné la clé. Il a donné la clé à un monsieur qu’on appelle Tonton pour me donner. Comme j’ai des problèmes, je lui ai demandé un service, lui disant que même s’il peut me trouver un studio où dormir, ça va me plaire. Voici comment j’ai eu la clé.

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– Votre collègue s’appelle comment ?

– Zamblé.

– Et pourquoi il n’est pas venu au 38ème arrondissement pendant votre garde à vue ?

-…

– Vous savez où le trouver ?

-…

La prévenue change ensuite de langage, disant que c’est un certain Crespo qui lui a donné la clé. Le public grogne. Qui sont ces Zamblé, Tonton, et Crespo ? La cambrioleuse se met à crier, affirmant qu’elle est exaspérée de se retrouver là. Elle évoque le nom d’un certain Bamba, qui serait son grand frère, et qui serait dans la salle d’audience. Aucune nouvelle de ce dernier à la demande de la juge.

Et le procureur de faire son réquisitoire :

– La prévenue se fait passer pour une folle qui n’a pas manger depuis le violon. Elle avait déjà volé chaîne et argent dans la maison du plaignant. C’est à sa deuxième tentative qu’elle s’est fait prendre. Les bandits opèrent aujourd’hui par le moyen des clés passe-partout, et croyez-moi, quand une femme décide de faire la délinquance, elle devient plus dangereuse qu’un homme. Madame la présidente, il vous plaira de la condamner à 3 ans de prison…

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Le tribunal condamne la cambrioleuse à 24 mois d’emprisonnement, 3 ans d’interdiction de paraître, 10 ans de privation de droit. Le plaignant ayant estimé à 59.000 francs la valeur de ses pertes, la prévenue devra lui restituer également cette somme.

( Nous devons nous montrer désormais plus prudents que jamais avec la confection de nos serrures, que ce soit à domicile ou au travail, car les utilisateurs de clefs passe-partout deviennent de plus en plus nombreux à sévir. )

Louis-César BANCÉ