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Un membre du bureau politique répond à Mamadou Touré : « le plus fort n’est jamais assez fort pour demeurer le plus fort »

Un membre du bureau politique répond à Mamadou Touré :
Un membre du bureau politique répond à Mamadou Touré : "le plus fort n’est jamais assez fort pour demeurer le plus fort"

Monsieur le Ministre, en rappel de ces propos que vous aviez tenus à Bouaké, et que nous tenons comme corpus transcrit par nous même à partir de la vidéo qui nous est parvenue, nous voudrions vous adresser ce droit de réponse en tant que militant PDCI et membre du bureau politique. Vous disiez en substance.

« Je ne peux pas parler pour certains. Ce que je sais, c’est que le président pense et il croit qu’il est temps de passer la main à une nouvelle génération. Il croit fortement à la relève des générations. Le président pense qu’il est temps de passer la main à une nouvelle génération. Le président a essayé aux présentielles passées, on a tous vu, il a choisi Amadou Gon Coulibaly comme son candidat. Mais les autres étaient candidats. Malheureusement Amadou Gon est décédé et c’est nous qui avons demandé au président d’être candidat. Même quand il est candidat et élu, le président gère avec beaucoup de jeunes. Moi j’étais son conseillé à la présidence quand j’avais 34 ans.

 

(…) J’ai entendu Michel Gbagbo dire que si les circonstances l’exigent son père sera candidat en 2025. Et lui-même il dit, il est un soldat. Donc ce que son parti décide, il va faire. Mais Alassane Ouattara est aussi un soldat. Mais je vous jure, s’il décide d’être candidat, nous on va demander à Alassane Ouattara s’il va 10 mandat, il va faire 10 mandats. Vraiment on n’a aucun problème avec ça. (…)

Le président veut se retirer. Le président veut passer la main à une nouvelle génération. S’ils ne veulent faire comme le président, comme la loi n’empêche au président d’être candidat bon et puis notre président est beaucoup plus en forme. Mais il faut que ce discours soit entendu par tous les acteurs politiques. (…) il faut qu’on soit sur le même pied d’égalité. (…) Notre papa, il est prêt à regarder parmi nous pour le meilleur et puis nous tous on suivre ce meilleur-là. Bon les autres si leur papa vient dans le jeu, nous on va demander à notre papa, leur papa est dans le jeu donc viens. Bon notre papa a frappé leur papa, dans l’opposition, il les a frappés au pouvoir (…) » (sic)

Monsieur le ministre, j’aurais vraiment voulu garder le silence un moment devant cet amas de spectacle honteux du manque de cohérence et de courage de l’opposition ivoirienne qui vous a laissé le pouvoir à ces dernières élections.

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Que Ouattara trouve le moyen, y compris constitutionnel de s’offrir un troisième mandat sous nos yeux envers et contre la constitution et que tous se terrent chez eux, même devant la répression sauvage qui s’en est suivi sans que personne, peuple et élus ne réagissent, a achevé de prouver à mes yeux que nous voulons la démocratie, la vérité, la liberté et la paix sans chercher à y contribuer nous-mêmes ; sans vouloir en payer le prix. Vous avez donc raison vu que la chambre à coucher du couple Bédié a été profanée, que Laurent Gbagbo a été expédié à la Haye, que nombre de ses partisans ont été contraints à l’exil ou ont été maintenus jusqu’ici en prison sans conséquence. C’est cela qui motive ma réaction : vous prévenir que le plus fort n’est jamais assez fort pour demeurer le plus fort comme le dit l’adage.

Voyez-vous, Monsieur le Ministre,

Les Ivoiriens ne répondent pas à ce genre de chose en général. Franchement, nous sommes, nous Ivoiriens prompts aux verbiages inutiles. Nous ne sommes pas capables d’action. C’est pourquoi encore un des ministres de ce gouvernement inutilement pléthorique, peut bien manquer autant d’occasion de se taire, alors que le souvenir frais de 85 Ivoiriens morts, dont un décapité avec la tête de qui l’un des supporters supposés de votre parti, a joué au foot ; reste encore vivace dans nos esprits.

Monsieur le Ministre,

Au moment où les Ivoiriens ploient sous le coup de la cherté de la vie et que votre gouvernement n’arrive pas à endiguer, vous vous mettez à rêver de 10 mandats supplémentaires ! Et si vous commenciez par terminer correctement celui-là !

Et même dans ces déductions que vous faites à l’occasion, vous nous donnez des clés à plusieurs énigmes sur les récurrentes crises politiques dans ce pays, je vous cite : « Il [Alassane Ouattara] a frappé leur papa, dans l’opposition, il les a frappé au pouvoir ». Dans les déclinaisons du mot « frappé », ouvrons le champ sémantique relatif aux crises politiques ivoiriennes : à savoir le coup d’Etat de 1999, la rébellion de 2002, la guerre de 2010 (période d’opposition) et les meurtres gratuits lors du simulacre d’élection de 2020 (période au pouvoir). Vous accusez donc officiellement Monsieur Alassane Ouattara d’en être à la base ! Je vous félicite pour cette franchise, croyez-moi. Nous savons désormais officiellement ses responsabilités. Voyons les autres contours de vos propos.

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« Je ne peux pas parler pour certains. Ce que je sais, c’est que le président pense et il croit qu’il est temps de passer la main à une nouvelle génération. Il croit fortement à la relève des générations. Le président pense qu’il est temps de passer la main à une nouvelle génération. Le président a essayé aux présentielles passées, on a tous vu, il a choisi Amadou Gon Coulibaly comme son candidat. Mais les autres étaient candidats. Malheureusement Amadou Gon est décédé et c’est nous qui avons demandé au président d’être candidat. Même quand il est candidat et élu, le président gère avec beaucoup de jeunes. Moi j’étais son conseillé à la présidence quand j’avais 34 ans.

Votre première phrase ici contredit les dernières car en postulant que vous ne parlerez pas « pour certains » alors que vous finissez par vouloir choisir à leur place, leur candidat, est un manque de logique argumentative. Ce discours est généralement flanqué de telles incohérences qu’on a du mal à vous suivre en réalité. Ceux qui vous écoutent souvent gagneraient à sonder la dimension logique de vos argumentaires. Ils le découvriraient.

Toutefois, je regrette de vous le rappeler, Monsieur le Ministre, le regretté Premier ministre Amadou Gon Coulibaly n’était pas de la nouvelle génération ! Vous le savez très bien, du moins, je ne doute pas de votre objectivité. Mais son choix relevait davantage l’indécence politique que du jeu d’alternance dans ce Rhdp qui n’a rien d’un parti politique. Par respect de sa mémoire, nous devons le laisser reposer en paix ! Comme lui, je plains Hamed Bakayoko qui aurait dû être candidat de remplacement si vous et votre mentor n’aviez pas vendu du vent en lieu et place de la démocratie.

Au fond vous ne nous apprenez rien en nous disant que Ouattara est un soldat. Sauf que  vous, vous avez la magie de croire en 10 autres mandats :

(…) J’ai entendu Michel Gbagbo dire que si les circonstances l’exigent son père sera candidat en 2025. Et lui-même il dit, il est un soldat. Donc ce que son parti décide, il va faire. Mais Alassane Ouattara est aussi un soldat. Mais je vous jure, s’il décide d’être candidat, nous on va demander à Alassane Ouattara  s’il va 10 mandats, il va faire 10 mandats. Vraiment on n’a aucun problème avec ça. (…).

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Monsieur le Ministre, au-delà de la carte jeune, nous autres, nous postulons par la jeunesse, un changement de valeur, de la morale politique même. Mais que vous soyez assis dans un gouvernement qui fait plutôt « marché public », est pour nous contraire à ces nouvelles valeurs que nous prônons. Alors, puis-je vous inviter à décliner les poncifs de cette morale que vous semblez vendre aussi péremptoirement ? Le cynisme dans vos propos cher Mamadou, vient de ce que vous vous prévalez de régenter les autres partis politiques, de déconstruire l’éthique de la jeunesse en politique. Lisons encore ces propos empreints de démagogie :

Le président veut se retirer. Le président veut passer la main à une nouvelle génération. S’ils ne veulent faire comme le président, comme la loi n’empêche au président d’être candidat bon et puis notre président est beaucoup plus en forme. Mais il faut que ce discours soit entendu par tous les acteurs politiques. (…) il faut qu’on soit sur le même pied d’égalité. (…)Notre papa, il est prêt à regarder parmi nous pour le meilleur et puis nous tous on suivre ce meilleur-là. Bon les autres si leur papa vient dans le jeu, nous on va demander à notre papa, leur papa est dans le jeu donc viens.

Monsieur le Ministre, croyez-moi, il se peut que ce soit par peur des personnes qu’il a frappées qu’il refuse de céder le fauteuil même à ses partisans.

Je vois aussi que dans vos « grands » rêves pour ou contre  (c’est selon) la Côte d’Ivoire, vous n’offrez aucune chance à la paix. Vous destinez insidieusement ce pays à la guerre comme mode d’alternance politique. Au moment même où votre « père » traine justement ce mandat illégitime, arraché aux forceps des Gbaka vert, au moment où il apparaît urgent d’envisager l’annulation de cette élection honteuse pour organiser de vraies élections comme seul gage d’une réconciliation vraie, vous rêvez de contre-candidature de Ouattara en 2025. Eh bien que Dieu nous donne tous longue vie pour voir ce que cachent les événements.

Pour l’heure, ce fut un honneur d’avoir eu à m’adresser à vous, vous promettant que les prochaines fois, nous prendrons plus de responsabilité. Vous voudriez bien recevoir mes salutations distinguées.

Votre très obligé Konan Roger LANGUI

Enseignant-Chercheur à l’université Félix Houphouët-Boigny

Membre du bureau politique du Pdci-Rda.

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