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Un pro-Soro aux pro-Ouattara : « contrairement à vous, moi j’ai été au front militaire »

« L’heure est grave pour mon pays » (Guillaume Soro)
« L’heure est grave pour mon pays » (Guillaume Soro)

Mamadou Traoré, proche de Guillaume Soro traité de militant de salon par des pro-Ouattara décide de répondre à ses détracteurs.

Ce matin, je vais encore m’adresser à ces mendiants du Restaurant, devenus des militants de la 25ème heure, qui me traitent de militant de salon parce que pour eux, ils ne m’auraient jamais vu dans des coins chauds.

En fait, pour eux, ils auraient bien voulu me voir dans des lieux où on pourrait facilement me mettre le grappin dessus et me jeter en prison. Car c’est aujourd’hui le rêve de ces mendiants du Restaurant de me voir en prison parce que je les dérange énormément avec mes posts.

Je voudrais les informer que quand on parle de points chauds, contrairement à ce qu’ils disent, ce ne sont pas les lieux de marches de l’opposition ou des lieux de rassemblement de l’opposition quoique plus d’une fois j’ai été à ces endroits.
Les points chauds, ce sont les points où, chaque jour que Dieu fait, vous avez toutes les chances de prendre une balle dans la tête.

Et l’un de ces points chauds, c’était par exemple la zone CNO pendant la rébellion de Septembre 2002. Cette rébellion où il fallait être garçon pour y adhérer pleinement comme je l’ai fait.

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En effet, pendant que j’étais un professeur qui gagnait bien sa vie avant la rébellion parce que je roulais carrosse,je me suis engagé dans la rébellion en Octobre 2002 pendant que les armes crépitaient.

Mes anciens élèves du lycée de Boundiali pourraient témoigner qu’en tant que professeur,de surcroît raccroché, je venais aux cours toujours bien habillé, toujours bien propre sur ma belle mobylette Peugeot L2 154.

Ils peuvent témoigner également que je venais aux cours tantôt avec ma voiture Renault 5 que j’avais, tantôt avec ma voiture Peugeot 205 rouge climatisée que j’avais, tantôt avec ma voiture Mercedes 190 blanche climatisée que j’avais.

Avec mon ami Oka, professeur de français comme moi, nous étions les deux professeurs du lycée qui venaient à l’époque avec des voitures au cours. Avant donc la rébellion, j’avais, en tant que professeur raccroché, trois voitures de qualité et une mobylette. C’est pas « yaya » pour parler comme nos enfants.

On me demandera comment j’ai pu avoir les moyens d’obtenir tout cela? Pour ceux qui me connaissaient à Boundiali, ils savaient que j’étais un « grouilleur « , un battant et un opérateur économique. Et je le suis toujours.

Grâce à un prêt de 5 millions que j’ai obtenu en 1997 avec la Coopec de Boundiali, je me suis lancé dans les affaires.
Et ça m’a réussi jusqu’à aujourd’hui.

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Mais malgré toute cette aisance dans laquelle je vivais, je me suis engagé dans la rébellion, dans un coin chaud.
J’ai été à Boundiali d’abord l’un des conseillers du Commandant des opérations, le colonel Touré Moussa avec qui j’ai gardé de bons rapports.

J’étais chargé de la société civile. J’étais celui qui animait le volet politique et social à côté de lui.
J’étais celui qui organisait les meetings, en sa présence, pour mobiliser les populations de Boundiali pour la cause du MPCI.

C’est Touré Moussa, qui est aujourd’hui à la retraite, qui m’a mis en contact avec IB en Juin 2003 à Ouagadougou.
Lorsque Touré Moussa a été affecté de Boundiali pour Mankono et que le colonel Jah Gao est venu à Boundiali pour en être le Comzone,j’ai travaillé à ses côtés en tant que chef de son cabinet civil.

Avec lui, j’exerçais les mêmes activités qu’avec le colonel Touré Moussa. C’est à dire la mobilisation des populations de Boundiali en faveur des Forces Nouvelles.

Jah Gao et moi avons également gardé de bons rapports jusqu’à aujourd’hui bien que nous ne nous fréquentons plus à cause de la tension politique qui règne en ce moment dans le pays.

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Et ces deux vaillants officiers des Forces Nouvelles, avec qui je suis ami sur Facebook, peuvent témoigner que je ne recevais pas de salaire avec eux contrairement à ce que certains peuvent penser.

Je ne recevais pas non plus de la Centrale de Boundiali une quelconque rémunération. Ils peuvent également témoigner que je n’ai pas eu 5f des casses des agences de la BCEAO en zone rebelle.

J’ai fonctionné tout ce temps avec eux avec mes propres moyens car ce qui me guidait dans mes actions c’était ma conviction. Rien que la conviction.

Vu les actions hautement politiques et stratégiques que j’ai menées à leurs côtés, Guillaume Soro, qui m’a distingué à travers ces actions, m’a coopté auprès de lui dans son cabinet en Janvier 2008, en tant que Conseiller Spécial chargé des relations avec les partis politiques. Et depuis ce jour, nous ne nous sommes plus lâchés.

Chers mendiants du Restaurant, contrairement à vous, moi j’ai été au front militaire bien que je n’ai pas pris les armes.
J’ai pris des risques énormes car j’ai échappé plus d’une fois à la mort. Dois t-on m’en vouloir pour cela ?
Doit-on me traiter de froussard ou de lâche parce que je n’aurais pas été tué ou emprisonné ?
Merci.

Source: Yeclo