Home Société Bounkani face à la menace terroriste: « Nous sommes en train de perdre...

Bounkani face à la menace terroriste: « Nous sommes en train de perdre la région »

Bounkani face à la menace terroriste:
Bounkani face à la menace terroriste: "Nous sommes en train de perdre la région"

Deux nuits à Ferkessedougou, une nuit à Korhogo, passage par Sinematali, escale à Katiola et à Bouaké. Situation plutôt calme. Les populations vaquent à leurs occupations. Les autorités politiques et administratives plutôt sereines.

La seule fois que les agents des forces de sécurité étaient en gilets par balles denses, c’est quand il a fallu prendre la route de Kafolo. Sur la route menant au carrefour de Kong, à petit Nassian, je n’ai pas trouvé les populations terrées et les animaux domestiques paniqués. Au contraire, ces derniers sont propriétaires de la voie de la route bitumée…

La menace terroriste au Nord est présente et claire. Tout le monde en parle mais surtout pour indiquer qu’elle est pesante et pressante dans la zone du Parc de la Comoé. Sur la corde frontalière avec les pays voisins. La ligne rouge part de Kafolo à Tehini.

Les forces de défense et de sécurité traite la gangrène dans ces zones-là. Si elles ont autorisé la visite à Kafolo, elle ont par contre été réticentes pour la partie du Bounkani. Et même pour Kafolo, les mesures de sécurité étaient draconniennes. La piste totalement jalonnée.

Lire aussi:   Côte d'Ivoire: Samba David n'a pas été enlevé

Les autorités du Bounkani sont inquiètes: « nous sommes entrain de perdre la région », disent certaines sous anonymat. « La situation sécuritaire n’est pas reluisante », dit diplomatiquement le président du Conseil général. Cette phrase, à elle seule, vaut interpellation aux forces de défense et sécurité à redoubler d’ardeur et de détermination pour rassurer davantage les populations. Aux autorités pour dégager plus de moyens.

Le combat pour la sécurité est collectif. Les populations elles-mêmes doivent totalement s’impliquer, collaborer efficacement et discrètement avec les autorités. Dénoncer toutes les personnes suspectes dans leurs villages et leurs environnements. Se garder cependant de donner dans la délation.

À Kafolo, les populations l’ont noté: la cohabitation avec les forces de défense et de sécurité est bonne. « Elles nous protègent. Elles nous rassurent. Elles ne font pas peur. ». C’est bon signe. Seulement voilà: l’Etat doit s’engager à prendre à bras le corps la question du chômage des jeunes, la pauvreté des populations. En raison de la présence des inconnus armés dans certaines parties du Parc, les cultivateurs, pêcheurs et éleveurs ne mènent plus leurs activités.

Lire aussi:   Centrafrique: plus de 37 morts dans une attaque terroriste

La famine les guette. La pauvreté s’accentue. Plus facile dans ces conditions, de devenir des proies pour les vendeurs d’illusions. Surtout que dans leurs démarches, les groupes terroristes ne s’attaquent pas aux populations civiles, au contraire, cherchent leur sympathie en compensant l’absence de l’Etat. En menant des actions sociales d’envergure.

La ministre de la Solidarité et de la Lutte contre la pauvreté est courageuse et déterminée. Elle a ouvert la voie. « Nous lui avons demandé, en raison de la situation sécuritaire de ne pas venir à Kafolo. Elle nous a dit que ce sont des Ivoiriens qui y vivent. Elle est venue. ». Ses collègues devraient suivre ses pas. Notamment les ministres chargés de la Jeunesse, de l’Agriculture, des femmes et des enfants… Les discours à Abidjan, c’est bien bien… Prêcher au cœur de la réel, sur le terrain, c’est encore mieux!

Lire aussi:   Burkina Faso - Côte d'Ivoire : 15 burkinabè tués et sept blessés dans un accident à Kouara

J’étais au Nord quand j’ai appris la décision de Justice dans le procès des proches de « l’enfant égaré » de ton Camarade. Je suis heureux pour tous ceux qui ont recouvré la liberté. Je vais retrouver mon twitto convulsif. Je vais laver ses pieds. C’est ma culture. Dieu ne descend pas pour parler aux hommes. La vie elle-même parle pour le créateur.

Je suis malheureux pour ceux qui ont été condamnés. Je milite depuis plusieurs années pour la libération des prisonniers politiques ou des crises politiques. Nous devons continuer de parler aux uns et autres, pour calmer le jeu, baisser la tension…

Fernand Dédeh

Afriksoir

LEAVE A REPLY

Please enter your comment!
Please enter your name here