Home Société Pr Laurence Adonis-Koffy : Une « Tycoon » s’en est allée

Pr Laurence Adonis-Koffy : Une « Tycoon » s’en est allée

Pr Laurence Adonis-Koffy : Une « Tycoon » s’en est allée
Pr Laurence Adonis-Koffy : Une « Tycoon » s’en est allée

En 2004, Laurence Adonis-Koffy a 37 ans quand elle réussit brillamment l’agrégation de médecine. Pour prendre la chaire de professeur titulaire en 2011.

Elle a fait l’unanimité. Jamais de mémoire de journaliste, l’opinion publique  n’a été aussi unanime sur les qualités professionnelles d’une personne, comme elle l’a été pour le Professeur Laurence Adonis-Koffy. Ce caractère nous a incités à en savoir plus sur elle.

CHU de Yopougon, Service de pédiatrie médicale ! Au sein de l’Unité de néphrologie pédiatrique dudit CHU, le Professeur Laurence Adonis-Koffy nous attend. Ce 28 février 2015, il est 13 heures lorsque son assistance nous ouvre les portes de la salle de conférence du Service de pédiatrie médicale. C’est là, que « la mère » des enfants insuffisants rénaux répondra à toutes nos questions de journaliste.

Le temps de déguster le café à nous offert, elle nous rejoint autour de la grande table de réunion. « Je m’excuse de vous avoir fait attendre », lance-t-elle. Poignée de main franche à chaque membre de notre équipe de reportage, avant de s’installer dans son fauteuil. Attablée face à nous, l’interview peut commencer.

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De la genèse de l’Unité de néphrologie pédiatrique, en passant par son parcours professionnel jusqu’à ses passions et valeurs. Elle répond sans détours à nos questions.  En dehors de la médecine, qu’est-ce qui vous passionne d’autre ?

A cette question de Christian Migan, journaliste et anciennement rédacteur en chef du magazine Tycoon, le Professeur Laurence Adonis-Koffy répond : « J’aime me détendre en famille, passer du temps avec mes enfants et faire du sport. » Sa famille et le sport, ses passions.

Cette réponse anodine est devenue depuis le 23 mai dernier, étrange. Ce jour-là, le Professeur, son époux et leur dernier fils, en plein sport, sont fauchés par la mort. Nous indiquait-elle, quelques années en arrière à travers sa réponse quelque peu étrange, qu’elle préférerait mourir dans un sport avec sa famille ? On n’en dira pas plus.  Elle s’en est allée avec eux.

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L’Unité de néphrologie pédiatrique qu’elle a mis 9 ans à mettre sur pied (elle a eu l’idée de créer cette Unité en 2000. Mais c’est en 2009 qu’elle verra le jour), est dans l’émoi. Autant le dire, elle a plongé tout le monde dans l’affliction la plus totale.

Surtout, les enfants insuffisants rénaux l’Unité de néphrologie pédiatrique et leurs parents. Elle partageait les douleurs et les peines de ces derniers, au quotidien. Elle ira même jusqu’à mettre sur pied, l’Association des parents des enfants malades du rein (APEMAR), pour mieux les comprendre.

En clair, le Professeur Laurence Adonis-Koffy avait fait de l’écoute des parents des enfants malades du rien, un précieux outil de travail. Il m’arrivait, disait-elle, d’écouter la maman d’un patient pendant des heures. Cette médecine de proximité lui permettait de créer une atmosphère familiale entre toutes mamans et les enfants malades. Il était nécessaire pour elle, de replacer l’enfant dans une ambiance familiale pour « casser » la crispation liée aux consultations médicales.

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Pour ce qui concerne sa relation de travail avec ses collaborateurs, tout le personnel médical et paramédical est mis à contribution. Ignacienne (elle était jésuite), Laurence Adonis-Koffy était de ceux qui mettent la main à la pâte pour montrer le chemin.  Son leitmotiv, « le travail et la relation à l’autre font partie des choses divines. Toujours donner le meilleur de soi. »

Elle aura donné le meilleur d’elle-même pour la médecine en Côte d’Ivoire sans relâche, jusqu’au bout, malgré les oppositions. « Il faut toujours faire une relecture positive, même de ce qui est négatif », disait-elle. Elle aurait certainement fait une relecture positive de cet accident tragique, si elle avait eu le choix de rester en vie.

Source: Yeclo

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