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Crash du MI-24 en Côte d’Ivoire : la qualité de la maintenance des engins est-elle engagée ?

Crash du MI-24 en Côte d'Ivoire : la qualité de la maintenance des engins est-elle engagée ?
Crash du MI-24 en Côte d'Ivoire : la qualité de la maintenance des engins est-elle engagée ?

Dans la nuit du 09 au 10 Septembre, un hélicoptère Mil Mi-24 de l’armée ivoirienne s’écrasait près de la frontière avec le Burkina, tuant les cinq membres de l’équipage.

L’appareil était en mission de reconnaissance selon le communiqué de l’Etat major. Le contact avait été perdu avec l’appareil dans la nuit du Jeudi 09. Nous sommes à l’heure des réseaux sociaux, toute la journée du Vendredi 10, des rumeurs les plus folles circulaient sur internet quant à ce qui était advenu de l’appareil. On apprenait dans la soirée que « l’appareil avait été localisé en bon état », information démentie par le communiqué de l’Etat major le lendemain.

Ce crash fait écho à celui intervenu l29 Septembre 2019 à Katiola, au premier jour de la visite du président dans le département. Un hélicoptère du même type ( la CI en a acquis 6 selon le site sputniknews.com ), s’était écrasé sur un autre à l’atterrissage, sur le petit aérodrome de la ville. Les deux appareils ont été détruits dans le crash qui fort heureusement n’a pas fait de victimes. Officiellement la poussière aurait obstrué la vue du pilote. Pourtant l’appareil ne s’était pas posé sur l’autre, mais a plutôt chuté sur une dizaine de mètres, ce qui sous-entend une perte de contrôle. Un ennui technique était plutôt la cause probable.

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Le crash dernier est incontestablement le résultat d’une défaillance technique. Alors question, l’appareil avait-il subi toute la maintenance et l’entretien requis avant ce vol au long cours ? Il faut savoir que ces engins sont basés à Abidjan et interviennent au Nord du pays. La Côte d’Ivoire comme la plupart des pays d’Afrique sub saharienne, achète du matériel d’occasion. Nos budgets ne nous permettent pas d’acquérir des engins neufs. Cela nous amène à nous interroger sur leur maintenance. Plus un équipement est ancien, plus sa maintenance est lourde. Or en Afrique, nous n’avons pas la culture de l’entretien, pas seulement pour les équipements roulants ou industriels, mais également pour les infrastructures. Une fois construites, nos infrastructures attendent 15 ou 20 ans voir plus, avant qu’une rénovation générale ne soit décidée par « la force des choses ». Cet état de faits peut avoir des conséquences fâcheuses en aviation.

Lorsqu’on conduit une voiture, on peut la garer sur le trottoir si elle a un ennui technique, et appeler le mécanicien. Pour un engin volant, le défaut de maintenance ne pardonne pas, tout ennui technique est potentiellement fatal. D’autre part, nous achetons du matériel russe. Or ces derniers sont en retard sur les nations occidentales en matière de technologie. Leurs engins sont très rustiques, même si on peut leur trouver une certaine efficacité. A l’instar des Africains, les Russes n’ont pas aussi la culture de l’entretien. Et cela se ressent dans ce qu’ils vendent. C’est dire que nous devons faire attention quand nous leur achetons du matériel. Nous devons être pointilleux sur la maintenance.

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Le 07 Septembre dernier, des militaires à la retraite ont manifesté bruyamment devant les locaux de l’agence IPS-CGRAE à Attoban, affirmant que cet organisme ne leur a pas reversé « l’intégralité de ce qui doit leur être payé ». Le 18 Décembre 2018, une première manifestation avait eu lieu à l’état major, elle avait coûté son poste au Cema Touré Sékou, remplacé une dizaine de jour plus tard. C’est dire qu’au sein de l’armée, l’argent ne va peut être pas toujours là où ’’ il censé partir ’’. Les fonds sont-ils audités ? Les budgets destinés à l’entretien et la maintenance de nos équipements militaires sont-ils effectivement utilisés à cet effet ? Qui certifie tout cela ?

Beaucoup d’audits sont menés aujourd’hui dans les structures publiques et para-publiques. Chaque jour des malversations sont évoquées ici et là. Curieusement, aucun scandale n’a jusque là éclaboussé l’armée. Nos militaires sont-ils irréprochables en matière de gestion budgétaire ? Avec des dépenses militaires s’établissant à 607 millions de dollar en 2020 (https://www.agenceecofin.com/multimedia/1705-88280-depenses-militaires-africaines-en-2020-le-classement-infographie), environ 325 milliards de FCFA (au taux de 535 FCFA pour 1 dollar en vigueur en 2020 ), la Côte d’Ivoire a le premier budget militaire d’Afrique francophone, et le 12ème du continent. Comment sont menés les audits sur l’utilisation de ces fonds ? Cet accident doit permettre d’y voir un peu plus clair.

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Sur le plan technique et opérationnel, on peut aussi se poser des questions. L’appareil était en mission de reconnaissance. Aujourd’hui ces missions sont de plus en plus confiées aux drônes. Le Mil Mi-24 est un appareil trop lourd et complexe pour juste une mission de reconnaissance. Il ne doit intervenir que lorsqu’il s’agit de traiter la menace au sol, en appui aux troupes, pas pour tourner dans les airs dans le but de surveiller un périmètre. Il faut songer à utiliser des drônes. La Turquie, l’Iran , le Brésil , la Malaisie etc…..en fabriquent de moins chères, capables de participer aux combats, qu’on peut aussi reconfigurer pour des missions de surveillance. Les drônes iraniens sont utilisés en ce moment par l’Ethiopie dans la guerre contre les rebelles du Tigrée, avec des résultats notables.

Source: connection

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