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Côte d’Ivoire : Des étudiants ivoiriens sans dortoirs trouvent refuge dans des toilettes

Côte d’Ivoire : Des étudiants ivoiriens sans dortoirs trouvent refuge dans des toilettes
Côte d’Ivoire : Des étudiants ivoiriens sans dortoirs trouvent refuge dans des toilettes

Qui aurait cru ? Personne ! Les images inhumaines qui circulent sur la toile depuis quelques jours des étudiants ivoiriens sans dortoirs trouvant refuges dans des toilettes sont belles et bien la réalité que vie plusieurs étudiants sous le régime d’Alassane Ouattara en Côte d’Ivoire. Cette information a été confirmée le lundi, 11 mai 2020 par Saint Clair Allah allias Makelélé, Secrétaire général (SG) de la Fédération estudiantine et scolaire de Côte d’Ivoire (Fesci) qu’Afriksoir a joint par téléphone pour en savoir plus.

Autrefois, l’on croyait que c’était seulement la période des compositions qui incitait des étudiants à dormir dans des amphithéâtres et autres. En réalité, avec la situation du Coronavirus (Covid-19), il semble que ceux-ci n’ont pas de dortoir en Abidjan. Selon Saint Clair Allah, en confirmant la véracité des images en circulation sur les réseaux sociaux a touché le problème du doigt.

« Cet espace de toilette transformé en lieu de résidence est malheureusement, une réalité que vit des étudiants à l’Université Nangui Abrogoua (ex Abobo-Adjamé, Abidjan) », a fait savoir le patron de la Fesci. Pour lui, la situation sanitaire est venue révéler les conditions de vie des étudiants.

« Les étudiants ne savent pas où aller en cette période cruciale. Pour environ 12 mille étudiants à Abidjan, seulement 6000 lits sont disponibles. Depuis la crise post-électorale sur 11 cités à Abidjan, 5 sont ouvertes et 8 restent encore fermées à ce jour. Ce sont les cités d’Abobo 1 et 2, de Williamsville, de Port-Bouët 1, 2 et 3. Mais également, la cité des mariés de Port-Bouët et de celle de Vridi-cité qui restent fermées car elles sont non-réhabilitées. C’est dommage, 8 ans après l’ouverture des universités », a déploré Saint Clair Allah.

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Des étudiants ivoiriens dans des toilettes comme dortoirs

Mais diantre, pourquoi infliger ce calvaire aux enfants des autres pendant que les vôtres fréquentent dans les meilleures universités du monde ? Le mercredi 9 janvier 2020, Abdallah Albert Toikeusse Mabri, ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique annonçait l’obtention du Master Écossais de sa fille à travers sa page officielle Facebook. C’était un homme heureux et fier qui a présenté sa fille Neïla comme diplômée d’un Master en Écosse.

ui a présenté sa fille Neïla comme diplômée d’un Master en Écosse.

« Où est passé l’argent des 8 autres cités non-réhabilitées jusqu’à ce jour dont parle le SG de la Fesci ? »

« Je rends gloire à Dieu de m’avoir donné la joie d’assister à la cérémonie de Graduation de ma fille à l’université Durham en Écosse, pour le Master en Droit et Gouvernance Mondiale. Félicitations Neïla », a publié le ministre. Pourtant, pendant ce temps, les universités de Côte d’Ivoire se portent clairement mal. Peu avant, la joie de Mabri à célébrer la réussite de sa fille. Il avait procédé au lancement officiel, le 28 novembre 2019 à l’Université Félix Houphouët-Boigny, aux maisons préfabriquées pour les étudiants.

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« Pour faire face à l’insuffisance de logements, l’Etat propose des maisons préfabriquées pour les étudiants. Ce que cette nouvelle formule propose, c’est un nouveau type de logement où l’étudiant a droit à certaines commodités dont un matelas, un placard, une table d’étude, des toilettes, de l’énergie solaire. Mieux, l’étudiant vient seulement avec sa valise », avait fait miroiter le ministre. Avant de montrer son impuissance face aux problèmes liés aux logements des étudiants.

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« Il n’y a que seulement 4% des étudiants ivoiriens qui vivent en résidences universitaires. Je sais la souffrance de l’école ivoirienne. Je sais le recul que nous avons sur les autres œuvres universitaires. Si c’est de mes mains que je pouvais transformer la situation, je l’aurais fait immédiatement. Mais un ministre, c’est aussi pour gérer les problèmes. Un ministre, c’est fait pour assumer les problèmes », a-t-il affirmé. En ces termes, le ministre Mabri venait de montrer ses limites. A qui doit-on s’en prendre ?

Où est passé l’argent de la réhabilitation des cités ?

Quand l’on sait qu’à la réouverture des universités de Côte d’Ivoire, selon les chiffres officiels livré, par Cissé Bacongo, le ministre l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique d’alors 110 milliards avaient été mobilisés pour la rénovation des universités y compris les cités universitaires. Où est passé l’argent des 8 autres cités non-réhabilitées jusqu’à ce jour dont parle le SG de la Fesci ? Notons que le Président de la République, Alassane Ouattara a inauguré le lundi 3 septembre 2012 la rentrée universitaire à Abidjan. Deux ans après la fermeture des universités et des travaux de réhabilitation d’un coût colossal de 110 milliards, qui en font le premier grand chantier de son mandat.

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« Les universités étaient devenues un lieu de violence et de corruption […]. La décision de les fermer a été l’une des plus difficiles à prendre, mais elle était nécessaire », a expliqué Alassane Ouattara sur le site de l’université de Cocody, rebaptisée Félix Houphouët-Boigny, père de la nation ivoirienne. « L’investissement dans l’université est l’investissement qui a le plus haut rendement en termes de développement », a-t-il souligné le Président. Apparemment, 8 ans après les choses semblent ne pas avancer d’un iota.

Le Président de la République, Alassane Ouattara quittera bientôt l’exécutif sans avoir réalisé son rêve qui était d’investir dans les universités pour obtenir une ressource humaine de qualité. Finalement, les 110 milliards ont servi à quoi ? Aujourd’hui, le constat est amer, les problèmes pour lesquels les universités avaient été fermées demeures. Mieux, les choses se sont empirées. Deux ans de fermeture « gbanzan ».

Charles Yokoli

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