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Cote d’Ivoire : Affrontements à Guézon, Petit-Guiglo, voici les raisons profondes de ces conflits

Cote d’Ivoire : Affrontements à Guézon, Petit-Guiglo, voici les raisons profondes de ces conflits
Cote d’Ivoire : Affrontements à Guézon, Petit-Guiglo, voici les raisons profondes de ces conflits

Dans la nuit du 28 au 29 décembre 2020 à Guézon (ouest du pays) une altercation entre deux individus s’est transformée en conflit inter-ethnique entre dozos, une confrérie de chasseurs traditionnels et les autochtones. Le bilan est lourd 8 morts. 

Dans la journée du 04 Janvier 2021 le règlement d’une affaire à Petit-Guiglo (Bloléquin ouest du pays) dans laquelle est impliquée un jeune malinké vire à la bagarre. Un jeune malinké a été surpris dans la nuit du 01 au 02 Janvier 2021 en train de creuser un trou au milieu de la route tard dans la nuit. 

Considérant que cet acte peut entraîner des effets maléfiques pour le village, le jeune est sonné par les vieux Guéré de donner six moutons pour épurer le mauvais sort. Le jeune malinké s’exécute. 

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Le 4 Janvier 2021 le jour de la cérémonie un autre malinké armé d’une machette blesse l’un des jeunes Guéré en charge de l’exécution du sacrifice expiatoire. Il s’en suit une bagarre rangée qui se solde par plusieurs blessés. 

Interrogé, le mardi 5 Janvier 2021, sur ce qui peut expliquer ces violences, Séverin Kouamé sociologue a indiqué que cette montée de la violence s’explique par le fait que » ‘les populations ne se font pas confiance et n’ ont pas confiances aux instruments que l’Etat a déployé localement pour assurer leur sécurité ». 

Des forces de l’ordre venus sécuriser le village( images d’archives)

»Les gens ont le sentiment que l’Etat n’a pas déployé autant de policiers qu’il faut pour les sécuriser », a fait remarquer le sociologue qui intervenait sur la radio de la Paix le 4 Janvier 2021. 

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L’invité de la rédaction (7 h), qui est également enseignant-chercheur à l’université Alassane Ouattara de Bouaké n’a pas condamné la présence des dozos dans les opérations de sécurité. Il a plutôt soutenu que les dozos, ça ne date pas d’aujourd’hui. » Il y a longtemps, sous le ministre Constant Bombet on en parlait déjà », a–t-il argumenté. 

Avant de faire remarquer qu’à l’ouest, ou à Béoumi ou partout ailleurs, les populations qui se sentent lésées dans leurs droits au lieu de faire appel à la police, préfèrent se rendre justice parce qu’elles n’ont pas confiance à l’arbitrage de cet instrument. 

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Et par manque de cet instrument d’arbitrage, les petites altercations prennent malheureusement de plus en plus des colorations communautaires, a- t- il déploré. 

Pour lui à ce niveau, il faut reconnaître qu’il y a des lacunes et » il faut travailler à construire une propre alternative ». Selon Séverin Kouamé, il faut bâtir un système de sécurité communautaire, de proximité. » II faut réinventer l’offre public de sécurité. Construire des postes de sécurité avec les populations elles-mêmes. 

Signalons que ces conflits communautaires sont aussi souvent dus à des problèmes fonciers. Ils sont généralement  l’expression d’une cohabitation hypocrite entre différents peuples vivants ensemble.