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Vent de limogeages: le syndrome Gbagbo qui guette Ouattara

Vent de limogeages: le syndrome Gbagbo qui guette Ouattara
Vent de limogeages: le syndrome Gbagbo qui guette Ouattara

Honorant une promesse de lutter efficacement contre la corruption et les détournements de deniers publics, le gouvernement ivoirien sous l’impulsion du chef d’état Alassane Ouattara est passé à la vitesse supérieure.

Malgré la création d’une haute autorité pour la bonne gouvernance et un ministère spécial pour lutter contre la corruption, les choses ne semblaient pas véritablement changer.

Depuis quelques jours, un vent de limogeages de hauts cadres de sociétés d’états souffle sur la Côte d’Ivoire. Plusieurs directeurs en payent déjà les frais et sont sur le point de faire l’objet de poursuites judiciaires.

Cette opération mains propres vue de loin comme une très bonne initiative, est décriée par une certaine frange de militants proches du Rassemblement des Houphouetistes pour la Démocratie et la Paix (RHDP), parti au pouvoir, comme nous le fait savoir ici le vieux Karamo, l’un des militants de premières heures de l’ex Rassemblement Des Républicains (RDR) dans la commune de Yopougon. « …nous encourageons le président Ouattara à traquer tous ceux qui volent l’argent du pays mais qu’il ne coupe pas la branche sur laquelle il est lui-même assis… l’histoire est un témoignage. Qu’il se souvienne de comment Bédié et Gbagbo ont été affaiblis par le même procédé avant leur chute…que le président fasse attention… »

Pour cet octogénaire, grand militant du défunt RDR, qui refuse d’appartenir au RHDP malgré son soutien inconditionnel à Alassane Ouattara, les opérations dites mains propres sont généralement le fruit d’un complot des puissances occidentales pour affaiblir les chefs d’Etats africains .

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Pour soutenir à notre tour les propos du vieux Kramo, nous allons retourner en 1999 avec cette affaire de 18 milliards de l’Union Européenne (UE), qui a beaucoup joué dans la balance de la perte du pouvoir par Henry Konan Bédié.

En 2008, les mêmes bailleurs de fonds font injonction à Laurent Gbagbo d’assainir le milieu du café-cacao, sachant que c’est de cette filière le régime tirait l’essentiel de ses ressources pour faire face aux nombreux besoins qui lui étaient imposés du fait de la rébellion depuis 2002.

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Laurent Gbagbo sous pression ne perd pas de temps. La justice ivoirienne inculpe 23 hautes personnalités de la filière café-cacao, dont Lucien Tapé Doh, Tano Kassi Kadio, Henri Amouzou, Théophile Kouassi, Angeline Kili, qui sont relevés de leurs différentes fonctions et placés immédiatement sous mandat de dépôt. Ils seront tous inculpés de « détournements de fonds, abus de confiance, abus de biens sociaux, escroquerie et faux et usage de faux en écriture privée de commerce et de banque ».

Même si les périodes et les circonstances de cette vague de limogeage sous le régime Ouattara ne sont pas les mêmes que celui de ses prédécesseurs, l’inquiétude demeure chez les militants du RHDP.

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En attendant la fin de cette opération mains propres, tous les observateurs de la vie politique ivoirienne se demandent jusqu’où ira le chef d’état dans cette initiative sans risque de s’autoflageller.

 

 

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