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Réconciliation à géométrie variable en Côte d’Ivoire: le Tout sauf Soro va échouer (GN)

Réconciliation à géométrie variable en Côte d’Ivoire: le Tout sauf Soro va échouer (GN)
Réconciliation à géométrie variable en Côte d’Ivoire: le Tout sauf Soro va échouer (GN)

Engagé selon lui dans une réconciliation non inclusive, Alassane Ouattara prépare pourtant les bases d’un autre échec du projet rapprochement des populations ivoiriennes.

Le chef de l’Etat entend réconcilier les Ivoiriens en en mettant d’autres de côté. Après l’échec de la réconciliation nationale suite à la crise post-électorale de 2010-2011, Alassane Ouattara s’engage dans un autre processus du même genre, déjà voué à l’échec. Aux lendemains de sa prise de pouvoir en 2011, dans un contexte de crise post-électorale qui a fait 3000 morts selon l’ONU, le chef de l’Etat met en place la Commission dialogue, vérité, réconciliation chargée d’œuvrer pour la réconciliation.

Il nomme à sa tête l’ancien Premier ministre Charles Konan Banny. En fin d’exercice, la Cdvr remettra les conclusions de sa mission au chef de l’Etat avec des recommandations en faveur de la réconciliation nationale. Entre autres recommandations, il ressort, une loi d’amnistie générale, la libération des prisonniers de la crise, le retour des exilés, une justice équitable, le dédommagement des victimes.

UN PREMIER ÉCHEC

Mais rien de toutes ces belles propositions ne sera mis en œuvre. Interrogé sur l’échec de la réconciliation, Charles Konan Banny affirmera qu’il « a manqué de volonté politique dans la mise en œuvre des recommandations ». Selon plusieurs observateurs de la vie politique ivoirienne, la réconciliation nationale n’a pas été couronnée de succès parce que c’était plus un concept qu’une volonté réelle.

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« La réconciliation nationale après la crise post-électorale de 2010-2011 n’a pas marché parce que le pouvoir l’a voulue sans le président Laurent Gbagbo, le ministre Charles Blé Goudé et leurs partisans. Comment pouvions-nous nous assoir à la même table avec des gens qui maintiennent nos leaders en prison loin du pays ? Comment pouvions nous parler de réconciliation alors que nos camarades sont pour la plupart en prison ou en exil ? ce modèle de réconciliation ne pouvait pas nous concerner», affirme Iritié Francis, activiste politique proche de l’ancien président Laurent Gbagbo.

EVITER LES ERREURS DU PASSÉ

N’ayant retenu aucune leçon de sa débâcle lors de sa première tentative de réconcilier les Ivoiriens, le régime Rhdp s’engage dans une autre mission qui risque de connaitre le même sort que la première. Finit son passage en force pour un troisième mandat, fortement contesté, le chef de l’Etat a décidé de poser des actions dans le sens du dégel de l’atmosphère politique.

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Si cette option est à saluer, là où il y a problème, c’est quand le Président est en train de commettre les mêmes erreurs qu’avec la Cdvr. Tout comme en 2011, le président du Rassemblement des houphouëtistes pour la démocratie et la paix (Rhdp) veut aller à cette réconciliation sans certains Ivoiriens. Dernièrement, nous avons assisté au retour d’exil de certains pro Gbagbo. Notamment Koné Katinan qui était visé par un mandat d’arrêt dans la présumée affaire de casse de la Bceao.

Aussi, le chef de l’Etat a annoncé des tractations pour un rapprochement entre son parti et le Pdci de Henri Konan Bédié. Comme on le voit, dans sa volonté de réconcilier les Ivoiriens, il prend en compte tout le monde sauf Guillaume Soro et ses partisans. Pis, un procès contre le président de Générations et peuples solidaires (GPS) et 19 de ses proches est annoncé le 19 mai prochain devant le tribunal criminel pour atteinte à la sureté de l’Etat.

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Dans le camp de l’ancien président de l’Assemblée nationale, on comprend difficilement cette démarche contradictoire. « Comment peut-on annoncer un procès contre Guillaume Soro pendant qu’on ouvre les portes à Damanan Pickas et Koné Katinan, qu’on se prépare à accueillir Laurent Gbagbo et Charles Blé Goudé au nom de la réconciliation ? Qu’est-ce que Alassane Ouattara peut bien reprocher à Guillaume Soro et ses amis qu’il ne reprocherait pas à Laurent Gbagbo et Charles Blé Goudé ?», interroge Koné Majid, militant de GPS.

Ignorer Guillaume Soro et ses partisans dans le processus de réconciliation nationale, c’est donner la preuve qu’on n’est pas réellement engagé pour les retrouvailles entre les filles et fils de la Côte d’Ivoire d’autant plus que l’ancien premier ministre est également un acteur majeur de la vie politique ivoirienne de ces deux dernières décennies. Pour connaitre meilleur sort que celle de 2011, la réconciliation nationale doit être inclusive et dénuée de tout calcul politicien.

Générations Nouvelles