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Rapport annuel Amnesty international: Kokou Delmas dénonce des violations graves de droits humains en Côte d’Ivoire

Amnesty International a présenté son rapport 2015-2016 sur la situation des droits de l’homme en Afrique de l’Ouest et Central et singulièrement en Côte d’Ivoire. C’est au cours de la cérémonie du lancement du rapport annuel 2015-2016 organisée par ce mouvement de défense des droits de l’homme dans un hôtel de la place, le mercredi 24 février 2016. Intervenant, Kokou Delmas, son directeur exécutif , a relevé de graves violations des droits de l’homme en Côte d’Ivoire. Selon lui, celles-ci se situent sur six (06) points. A savoir, la justice nationale, les arrestations et détentions arbitraires, la liberté de presse, la liberté d’expression et de réunion, la justice internationale, les conditions de détentions et la peine de mort. Pour ce qui concerne la justice, Kokou Delmas a déclaré que «Nous comptons à ce jour 200 partisans de l’ex-président Laurent Gbagbo qui sont toujours en détention entre autres pour génocide, troubles à l’ordre publique depuis la crise post-électorale de 2011.

Parmi ces personnes, 42 jeunes extradés du Libéria, Aussi, en Août 2015, 20 militaires proches d’Alassane Ouattara ont été accusés de crimes en lien avec les violences électorales. Il y a également le procès des pro-Gbagbo pendant lequel certains ont été acquittés mais d’autres condamnés à 20 ans de prison dont Mme Simone Gbagbo et d’autres encore avec sursis.» « La seule voie de recours pour ce procès est de pourvoir en cassation. Ce qui est contraire au droit», a déploré le directeur exécutif. S’agissant de la justice nationale, les arrestations et détentions arbitraires, Kokou Delmas a signifié que le rapport a pris en compte les arrestations de trois personnalités du Front populaire ivoirien (Fpi) à savoir Koua Justin, Danon Djédjé, et Hubert Oulaï. Selon lui, ces trois personnalités du Fpi ont été arrêtées avec chefs d’accusation de rébellion, atteinte à l’ordre publique etc… Aussi, ajoute-t-il « Si Danon Djédjé, lui a été libéré en décembre et a retrouvé sa famille, Koua Justin est toujours détenu sans jugement. Quant à Hubert Oulaï, il est détenu à la prison de Dabou depuis 2012.» Hormis ces cas, il a indiqué qu’il y a eu une cinquantaine d’arrestations en septembre dernier lors des manifestations pacifiques mais non autorisées. Le cas le plus partant, poursuit-il, est le cas « Samba David qui a été arrêté et vu son domicile saccagé après avoir appelé à manifester.»

A l’entendre, Samba David a été détenu au secret pendant deux mois avant de purger sa peine de six (06) mois. Par ailleurs, il s’est prononcé sur la liberté d’expression et de réunion qu’il trouve bafouée car à en croire le directeur exécutif, des réunions du Fpi ou d’autres Organisations non-gouvernementales (Ong) ont été interdites ou perturbées suivies d’au moins 80 arrestations. Le comité des droits de l’homme de l’Onu s’est inquiété de la liberté de la presse en Côte d’Ivoire en mars 2015. Aussi, pour preuve, il a pris en exemple le journaliste Joseph Titi du journal ’’Aujourd’hui’’ arrêté pour outrage au chef de l’Etat. Il a ensuite affirmé que « le journaliste a été libéré après l’appel d’Amnesty International ». Pour ce qui est de la justice internationale, Kokou Delmas a signifié que son mouvement « suit avec beaucoup d’intérêt le procès des deux Ivoiriens à savoir Laurent Gbagbo et Blé Goudé ». A cet effet, il a mentionné les demandes de liberté provisoires de l’ex-président de la République rejetées mais surtout la décision du président de la République lors d’une visite au cours de laquelle il avait dit « qu’il n’enverrait plus d’Ivoirien à la Cour pénale internationale (Cpi) ». Une décision qu’il a considérée comme « un message d’encouragement à l’impunité (…) Les conditions de détention et l’état des prisons ivoiriens sont déplorables. Sur les 33 prisons que compte le pays, 32 sont surpeuplés ». Abordant le point des conditions de détention. Il a invité l’Etat de Côte d’Ivoire à se conformer aux règles internationales qui régissent ce domaine. Si Kokou Delmas a fustigé l’attitude des autorités en ce qui concerne le respect des droits de l’homme en Côte d’Ivoire, il les a, par ailleurs, félicités pour avoir mis fin à la peine de mort comme stipulait la constitution ivoirienne de 2000.

L’Afrique de l’Ouest et du
Central, pas exemptes

Au cours de son intervention, Alioune Tine, Directeur du bureau régional d’Amnesty international pour l’Afrique de l’Ouest et du Centre a fustigé l’attitude de certains Etats et groupe armés. « Face à la violence des groupes et aux mesures restrictives imposées par les autorités dans le cadre de la lutte contre le terrorisme, la sécurité et les libertés de millions de personnes en Afrique de l’Ouest et en Afrique Centrale sont mises en danger durant l’année 2015 », a déclaré Alioune Tine. Une situation qui a engendré les graves violations des droits de l’homme telles que les tortures, morts et viols de centaines de civils perpétrés par le Boko Haram, lors des attaques menées au Cameroun, au Niger, Nigéria et le Tchad. Mais aussi, poursuit-il de la part des Etats à travers la destruction de biens, des arrestations arbitraires et exécutée de manière extrajudiciaire. Aussi, les lois adoptées dans la lutte contre le terrorisme dans ces Etats, les violations des droits à la liberté d’expression, d’association et de réunion pacifique, selon le directeur régional, ont contribué à cette violation des droits humains. Une situation que Mme Nathalie Kouakou épouse Tra, présidente d’Amnesty International Côte d’ Ivoire a qualifié ‘‘d’inacceptable’’. « Nombreuses sont les personnes qui vivent avec leurs droits violés quotidiennement. Nous ne pouvons l’accepter. Nous n’avons pas d’armée pour faire une quelconque guerre mais nous allons continuer de plaider auprès des autorités afin les droits de tout un chacun soient respectés », a-t-elle promis. Et de poursuivre : « C’est pourquoi, nous remercions toutes ces personnes présentes ici aujourd’hui mais aussi celles qui travaillent d’arrache-pied avec nous pour faire respecter les droits de l’homme.»

L’appel à l’action de Amnesty
International

Au cours de son intervention, le Directeur du bureau régional d’Amnesty international pour l’Afrique de l’Ouest et du Centre a, au vu de toutes les « souffrances » endurées par les populations, lancé un appel aux Etats. « Les Etats doivent cesser leurs attaques contre nos droits (droits des populations Ndlr). Les droits humains ne sont pas un accessoire. Ils sont indispensables.» a-t-il précisé. Avant d’ajouter : « 2016 ne sera pas seulement l’année africaine des droits de l’homme. Nous fêterons aussi le 35e anniversaire de l’adoption de la charte africaine, le 30e anniversaire de son entrée en vigueur et le 10e anniversaire de la création de la Cour africaine des droits de l’homme et des peuples. »

NY

Africatime CI

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