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Voici les détails du rapport du PASEC sur l’école ivoirienne que Kandia Camara ne veut pas voir

Voici les détails du rapport du PASEC sur l’école ivoirienne que Kandia Camara ne veut pas voir
Voici les détails du rapport du PASEC sur l’école ivoirienne que Kandia Camara ne veut pas voir

C’est un rapport dont on parle beaucoup, mais peu l’ont déjà parcouru. Fin janvier 2021, le Programme d’analyse des systèmes éducatifs de la CONFEMEN (PASEC) a rendu public un rapport de 444 pages, relatif à la « Qualité des systèmes éducatifs en Afrique subsaharienne francophone : Performances et environnement de l’enseignement-apprentissage au primaire ».

Certains médias ont juste pris une partie dudit rapport, en affirmant que la Côte d’Ivoire occupait l’avant-dernière place du classement en Afrique. Cela n’est pas tout à fait juste (il n’y a pas eu de classement en tant que tel), mais pas tout à fait faux, en matière de régression des systèmes éducatifs où la Côte d’Ivoire et le Burundi sont les seuls pays épinglés. Ivoir’Hebdo a parcouru pour vous, en détails, ce rapport signé par signé par le Prof Abdel Rahamane Baba-Moussa, secrétaire général de la Conférence des ministres de l’Education des Etats et gouvernements de la Francophonie (CONFEMEN) et vous propose de larges extraits.

14 pays évalués

L’évaluation PASEC 2019 (le premier rapport remonte à 2014) publié en 2021, couvre 14 pays d’Afrique subsaharienne membres de la CONFEMEN : Bénin, Burkina Faso, Burundi, Cameroun, Congo, Côte d’Ivoire, Gabon, Guinée, Madagascar, Niger, République Démocratique du Congo, Sénégal, Tchad et Togo.

Insuffisance de compétence en langue

Dix pays sur les 14 présentent une distribution dans laquelle une part importante de leurs élèves n’atteint pas le seuil suffisant de compétence en langue. Parmi ces pays, le Sénégal (52,4%), le Niger (55,7%) et la RDC (58,4%) comptent une faible majorité sous le seuil suffisant de compétences. Cependant, l’on observe que de plus importantes proportions d’élèves guinéens (76,7%), togolais (75,6%), ivoiriens (66,9%), tchadiens (66 %), burkinabé (65,8%), béninois (62,4%) et camerounais (60,6 %), ne disposent pas des compétences leur permettant de poursuivre sans difficultés leurs apprentissages.

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82,8% des élèves ivoiriens au Primaire ne sont pas en mesure de lire aisément plus de vingt lettres en une minute

Lecture :

Près de 72% des élèves de début de scolarité primaire sur l’ensemble des pays de l’enquête PASEC 2019 ne sont pas en mesure de lire aisément plus de vingt lettres en une minute. Cette tendance est encore plus prononcée dans la moitié des pays de l’évaluation où plus de 75% des élèves sont concernés : RDC (92,4%) ; Tchad (89,2%) ; Côte d’Ivoire (82,8%) ; Congo (81,1%) ; Togo (79%) ; Guinée (78%) et Bénin (75,7%). Des recherches montrent que la non maîtrise d’au moins 80% de l’alphabet constitue un obstacle majeur à l’acquisition des compétences de lecture.

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Toutefois, les performances des élèves sont nettement meilleures dans des pays comme le Burundi (60,6 %), le Burkina Faso (42,2%) et le Sénégal (42,8%) où d’importantes proportions d’élèves lisent aisément plus de vingt lettres par minute. Ces élèves ont atteint un niveau de fluence dans la lecture des lettres leur permettant de concentrer leur attention sur des activités plus complexes de décodage et sur le sens de ce qu’ils lisent.

Parmi les pays à performance élevée en langue, les scores des élèves au Burundi (625 points), au Congo (582,4 points) et en Madagascar (568,8 points) sont plus centrés autour de la moyenne nationale en début de scolarité (avec respectivement des écarts-types de 94,7, 103,8 et 98,8 points) que des pays comme le Gabon (610,3 points) et le Sénégal (557,1 points) qui, malgré leur performance moyenne élevée en langue en début de scolarité, sont comptés parmi les pays où l’hétérogénéité des scores des élèves est également très élevée (avec une valeur de 118,7 et 120,4 respectivement). Cela traduit de part et d’autre, autant d’élèves en situation de difficulté d’apprentissage que d’élèves performants dans le système en début de scolarité.

Pour les pays à performance moyenne inférieure à la moyenne internationale qui est de 537 points avec un écart type de 114, plusieurs profils en termes de disparités se dégagent :

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–  avec des scores moyens très faibles en langue, la Guinée (469,0 points), le Togo (474,9 points) et le Burkina Faso (493,5 points) présentent un niveau de disparité relativement élevé de l’ordre de 104,7 points, 111,4 points et 126,2 points respectivement ;

– le Cameroun (522,2 points) et la Côte d’Ivoire (516,6 points) se différencient particulièrement par le niveau de disparité des scores des élèves en langue. Ainsi, si les scores des élèves sont plus centrés autour de la moyenne nationale en Côte d’Ivoire avec une valeur de 78,4 (la plus petite valeur de tous les pays participants), ils sont plus hétérogènes au Cameroun (522,2 points) avec 116,6 points d’écart type. Le Cameroun vient après le Burkina Faso, le Sénégal et le Gabon en termes de niveau de disparité des scores des élèves ;

– le Niger (534,7 points) et le Bénin (524,8 points) affichent une relation de proximité traduisant ainsi une ressemblance tant par le niveau de performance moyenne nationale que par le degré d’homogénéité des scores de leurs élèves. Pour des performances équivalentes, les deux pays sont à une valeur de 106,1 et 105,6 points d’écart-type respectivement.

source: afriksoir