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APWE, FLGO, Miloco, UPRGO, etc. : Voici les milices patriotiques du camp Gbagbo, durant la rébellion

APWE, FLGO, Miloco, UPRGO, etc. : Voici les milices patriotiques du camp Gbagbo, durant la rébellion
APWE, FLGO, Miloco, UPRGO, etc. : Voici les milices patriotiques du camp Gbagbo, durant la rébellion

L’Ouest de la Côte d’Ivoire a-t-il été le théâtre d’autres exactions criminelles attribuées aux milices patriotiques, avant les massacres de Duékoué perpétrées, selon l’accusation par la milice burkinabè d’Amadé Ourémi, dont le procès est presqu’ à son terme au tribunal du Plateau ? Après le pavé dans la marre lancé par André Silver Konan, Afriksoir.net a tenté d’apporter des réponses, à travers cette série de rapports.

Notons que le journaliste est formel : les massacres de Duékoué n’ont ni leur égal, ni leur justification, cependant, les faits étant les faits, il ne saurait nier le fait que les milices patriotiques elles aussi, ont été citées dans de graves exactions. « Les faits ne choisissent pas leurs camps », maintient-il. Ci-dessous, une partie du rapport de l’Onuci sur les principales milices patriotiques nées, précisons-le, après l’éclatement de la rébellion de septembre 2002. (Acte 1).

A l’origine, un seul groupe était reconnu par l’Etat et était constitué par des personnes ayant défendu la région contre l’avancée de la rébellion en 2002-2003. Des dissensions internes sont survenues en leur sein en 2008 lorsque M. Kadet Bertin, conseiller spécial du chef de l’Etat, a versé près de 200 millions (425,530 USD) aux miliciens à Guiglo, en prélude à la destruction symbolique des armes dans le cadre du processus de désarmement.

Aujourd’hui, le nombre de miliciens/mercenaires dans la zone est estimé à environ 15,000 éléments regroupés dans au-moins une vingtaine de groupes, à savoir :

Le Front de Libération du Grand Ouest (FLGO), dirigé par Maho Glofiéi ;

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L’Alliance patriotique du Peuple Wè (APWE), dirigée par Gougnan Monpouho Julien alias Colombo ;

Le Mouvement ivoirien de Libération de l’Ouest de la Côte d’Ivoire (MILOCI), dirigé par Ziké Sylvain alias Pasteur Gammi ;

L’Union patriotique de Résistance du Grand Ouest (UPRGO), dirigé par Yayi Octave et dont la sous-section de Duekoué est dirigée par Gabriel Banao,

FORCE WE, dirigée par Tehe Laurent ;

La Force spéciale Anti-terroriste (FSAT), dirigée par Guei Hugues ;

L’Union pour la Défense des Wè (UDWE), dirigée par Gbaou Adonis ;

Le Mouvement armé indépendant du Moyen Cavally (MAIMCA), dirigé par Tekoua Sonzai Lucien,

La Coalition pour la Libération du Grand Ouest, Section de Toulepleu, dirigé par le général Gbopehi Marcel ;

Le Cossforlo, dirigé par un certain Pasteur Tia Robert ;

Seanhe Gban, dirigée par Kouitechle Paul, AU, RKZO, FOSWE, FRCAZO, MPIGO, AROME, etc.

A Duekoué, les miliciens sont majoritairement Guérés et placés sous le commandement du général Gabriel Banao Oula Lepohi Beangohou dit « Zo Klaha des Koui é Glae », âgé de 75 ans (Annexe V),  porte-parole des génies, symbole du département de Duekoué, chef de village d’Yrozon, chef d’Etat-major des Forces d’Autodéfense de Duekoué et Bangolo (FADB), assisté de Ouehan Mompeho Julien alias « Colombo » (Annexe VI), chef de l’APWè.

Banao qui se faisait passer pour le « génie des génies » et qui était considéré comme un invulnérable par ses partisans, est connu pour avoir procédé à des sacrifices humains en égorgeant ses victimes dont la plupart étaient presque exclusivement des Burkinabès (Annexe VII).

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Ces groupes de miliciens étaient principalement soutenus par Bah Roland, Président local du COJEP, Yoro Mathurin, Guei Nicolas alias « Tout va finir », Poyi Marcel, Gbotou, Ata, Zirion Dassihé Daniel, Mouhi Zehe, Taho Gérard, Kpahi Julien alias « Emma », Glaou Alain dit « Kpouagnan », Oulaï Bertin, Zion Benanger alias « Tyson », Vao Aubin Judas, Yao Gue Jean-Marie, Roule Boniface, Sio Aimé alias « chef de gare ».  La plupart d’entre eux se sont réfugiés à la Mission catholique de Duekoué abritant des PDI et où leur présence pose un réel problème de sécurité.

Plusieurs victimes et témoins ont pu fournir l’identité ou le pseudonyme de certains autres dirigeants de milices. A Blolequin, un certain Blé alias « killer » (tueur) qui travaille au centre-ville a, selon des témoins, confisqué tous les téléphones portables des Malinkés au prétexte que ces derniers les utilisaient pour transmettre des informations aux FAFN.

Ils accusaient les jeunes Malinkés de détenir des armes dans des mosquées, fouillaient impunément leurs maisons en tirant de façon indiscriminée. Un certain Tako de teint clair, qui avait participé à la guerre du Libéria dirigerait un groupe dont les membres sont : Attery, Salou Sylvain, Koho Pierre, Bébo, Barbe noire, Bebacou, Ben Laden et Tamata.

A Sahibly, un certain commandant Saint Adjaro et commandant Nouli Gohi (Grié I) sont accusés d’avoir semé la terreur parmi la population à plusieurs occasions. A Guiglo, des témoins citent Tahou Marius, Bouche d’Or, Alexandre, Néné qui opère à la gare CTD au quartier Gamma, Borioul et Doxan Jean Pierre alias John Peter.

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A Troya II (25 km de Guiglo), c’est un certain Kadi Martin, Gnao Constant, Douho Richard, Guei Tezio. A Guiglo, les principaux meneurs sont : Adama Keita, malinké d’origine guinéenne qui envoyaient les recrues chez Maho Glofiéi, chef du FLGO; Octave Yahi, 3ème vice-président du Conseil général de Guiglo, Cyprien Maho, petit-frère de Maho Glofiéi, Tom Doubaté, les Jumeaux et Kpa Zaï qui écumait le quartier Nicla.

Un animateur de la radio de Guiglo ferait également partie des miliciens. A Toulepleu, la Coaliton (I) pour la Libération du Grand Ouest -Section Toulepleu est dirigée par un chef d’Etat Major, le Général Gbopehi Marcel avec deux commandants des opérations : Dezao Franck Cedrick et Zean Gnonnio Edox ; deux conseillers Kanhie Gaston et Kah Paha Thomas, un secrétariat assuré par Koho Sébastien et Flan Olivier.

Tous ces miliciens ont semble-t-il quitté la zone depuis l’arrivée des FRCI. Certains sont réfugiés dans les campements en forêt et d’autres se trouvent au Libéria. Maho Glofiéi aurait été vue en avril à Yopougon à Abidjan, où de nombreuses exactions ont été commises.

Source : rapport de l’Onuci sur les massacres de Duékoué et les exactions à l’Ouest, lors de la crise postélectorale