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Côte d’Ivoire : À Béoumi, face à un dilemme entre le maire exigeant la fin des arrestations et le préfet qui souhaite que justice soie faite, Toungara précise

Toungara vendredi à Béoumi (ph KOACI)
– Vendredi 14 Juin 2019 – Comme annoncé dans un précédent article, le grand médiateur de la République, Adama Toungara, pour la consolidation de la paix entre les différents acteurs de la crise qu’a connu Béoumi le 15 Mai dernier, s’y est rendu ce Vendredi 14 Juin comme constaté sur place par .

Sous les bâches dressées pour l’occasion dans la cour de la résidence du préfet Djedj Mel, les communautés Malinké, Baoulé et différentes autorités de la région de Gbêkê étaient installées. Au cours de son intervention, Jean Marc Kouassi, maire de la commune de Béoumi a salué la présence du médiateur dans sa commune, tout en exigeant, sous forme de doléances, la mise en liberté de toutes les personnes incarcérés suite à ce conflit.

Côte d'Ivoire : À Béoumi, face à un dilemme entre le maire exigeant la fin des arrestations et le préfet qui souhaite que justice soie faite, Toungara précise

« De façon régulière, des arrestations sont perpétrées sur nos populations. Le chef de village de Belakro a même été arrêté, ce qui laisse planer l’angoisse et l’inquiétude dans nos villages (…) Je ne me lasserai de le dire sans être contre la justice. Nous estimons que cela pourrait freiner l’élan de paix dans lequel s’inscrit nos parents de toutes communautés confondues.

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Plutôt que de procéder à de nombreuses arrestations des populations qui vivaient progressivement mains dans la main, il faut maintenir le dispositif de veille afin de prévenir de nouvelles crispations et des antagonistes plus violents. Sur le sujet, je sais pouvoir compter sur la disponibilité du gouvernement pour nous accompagner dans cette quête…» déclare le maire sous un tonnerre d’applaudissements d’une communauté présente.

Pour sa part, après être revenu sur les circonstances du conflit, Djedj Mel, préfet de la localité de Béoumi à établi le triste bilan du conflit, avec 14 morts et 120 blessés. Poursuivant, le gouverneur a expliqué qu’à cette date, 22 arrestations et 5 gardes à vue ont été enregistrées.

« On ne peut pas se permettre aujourd’hui de libérer ou d’arrêter les poursuites. Les poursuites vont aller jusqu’au bout, selon l’ordre donné par le président de la République. La justice doit faire son travail et elle fera son travail.» réplique Djedj Mel, préfet de Béoumi sous l’applaudimètre de l’autre communauté.

Prenant parti pour le maire suite à sa requête, Jacques Mangoua, président du conseil régional de Gbêkê a lui, souhaité la mise en liberté provisoire de tous les détenus liés à ce conflit. « Je sollicite auprès de vous, que ceux qui sont en détention préventive, bénéficient d’une liberté provisoire (…) Je vous supplie de transmettre au président de la république, que ceux qui sont en détention préventive, bénéficient d’une liberté provisoire car les gens ont ça dans leur cœur…» ajoute Jacques Mangoua.

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Confronté à des demandes de part et d’autre, lui qui est venu consolider la paix entre les différentes parties, le grand médiateur de la République, Adama Toungara, fait savoir que « nous travaillons avec eux dans la discrétion mais le médiateur que je suis, ne peut pas interférer dans un acte de justice. L’ampleur des dégâts et des tueries, ne peut pas être justifiée par une simple altercation entre un conducteur de moto taxi et chauffeur de transport en commun à Béoumi.

C’est incompréhensible. Beaucoup parmi vous regrettent ces affrontements. Vous n’avez pas d’autres choix que de faire la paix. Que cette paix ne soit pas une paix précaire. Il ne faudrait pas qu’on se retrouve dans une situation comme c’est le cas aujourd’hui dans certains pays Africain environnant, ou on parle de tueries en tueries et après, il ne faudrait pas que ça soit une vendetta que va continuer nos enfants (…) Il faut que ce qui s’est passé soit circonscrit à Béoumi.

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Je vais avec mes collaborateurs, travailler au retour de la paix. Une société ne peut vivre sans conflit mais quand le conflit survient, il faut toujours privilégier le dialogue et la concertation pour résoudre ce problème, sinon vous aurez qu’à régler les conséquences des affrontements comme c’est le cas aujourd’hui (…) Afin que cela ne se reproduise plus jamais, j’exhorte nos chefs coutumiers et guides religieux à être des messagers de paix et de cohésion sociale partout entre les communautés (…) Que les jeunes soient des fers de lance pour la paix et non de la violence…»

Enfin, il a été annoncé que l’inhumation de 4 corps d’une communauté, sera effectuée demain Samedi à Béoumi.

 
 

T.K.Emile

Source : Koaci

Cet article a été relayé par un programme informatique depuis le site

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