HomeSociétéToumodi / crise postélectorale : la colère des dieux s’abat sur les...

Toumodi / crise postélectorale : la colère des dieux s’abat sur les coupables

Toumodi / crise postélectorale : la colère des dieux s’abat sur les coupables
Toumodi / crise postélectorale : la colère des dieux s’abat sur les coupables

L’élection présidentielle du 31 octobre 2020 a été vigoureusement contestée.En dépit des déclarations, des marches et des mouvements de protestation pour empêcher la candidature controversée d’Alassane Ouattara, le pouvoir est resté droit dans ses bottes, sourd aux jérémiades des opposants.Le centre du pays a été le théâtre des drames, avant, pendant et après ce scrutin. Toumodi, ville située au centre de la Côte d’Ivoire n’a pas été épargnée.Djasso Djasso, natif de Toumodi fait un récit captivant de ces terribles actes de violences, survenu dans ladite localité.

Lisez !

Ces lignes sont ma petite contribution pour la quête de la paix et la réconciliation qui ne s’obtient que dans la vérité, la réparation et le pardon sincère.

La vérité est bien souvent très loin de vos écrans de télévision.

Dimanche 03 janvier 2021, je suis à Toumodi dans ma ville natale. Cette année, nous sommes venus nombreux pour fêter le réveillon en famille. Il y a beaucoup de décès et de nombreux défis.

J’ai grandi dans le quartier Toordiklô(Toumodikro), l’épicentre des émeutes de la crise post-électorale.

Lire aussi:   La Carte d’Identité du Réfugié portée à la connaissance des Etablissements financiers et des Structures administratives

J’ai mené une investigation pour éclairer ma lanterne sur les évènements qui se sont déroulés à Toumodi pendant la crise électorale. Je suis allé de porte à porte pour interroger des témoins oculaires. J’ai également pris des photos. Les parents se sont confiés à moi. Des pleurs, des regrets, des confidences sous fond de retrouvaille étaient aux rendez-vous.

Les faits!

Des rumeurs font échos d’un spectre de guerre qui plane sur la ville. Le chef du quartier de Toumodinkro, ainsi de nombreuses autorités ont quitté la ville, laissant les populations à leur sort.

Ce dimanche 1er novembre 2020, Il est 13 heures lorsque les premières flammes se sont fait remarquer. Des maisons et magasins ciblés ont été incendiés. Par contre, d’autres ont été épargnés grâce aux supplications mais surtout grâce aux liens de l’amitié. Les machettes, les cocktails Molotov pleuvaient de partout. Les familles fuirent leur appartement, c’est dans ce désordre macabre que quatre (4) personnes innocentes issues d’une même famille ont été calcinées. Toumodi était en ébullition

Lire aussi:   « C’est Blé Goudé qui a dit de féliciter KKB » : Hanny Tchelley en colère répond, « il fallait empêcher l’investiture »

Notre ancienne habitation familiale a subit le même sort.

Dans la ville, la riposte se prépare, une partie du marché Anango (marché de produits de tous les jours excepté les produits vivrier) est aussi en flamme. Des véhicules de transport et des camions utilitaires sont également incendiés. Les populations se prépare à un affrontement inter-ethnique. Heureusement à Toumodi, les autochtones et les allogènes vivent en harmonie. Un beau métissage entre le peuple Baoulé et les allogènes venus des pays limitrophes comme le Burkina Faso, le Mali, le Niger, le Nigeria, le Benin etc. Les enfants sont tiraillés entre les 2 communautés.

Toumodi renait de ses cendres, mais nous assistons à un autre hécatombe.

En effet, après ces évènements douloureux,  l’on constate des morts brusques en cascade. Cela commence à inquiéter les habitants. Face à cette réalité, les divinités tutélaires, l’eau kotondai (rivière de Toumodi, divinité principal du village qui deviendra la ville) et l’assié (la divinité de la terre protectrice) de la ville ont été consultés. Il ressort de ces consultations que ces morts sont les conséquences des actes de vandalismes lors de la crise postélectorale.

Lire aussi:   Règlement des factures du mois de juillet 2016: la CIE prolonge la date limite

À l’heure où j’écris cette note, des délégations viennent discrètement demander pardon aux familles endeuillées, où ont été perpétrés des atrocités, des rapines et destruction de biens. d’autres se cachent pour déposer les objets en or volés. Un individu pris de peur s’est rendu au commissariat de Toumodi pour rendre un couvre-chef en or volé. Les policiers, aussi inquiets n’ont pas voulu toucher cet objet. Quelques heures plus tard cet objet s’est retrouvé dans la cours de la famille sinistrée. Il faut dire qu’en pays baoulé, il est interdit de voler de l’or. 

Face à cette réalité, les cadres originaire de Toumodi ont apporté aide et assistance aux sinistrés. Il s’agit entre autres de Thérèse Houphouët Boigny, épouse du père de la nation, le ministre Allah Remi, la famille Tiakoh, le maire actuel et l’ancien maire.