Home Société Affaire du viol présumé: ce qu’un ex-magistrat en dit

Affaire du viol présumé: ce qu’un ex-magistrat en dit

Affaire du viol présumé: ce qu'un ex-magistrat en dit
Affaire du viol présumé: ce qu'un ex-magistrat en dit

Il faut arrêter cette campagne nauséabonde à laquelle un certain journal en ligne participe, visant à faire interpréter la volonté de l’artiste camerounaise et de son concubin de transiger avec son présumé bourreau comme du chantage, sans prendre la peine de s’interroger sur la réalité des faits dont elle accuse le Ministre.

Il faut savoir que les faits de viols même portés devant un tribunal finissent toujours pour la victime appelée partie civile par cette question : quelle somme voulez-vous à titre de dommages-intérêts ? Suite au montant qu’elle aura réclamé, le juge si les faits sont établis lui allouera en fonction de son évaluation du préjudice moral et physique, un montant déterminé à titre de dédommagement.

Quand on a affaire à un Ministre de la République, dans un pays où l’indépendance de la Justice est plus que contestable, comment ne pas être tenté de régler l’affaire à l’amiable, surtout quand on constate que c’est le Directeur général de la police qui s’investit à la demande de hautes autorités dans une tentative répugnante de faire abandonner sa plainte par la victime. Qu’on nous explique par quelle opération du saint esprit la seule dénonciation de ces faits n’a encore aucune conséquence en terme de démission du Ministre où sa révocation, à tout le moins sa suspension du Gouvernement.

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Comment peut-on reprocher à une femme victime d’un viol d’essayer de régler cette affaire par une transaction pour ne pas en ressortir sans aucun dédommagement quand rien ne garantit le déclenchement d’une procédure judiciaire alors que son honneur, sa dignité et sa réputation sont susceptibles d’être entachés par la révélation des faits sur la place publique. La réaction de ses soit-disant moralisateurs à deux balles qui essaient de la salir en l’accusant de tentative de chantage ou de commercialisation de sa dignité, sans chercher à vérifier la véracité des faits qu’elle impute au Ministre, lui donne entièrement raison d’avoir privilégié la voie de la transaction.

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Enfin que les incultes qui ne connaissent pas l’état du droit sur la possibilité d’introduire une plainte contre un Ministre de la République sachent qu’en ne procédant pas à l’installation de la Haute Cour de Justice, le Président Alassane Dramane Ouattara et le Parlement, prive tout citoyen ivoirien victime d’une infraction commis par un Ministre du droit d’obtenir justice et réparation pour les faits qu’il a subi. En effet l’article 158 de la Constitution dispose que « la Haute Cour de Justice est compétente pour juger le vice-Président de la République et les membres du Gouvernement, en raison des faits qualifiés crimes ou délits commis dans l’exercice de leurs fonctions. »

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Il s’ensuit que cette omission volontaire d’installer cette juridiction prive l’artiste camerounaise de la possibilité dans l’état actuel des choses du droit de porter plainte contre le Ministre KKB. Seule la révocation de ce dernier ou sa démission peuvent faire changer les autres. Il faut retenir quelques soient les crimes commis par les membres du Gouvernement, y les assassinats, meurtres et empoisonnement y compris, l’impunité leur est garanti.

Grah Ange Olivier

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