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Union du Grand Nord : voici comment le Rhdp menace les fondements de la République

Union du Grand Nord : voici comment le Rhdp menace les fondements de la République
Union du Grand Nord : voici comment le Rhdp menace les fondements de la République

Alors que les Ivoiriens attendent du régime Ouattara des réponses aux appels incessants au dialogue national et aux actions en faveur de la réconciliation, des pontes du pouvoir s’activent à la création d’une organisation qui, si l’on n’y prend garde, pourrait mettre à mal l’unité nationale.

Gilbert Koné Kafana et ses amis, instigateur de l’Union des élus et cadres du Grand-Nord (UGN) seront à Korhogo le 12 novembre prochain pour l’assemblée générale constitutive de leur union, selon eux censé insuffler le développement du septentrion ivoirien. S’il n’y a rien de mauvais à la mise en place d’une organisation par des cadres d’une partie du pays, pour apporter des corrections aux problèmes des populations, le timing et la composition de l’organisation pilotée par le maire de Yopougon soulèvent cependant des interrogations.

D’abord le timing du lancement de la création de l’UGN semble très suspect en ce sens qu’il intervient dans un contexte où, ayant constaté que la mayonnaise du Rassemblement des houphouétistes pour la démocratie et la paix (Rhdp) a du mal à prendre, Alassane Ouattara entreprend des réformes qui mettent en avant des cadres du défunt Rassemblement des républicains (RDR). En effet, dans le cadre de la restructuration annoncée du Rhdp, le président du parti présidentiel a désigné Gilbert Koné Kafana, Cissé Ibrahim Bacongo, Ally Coulibaly et Mamadou Sanogo, tous ressortissants du nord du pays et anciens du RDR pour conduire lesdites réformes.

Tous les observateurs de la scène politique ivoirienne avaient vu derrière cet acte du chef de l’exécutif un retour aux fondamentaux RDR qui avait mobilisé les populations du nord de la Côte d’Ivoire autour de l’ancien fonctionnaire du FMI. Curieusement, quelques semaines après la mise en place de cette équipe, l’un de ses membres lance cette organisation censée regrouper les élus et cadres du nord. Une autre singularité de l’organisation est que toutes les grosses têtes à la manœuvre présentées jusqu’à ce jour, occupent de hautes responsabilités dans le parti au pouvoir ou dans l’appareil de l’Etat, exceptées quelques-unes. Outre ce timing, des propos tenus par le premier magistrat de Yopougon rappellent étrangement les thèses développées par le RDR pendant sa lutte dans l’opposition.

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Voulant motiver les ressortissants du nord encore hésitants à s’engager avec l’UGN, le ministre chargé des Relations avec les institutions, assure que « l’histoire récente de votre pays sait quel est le traitement qui est réservé à partir de votre nom. Le traitement qui nous est réservé. Je pense qu’il ne faut pas se voiler la face, il est de notre intérêt de nous organiser pour accompagner l’Etat pour assurer le développement de nos régions ». Pour une organisation qui prétent apporter le développement, le rappel du délit de patronyme qui a existé par le passé en Côte d’Ivoire il y a si peu est inquiétant. Si tant est que les initiateurs de cette organisation visent le développement du nord, il leur aurait été plus loisible de mettre en place une mutuelle de développement qui n’a jamais posé de problème, que de draper un instrument politique sous le couvert de l’union du Grand-Nord.

D’ailleurs, quelle valeur peut avoir une union du nord quand des enfants du nord se retrouvent en prison ou en exil pour une divergence de vision politique avec d’autres enfants du nord ? La vérité que l’on ne dit pas assez dans la traque contre Guillaume Soro, Koné Kamaraté Souleymane, Issiaka Fofana, Affoussiata Bamba-Lamine, Moussa Touré et les autres, c’est qu’elle n’a d’autres explications que le refus de l’ancien président de l’Assemblée nationale de s’associer à ce que l’on a appelé dans le camp Ouattara, la « conservation du pouvoir du nord ». En décembre 2019, quelques mois avant sa démission du perchoir, Guillaume Soro avait affirmé sur ses terres de Ferkessédougou, avoir été « appelé chez des chefs et des religieux pour me demander de contribuer à la préservation du pouvoir du nord. Je leur ai dit que c’était dangereux de penser comme ça dans une République ».

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Qu’on se le dise pour de vrai, l’Union des élus et cadres du Grand-Nord comme tout autre organisation sectorielle à visée politique, constitue un risque pour la cohésion sociale déjà fragilisée par ces nombreuses crises politiques. C’est d’ailleurs ce qui a poussé l’ex préfet d’Abidjan, Vincent Toh Bi à écrire sur sa page Facebook : « politiciens, parlez au nom de vos partis politiques, parlez des projets que vous avez pour la Côte d’Ivoire, parlez des rêves que vous voulez vendre. Mais ne parlez plus au nom du nord. Ne parlez plus au nom du sud. Ne parlez plus au nom de l’ouest. Ne parlez plus au nom du centre. Parlez plutôt au nom du peuple uni de Côte d’Ivoire si vous prétendez l’aimer ».

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Celui qui, dans le cadre de ses missions avec les opérations des Nations unies a eu à participer à la gestion de nombreuses crises en Afrique, appelle les hommes politiques à privilégier l’unité nationale au détriment des organisations clivantes, car cela couvre le risque de dresser les populations les-unes contre les autres. D’ailleurs, quelle finalité pourrait motiver les cadres d’un pouvoir qui peine à réconcilier les Ivoiriens, à créer une union sectorielle, si ce n’est des intentions politiques inavouées ? Un autre fait appelant à la réflexion dans cette histoire d’UGN, selon certaines indiscrétions, cette organisation serait la matérialisation d’une idée qu’avait partagé feu Amadou Gon Coulibaly à certains de ses proches en 2019. Cette donne, nous conforte dans notre position que l’UGN n’est rien d’autre qu’instrument politique.

Est-ce nécessaire de rappeler que déjà en 2019, l’ancien Premier ministre avait les faveurs d’Alassane Ouattara pour porter l’étendard du Rhdp à la présidentielle de 2020 ? En murissant l’idée d’une union des nordistes, en homme politique avisé, « le lion » voulait certainement se tailler un soutien dans cette partie qui a toujours constitué une citadelle pour le RDR. Un autre fait et non des moindres qui pourrait passer inaperçu, est que depuis les décès respectifs des anciens Premiers ministres Amadou Gon Coulibaly et Hamed Bakayoko, le parti d’Alassane Ouattara manque d’un leader du nord, charismatique, pouvant porter haut le flambeau. Ainsi, derrière cette entité, certains cadres voudraient créer un leadership nouveau ou un bloc compact pouvant rivaliser avec le charisme de leurs adversaires politiques des autres contrées du pays.

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