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Rupture Gbagbo- Affi : Steve Boko révèle pourquoi l’ex-président a refusé la discussion

Rupture Gbagbo- Affi : Steve Boko révèle pourquoi l'ex-président a refusé la discussion
Rupture Gbagbo- Affi : Steve Boko révèle pourquoi l'ex-président a refusé la discussion

Steve Beko, activiste proche de l’opposition ivoirienne, fait une analyse de la rupture entre Laurent Gbagbo et Affi N’Guessan.

C’est une question qui est régulièrement revenue ces derniers jours de la part des partis de Affi. J’aurais pu ne pas y répondre tellement cela me parait évident mais soyons magnanimes comme Einstein en croyant qu’il n’y pas de questions idiotes. Et ce sera d’ailleurs l’occasion de revenir sur la notion de négociation en politique.

𝐂𝐨𝐦𝐦𝐞𝐧𝐜̧𝐨𝐧𝐬 𝐩𝐚𝐫 𝐩𝐨𝐬𝐞𝐫 𝐥𝐞𝐬 𝐛𝐚𝐬𝐞𝐬 : 𝐦𝐞̂𝐦𝐞 𝐬𝐢 𝐥𝐞𝐬 𝐦𝐨𝐭𝐬 𝐨𝐧𝐭 𝐥𝐚 𝐦𝐞̂𝐦𝐞 𝐫𝐚𝐜𝐢𝐧𝐞, 𝐢𝐥 𝐜𝐨𝐧𝐯𝐢𝐞𝐧𝐭 𝐝𝐞 𝐬𝐨𝐮𝐥𝐢𝐠𝐧𝐞𝐫 𝐪𝐮𝐞 𝐥𝐚 𝐧𝐞́𝐠𝐨𝐜𝐢𝐚𝐭𝐢𝐨𝐧 𝐩𝐨𝐥𝐢𝐭𝐢𝐪𝐮𝐞 𝐞𝐬𝐭 𝐝𝐢𝐟𝐟𝐞́𝐫𝐞𝐧𝐭𝐞 𝐝’𝐮𝐧 𝐧𝐞́𝐠𝐨𝐜𝐞 𝐞𝐭 𝐪𝐮’𝐮𝐧 𝐧𝐞́𝐠𝐨𝐜𝐢𝐚𝐭𝐞𝐮𝐫 𝐧’𝐞𝐬𝐭 𝐩𝐚𝐬 𝐮𝐧 𝐧𝐞́𝐠𝐨𝐜𝐢𝐚𝐧𝐭. 𝐋𝐚 𝐧𝐞́𝐠𝐨𝐜𝐢𝐚𝐭𝐢𝐨𝐧 𝐩𝐨𝐥𝐢𝐭𝐢𝐪𝐮𝐞 𝐬𝐨𝐮𝐬-𝐞𝐧𝐭𝐞𝐧𝐝 𝐜𝐥𝐚𝐢𝐫𝐞𝐦𝐞𝐧𝐭 𝐥’𝐢𝐝𝐞́𝐞 𝐝𝐞 𝐟𝐨𝐫𝐜𝐞. 𝐈𝐥 𝐬’𝐚𝐠𝐢𝐭 𝐞𝐬𝐬𝐞𝐧𝐭𝐢𝐞𝐥𝐥𝐞𝐦𝐞𝐧𝐭 𝐝’𝐞́𝐯𝐚𝐥𝐮𝐚𝐭𝐢𝐨𝐧 𝐞𝐭 𝐝’𝐞́𝐪𝐮𝐢𝐥𝐢𝐛𝐫𝐞 𝐝𝐞 𝐥𝐚 𝐩𝐮𝐢𝐬𝐬𝐚𝐧𝐜𝐞.

Dans le cas de Soro, nous sommes dans la négociation au niveau étatique. Il ne s’agit nullement pour les deux protagonistes de faire chemin commun mais de mettre un terme à la belligérance. Le rapport de force dans ce cas de figure est en faveur de Soro qui a pris 60% du territoire national et 40% de l’économie à Gbagbo. La tentative de recouvrer le territoire ayant échoué, Gbagbo est contraint de négocier. Quant à Soro, son coup d’état a échoué et Gbagbo a conservé l’effectivité du pouvoir. Il n’a pas les moyens de faire aboutir son projet en l’état ; il négocie donc.

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Mais la visée des protagonistes reste la même : Gbagbo veut toujours reprendre le territoire contrôlé par les rebelles et Soro veut toujours lui ravir le pouvoir. La preuve, lorsque Gbagbo pense être en mesure de le faire, il lance l’opération César baptisé « opération dignité » par certains. L’entrée en guerre de la France viendra lui faire perdre cet avantage. Quand Soro pense être en position de force lors de la crise post-electorale de 2010, il lance l’offensive des rebelles du nord vers le sud.

Dans le cas de Affi, nous sommes dans une négociation au niveau privé car un parti politique est une association privée. Avant d’évaluer le rapport de force nécessaire à l’instauration de toute négociation, posons-nous une question : des personnes avec des visions différentes peuvent-elles demeurer dans un même parti ? Affi a publiquement affirmé que depuis 2010, il n’était plus d’accord avec Gbagbo. Jean Bonin a régulièrement accusé les partisans de Gbagbo d’être des tribalistes qui en veulent à Affi parce qu’il n’est pas Bheté. (Je cherche toujours les villages Bheté de Assoa Adou, Laurent Akoun et Justin Koua).

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Affi a lui-même laissé entendre qu’il y avait une grande part de xénophobie et autres dans le parti qu’il dirige depuis 20 ans (sic !). Dans ces conditions, quelles seraient les objectifs d’une négociation ? Faire cohabiter des personnes qui n’ont pas la même vision dans un même parti politique ? Par quelle alchimie ? Un pays réuni des personnes qui ont la même nationalité sans forcément être d’accord. Un parti réuni des personnes qui sont supposées être d’accord sur l’essentiel.

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𝐂𝐨𝐧𝐜𝐞𝐫𝐧𝐚𝐧𝐭 𝐀𝐟𝐟𝐢, 𝐥𝐞 𝐫𝐚𝐩𝐩𝐨𝐫𝐭 𝐝𝐞 𝐟𝐨𝐫𝐜𝐞 𝐥𝐮𝐢 𝐞𝐬𝐭 𝐟𝐨𝐫𝐭𝐞𝐦𝐞𝐧𝐭 𝐝𝐞́𝐟𝐚𝐯𝐨𝐫𝐚𝐛𝐥𝐞. 𝐄𝐧 𝐝𝐞𝐡𝐨𝐫𝐬 𝐝𝐞 𝐥𝐚 𝐥𝐞́𝐠𝐚𝐥𝐢𝐭𝐞́ 𝐝𝐮 𝐅𝐏𝐈, 𝐪𝐮’𝐞𝐬𝐭-𝐜𝐞 𝐪𝐮’𝐢𝐥 𝐩𝐨𝐮𝐯𝐚𝐢𝐭 𝐦𝐞𝐭𝐭𝐫𝐞 𝐝𝐚𝐧𝐬 𝐥𝐚 𝐛𝐚𝐥𝐚𝐧𝐜𝐞 ? 𝐀𝐯𝐞𝐜 𝐥𝐚 𝐥𝐞́𝐠𝐚𝐥𝐢𝐭𝐞́, 𝐢𝐥 𝐚 𝐝𝐞𝐮𝐱 𝐝𝐞́𝐩𝐮𝐭𝐞́𝐬. 𝐒𝐚𝐧𝐬 𝐥𝐞́𝐠𝐚𝐥𝐢𝐭𝐞́, 𝐥𝐞𝐬 𝐚𝐮𝐭𝐫𝐞𝐬 𝐞𝐧 𝐨𝐧𝐭 𝟏𝟖. 𝐎𝐧 𝐧𝐞 𝐩𝐚𝐫𝐥𝐞 𝐦𝐞̂𝐦𝐞 𝐩𝐚𝐬 𝐝𝐞 𝐥𝐚 𝐩𝐨𝐩𝐮𝐥𝐚𝐫𝐢𝐭𝐞́ 𝐝𝐞 𝐆𝐛𝐚𝐠𝐛𝐨 𝐜𝐨𝐦𝐩𝐚𝐫𝐚𝐭𝐢𝐯𝐞𝐦𝐞𝐧𝐭 𝐚̀ 𝐀𝐟𝐟𝐢. 𝐋’𝐞́𝐪𝐮𝐢𝐥𝐢𝐛𝐫𝐞 𝐝𝐞 𝐩𝐮𝐢𝐬𝐬𝐚𝐧𝐜𝐞 𝐞𝐬𝐭 𝐢𝐦𝐩𝐨𝐬𝐬𝐢𝐛𝐥𝐞 𝐝𝐚𝐧𝐬 𝐜𝐞 𝐜𝐚𝐬. 𝐂’𝐞𝐬𝐭 𝐝’𝐚𝐢𝐥𝐥𝐞𝐮𝐫𝐬 𝐚𝐩𝐫𝐞̀𝐬 𝐞́𝐯𝐚𝐥𝐮𝐚𝐭𝐢𝐨𝐧 𝐪𝐮𝐞 𝐆𝐛𝐚𝐠𝐛𝐨 𝐝𝐞́𝐜𝐢𝐝𝐞 𝐝𝐞 𝐜𝐨𝐧𝐭𝐨𝐮𝐫𝐧𝐞𝐫 𝐥𝐚 𝐥𝐞́𝐠𝐚𝐥𝐢𝐭𝐞́ 𝐝𝐞 𝐀𝐟𝐟𝐢 𝐞𝐧 𝐜𝐫𝐞́𝐚𝐧𝐭 𝐮𝐧𝐞 𝐚𝐮𝐭𝐫𝐞 𝐥𝐞́𝐠𝐚𝐥𝐢𝐭𝐞́. 𝐄𝐭 𝐩𝐮𝐢𝐬, 𝐥𝐞𝐬 𝐝𝐞𝐮𝐱 𝐫𝐞𝐧𝐜𝐨𝐧𝐭𝐫𝐞𝐬 𝐝𝐞 𝐁𝐫𝐮𝐱𝐞𝐥𝐥𝐞𝐬 𝐥𝐮𝐢 𝐨𝐧𝐭 𝐝𝐨𝐧𝐧𝐞́ 𝐝𝐞 𝐜𝐞𝐫𝐧𝐞𝐫 𝐥𝐞 𝐩𝐞𝐫𝐬𝐨𝐧𝐧𝐚𝐠𝐞. 𝐔𝐧 𝐢𝐧𝐝𝐢𝐯𝐢𝐝𝐮 𝐞𝐧 𝐩𝐨𝐬𝐢𝐭𝐢𝐨𝐧 𝐝𝐞 𝐟𝐚𝐢𝐛𝐥𝐞𝐬𝐬𝐞 𝐪𝐮𝐢 𝐦𝐞 𝐩𝐨𝐬𝐞 𝐝𝐞𝐬 𝐜𝐨𝐧𝐝𝐢𝐭𝐢𝐨𝐧𝐬 ? 𝐂’𝐞𝐬𝐭 𝐣𝐮𝐬𝐭𝐞𝐦𝐞𝐧𝐭 𝐮𝐧 𝐨𝐮𝐭𝐫𝐚𝐠𝐞.

𝐔𝐧𝐞 𝐧𝐞́𝐠𝐨𝐜𝐢𝐚𝐭𝐢𝐨𝐧 𝐧’𝐞𝐬𝐭 𝐩𝐚𝐬 𝐮𝐧 𝐝𝐨𝐧. 𝐄𝐥𝐥𝐞 𝐬’𝐢𝐦𝐩𝐨𝐬𝐞 𝐝𝐮 𝐟𝐚𝐢𝐭 𝐝𝐮 𝐫𝐚𝐩𝐩𝐨𝐫𝐭 𝐝𝐞 𝐟𝐨𝐫𝐜𝐞. 𝐐𝐮𝐚𝐧𝐝 𝐭𝐮 𝐧’𝐞𝐬 𝐩𝐚𝐬 𝐞𝐧 𝐛𝐨𝐧𝐧𝐞 𝐩𝐨𝐬𝐢𝐭𝐢𝐨𝐧, 𝐭𝐮 𝐧𝐞 𝐩𝐨𝐬𝐞𝐬 𝐩𝐚𝐬 𝐝𝐞 𝐜𝐨𝐧𝐝𝐢𝐭𝐢𝐨𝐧𝐬 ; 𝐭𝐮 𝐩𝐥𝐚𝐢𝐝𝐞𝐬. 𝐄𝐭 𝐝’𝐚𝐢𝐥𝐥𝐞𝐮𝐫𝐬, 𝐮𝐧𝐞 𝐛𝐨𝐧𝐧𝐞 𝐬𝐞́𝐩𝐚𝐫𝐚𝐭𝐢𝐨𝐧 𝐞𝐬𝐭 𝐩𝐫𝐞́𝐟𝐞́𝐫𝐚𝐛𝐥𝐞 𝐚̀ 𝐝𝐞𝐬 𝐝𝐢𝐬𝐜𝐮𝐬𝐬𝐢𝐨𝐧𝐬 𝐢𝐧𝐭𝐞𝐫𝐦𝐢𝐧𝐚𝐛𝐥𝐞𝐬.

 

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