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Retour de Gbagbo : Depuis la prison, Babily Dembélé s’adresse aux pro-Gbagbo et aux victimes

Retour de Gbagbo : Depuis la prison, Babily Dembélé s’adresse aux pro-Gbagbo et aux victimes
Retour de Gbagbo : Depuis la prison, Babily Dembélé s’adresse aux pro-Gbagbo et aux victimes

Face aux discours des partisans de Laurent Gbagbo et à ceux du Collectif des victimes de Côte d’Ivoire (Cvci) dirigé par Issiaka Diaby, le président du Congrès ivoirien pour le développement et la paix (CIDP), Babily Dembélé, fait des propositions, depuis la Maca où il est détenu près de 8 mois, pour un retour de l’ancien chef de l’Etat, dans le calme.

Les partisans de l’ex-chef de l’État acquitté par la Cour pénale internationale (Cpi) entendent faire de ce retour une fête populaire avec une grosse mobilisation pour son accueil, ce jeudi 17 juin 2021. Mais ce retour et ce grand rassemblement annoncés sont perçus comme une moquerie et une injure à leur encontre, par des victimes de la crise postélectorale de 2010-2011, amenées par le Collectif des victimes de Côte d’Ivoire (Cvci) dirigé par Issiaka Diaby. Ces victimes se mobilisent pour empêcher un retour sécurisé de Laurent Gbagbo ou à tout le moins, agir pour que celui-ci soit mis aux arrêts à sa descente d’avion. Par contre, pour les partisans de Gbagbo, rien ne pourra empêcher le retour de leur champion qu’ils entendent accueillir en fanfare.

Face à ce bras de fer qui risque d’entraîner des violences dont les conséquences pourraient être graves, le président du Congrès ivoirien pour le développement et la paix (Cidp), Babily Dembélé, depuis la Maison d’arrêt et de correction d’Abidjan (Maca) où il est détenu depuis près de 8 mois sous le chef d’accusation d’ « atteinte à l’autorité de l’État », qu’il rejette catégoriquement, fait la proposition suivante, en vue de faire baisser la fièvre : «Que les partisans de Laurent Gbagbo abandonnent l’idée d’envahir les rues et l’aéroport pour accueillir leur leader. Qu’ils le laissent regagner la Côte d’Ivoire sans bruit et sans risque d’affrontement. L’essentiel est qu’il retrouve son pays. Le chef de l’État Alassane Ouattara a déjà donné son accord, après lui avoir remis deux passeports. Il ne faudra pas créer de désordre avec une mobilisation qui est mal perçue par des victimes. Si les partisans de Gbagbo acceptent de faire profil bas, certainement que les victimes mettront de l’eau dans leur vin, et les choses se passeront dans le calme ».

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Par ailleurs, Babily Dembélé, avec le retour de Laurent Gbagbo, souhaite l’organisation des « états généraux de la réconciliation et la paix », précédés d’un tête-à-tête entre les trois grands que sont le président de la République Alassane Ouattara, l’ancien chef d’état-président du Pdci, Henri Konan Bédié, et l’ex-chef de l’État Laurent Gbagbo. « Ces états généraux de la réconciliation et de la paix, auxquels prendront part tous les acteurs politiques, la société civile, les religieux etc., permettront de dire des vérités, d’effacer les rancœurs et de donner des pistes pour une réconciliation définitive des fils et filles de la Côte d’Ivoire », estime le président du Cidp, qui entend prendre une part active dans le processus de réconciliation.

« Le temps est venu de s’engager sincèrement et efficacement au processus de réconciliation nationale. Je plaide auprès des autorités politiques et judiciaires de mon pays, pour ma relaxe pure et simple, afin que je puisse appuyer de toutes mes forces, la dynamique de paix et de réconciliation amorcée par le président de la République, Son Excellence Monsieur Alassane Ouattara. Je pense avoir largement payé pour ce que je n’ai pas fait et qui m’a été collé par des calomniateurs. Ce n’est pas grave. Tout ce que Dieu fait est bon. Je ne suis habité ni par la haine ni par la rancœur. Tout ce que je demande, c’est de recouvrer ma liberté pour être aux côtés des miens et surtout pour organiser une caravane de sensibilisation à la paix et à la réconciliation nationale, sur l’ensemble du territoire national », rapporte une source proche de Babily Dembélé.

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A l’en croire, le président du Cidp se dit admiratif de la posture adoptée par le chef de l’État Alassane Ouattara qui est en train de créer les conditions du retour définitif de la paix en Côte d’Ivoire. Pour ce faire, Babily Dembélé, au-delà de sa propre personne, plaide pour la remise en liberté des autres prisonniers incarcérés dans le cadre des dernières élections et même de celles de 2010-2011.

Par ailleurs, il demande au président de continuer à favoriser le retour des exilés. « Le président Alassane Ouattara est sur la bonne voie. Après les grands travaux de développement qu’il a réalisés et continue de réaliser, c’est tout à son honneur de prioriser la réconciliation entre les Ivoiriens. En créant un ministère dédié à la réconciliation nationale, en se montrant favorable au retour de l’ex-président Laurent Gbagbo et Charles Blé Goudé en Côte d’Ivoire après l’épisode de la Cpi, en demandant à la justice d’accélérer les procédures pour les personnes détenues- toute chose qui a permis la libération de certains prisonniers-, et en autorisant le retour d’exilés du Ghana, le chef de l’État est en train d’entrer de fort belle manière dans l’histoire des grands Hommes d’État de notre pays et de l’Afrique », rapporte la même source.

Au nom de la paix en Côte d’Ivoire, Babily Dembélé, ancien collaborateur des présidents Bédié et Laurent Gbagbo, est, selon notre informateur, prêt à travailler aux côtés du chef de l’État Alassane Ouattara, du Rhdp, des autres partis et de tous ceux qui sont engagés à faire en sorte que les Ivoiriens vivent ensemble en paix, dans la stabilité, afin que leur pays continue de se développer. « Je propose, une fois encore, un dialogue direct entre le président de la République Alassane Ouattara, le président du Pdci et ancien chef d’État, Monsieur Henri Konan Bédié, et l’ex-chef de l’État Laurent Gbagbo. Je suis prêt à être le trait d’union entre ces trois grands de la politique ivoirienne », déclare depuis la Maca, le président du CIDP.

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Babily Dembélé (originaire de Kouto au Nord de la Côte d’Ivoire) et quatre de ses collaborateurs ont été arrêtés, le 21 octobre 2020, au siège du Cidp à Cocody-Riviera Ciad, par des hommes en cagoule fortement armés, sur dénonciation d’un ex-combattant. Après quelques jours de détention à la Direction de la surveillance du Territoire (Dst), ils ont été mis sous mandat de dépôt à la Maca, le 26 octobre 2020, 5 jours avant la présidentielle du 31 octobre. Babily Dembélé, ce Mathématicien formé à l’Académie des Sciences de Paris, et qui a obtenu le diplôme d’Architecte Expert en construction et en aménagement de l’espace (CAE), est accusé d’ «atteinte à l’autorité de l’Etat ». Chose qu’il a toujours rejetée, se réclamant un engagé pour la paix, le dialogue et la réconciliation en Côte d’Ivoire. D’ailleurs, il a été blanchi par un autre détenu dans le cadre de cette affaire. Il s’agit du nommé Minta Dramane qui, dans un courrier transmis d’une part à Madame le juge du 10e cabinet d’Abidjan-Plateau, sous le numéro 1669 à la date du 14 mai 2021, et d’autre part au Procureur de la République sous le numéro 1673, toujours à la date du 14 mai 2021, se confesse par rapport aux accusations portées contre Babily Dembélé.

Ce prisonnier logé au Bâtiment C dans la Cellule 104, demande pardon au président du Cidp et à ses collaborateurs détenus à la Maca. Pour Minta Dramane, né à Bouaké en 1982, Babily Dembélé est plutôt victime d’un complot, qu’il n’ait eu l’intention d’en fomenter. « Je demande pardon à M. Babily et à tous ses collaborateurs politiques détenus à la Maca pour cette affaire, qui sont : M.M. Konan Florent, Ouattara Issouf et Dépié Gnoléba Marius », regrette-t-il.

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