Home Politique « Quand Houphouet offre une résidence à Ouattara, Premier ministre à l’époque »

« Quand Houphouet offre une résidence à Ouattara, Premier ministre à l’époque »

« Quand Houphouet offre une résidence à Ouattara, Premier ministre à l’époque »
« Quand Houphouet offre une résidence à Ouattara, Premier ministre à l’époque »

Mamadou Traoré revient sur l’affaire Soro condamnée à 20 ans de prison et la résidence d’Houphouet offert à Ouattara, Premier ministre à l’époque.

Je voudrais revenir ce matin sur le fait que mon mentor Guillaume Soro fut condamné à 20 ans de prison tout simplement parce que le Chef de l’Etat de l’époque où il était Premier Ministre ,lui a offert une résidence afin qu’il soit bien logé.

On a trouvé qu’il a eu cette résidence ,qui n’est d’ailleurs pas en son nom ,dans des conditions pas du tout légales. On a trouvé que l’argent qui a servi a acheter cette résidence est sorti des caisses de l’État. Au lieu de condamner ceux qui lui ont octroyé cette résidence à travers les instructions qu’ils ont donnée ,à travers les chèques qu’ils ont signés et à travers le notaire qu’ils ont trouvé pour faire l’opération, c’est lui qui fut locataire et non encore bénéficiaire de cette résidence ,qui est condamné.

Je n’ai vraiment plus besoin de démontrer que ce procès expéditif qui l’a condamné est un procès politique pour l’empêcher d’être candidat parce que considéré comme un favori. Mais je voudrais aujourd’hui faire appel à la mémoire des ivoiriens sur une générosité dont a été bénéficiaire le gourou du Restaurant ,qui a fait condamner Guillaume Soro, au début des années 90 lorsqu’il a été nommé Premier Ministre par Houphouet Boigny. Nos jeunes d’aujourd’hui, nombreux présents sur les réseaux sociaux étaient soit bébés à l’époque ,soit tous petits où n’étaient même pas nés. Donc ils ne peuvent pas se souvenir de cet épisode.

En effet, lorsque le gourou du Restaurant a été nommé Premier Ministre par Houphouet Boigny au début des années 90, ce dernier lui a offert une résidence de 300 millions afin qu’il soit bien logé. Comme Gbagbo l’a fait pour Guillaume Soro. L’opposition, à l’époque, en a fait son choux gras. Cette résidence, ancienne résidence de feu Alphonse Boni, située à Cocody Blockhaus près de l’église catholique Saint-Pierre de Blockhaus, a été pillée après la tentative de coup d’État du 19 Septembre 2002.

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C’est cette résidence qui était voisine à l’ambassade de l’Allemagne où le gourou du Restaurant et ses proches ont trouvé refuge. Selon Guillaume Soro , lorsqu’il était Premier Ministre, sur instruction de Laurent Gbagbo, près de 2 milliards des fonds publics ont été décaissés pour réhabiliter cette résidence. Aujourd’hui, selon CONFIDENTIEL AFRIQUE dans un article publié le 9 Juin 2017, des travaux de réhabilitation de cette résidence ont été engagés à travers une opération immobilière dénommée « LES JARDINS DE COCODY ».

Lorsque cette résidence a été attribuée au gourou du Restaurant, cela a crée l’émoi au sein des ivoiriens. L’opposition a en effet trouvé à l’époque des faits qu’une résidence de 300 millions attribuée au Premier Ministre sur les fonds de l’Etat était un scandale surtout que la Côte d’Ivoire était en récession économique Elle a dénoncé ce fait. Elle a trouvé que celui qui était venu pour redresser l’économie ivoirienne ne devrait même pas accepter qu’on sorte des caisses de l’Etat une telle somme pour sa résidence. Surtout que bien avant l’achat de cette résidence, Houphouet avait envisagé réduire le salaire des fonctionnaires avec le plan Koumoe Koffi afin que les caisses de l’État puissent souffler. Cela a provoqué une vive protestation de la part des fonctionnaires au point qu’Houphouet a du renoncer à son projet.

Octroyer donc une résidence de 300 millions au Premier Ministre venu redresser l’économie, était pour l’opposition un crime de lèse majesté. Aujourd’hui, peut-on prouver que la résidence acquise par le Premier Ministre d’Houphouet a respecté les procédures de décaissement des fonds publics? Peut-on prouver qu’il n’y a pas eu détournement de deniers publics pour acheter cette résidence surtout que son bénéficiaire était le Premier Ministre et de surcroît le Ministre de l’économie et des finances ? Peut-on prouver que cette résidence achetée au Premier Ministre avec les fonds publics lui appartenait au moment où il y habitait ? Peut-on prouver qu’il n’y a pas eu recel de bien public surtout qu’aujourd’hui cette résidence fait partie du patrimoine du gourou du Restaurant ?

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A l’époque des faits, le Premier Ministre a trouvé normal qu’Houphouet lui offre une résidence surtout qu’il n’en avait pas à Abidjan. Il a trouvé normal que cette résidence soit achetée sur les fonds publics. N’est ce pas de cette même faveur qu’a bénéficié Guillaume Soro alors Premier Ministre de Laurent Gbagbo ? Et le prétexte que Gbagbo a trouvé pour lui octroyer cette résidence est le même qui a été utilisé par Houphouet pour octroyer une résidence à son Premier Ministre.

En effet, nommé Premier Ministre, Guillaume Soro n’ayant pas de résidence à Abidjan, Gbagbo a trouvé qu’il lui fallait une résidence digne de son titre au lieu qu’il reste à l’hôtel. Aujourd’hui, pour avoir bénéficié des mêmes faveurs que le gourou du Restaurant lorsque ce dernier était Premier Ministre d’Houphouet, Bogota est aujourd’hui accusé de détournement de biens publics, de blanchiment d’argent et de recel de patrimoine. Pour cela, il est condamné à 20 ans de prison, à 5 ans de privation de ses droits politiques et un nouveau mandat d’arrêt a été lancé contre lui.

Chers tous, pour me résumer, sachez qu’en 1990 , lorsque le gourou du Restaurant a été nommé Premier Ministre par Houphouet Boigny, il a bénéficié d’une résidence de 300 million de la part du Chef de l’État. Et cette résidence a été achetée sur fond public Et à cette jour ,elle fait partie de son patrimoine. Quant à Guillaume Soro, ayant bénéficié des mêmes faveurs ,en tant que Premier Ministre de Laurent Gbagbo, on lui lance la pierre. Surtout que la résidence ne porte pas son nom.

Des mendiants du Restaurant viendront me dire ici que les résidences n’ont pas le même prix et que par conséquence Guillaume Soro mérite bien son sort. Dois je leur rappeler qu’en 1990, 300 millions pour une résidence équivaut aujourd’hui à une résidence de plus d’un milliard ?

Dois je leur rappeler qu’une résidence prend de la valeur avec le temps ? Ça, ils ne le savent pas puisqu’ils n’ont jamais eu entre les mains plus de 10.000f étant réduits à ramasser régulièrement les restes des plats que leur versent les clients du Restaurant. Heureusement que l’histoire est là pour nous rappeler certaines choses. A l’époque des faits, nous étions les étudiants contestaires de la Fesci nouvellement créé avec comme Secrétaire Général Ahipeau Martial.

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Pauvres et aigris que nous étions, nous avons critiqué l’achat de cette résidence à coût de millions sur le dos du contribuable ivoirien. On nous avait dit que c’était dorénavant un droit acquis des Premiers Ministres de Côte d’Ivoire.
Pourquoi donc Guillaume Soro n’y a t-il pas droit aujourd’hui ? Bref, Guillaume Soro n’a pas été le tout premier des Premiers Ministres à bénéficier d’une résidence achetée sur des fonds sortis des caisses de l’État.

Le gourou du Restaurant en a lui même bénéficié à l’époque. La résidence du Premier Ministre Pascal Affi Nguessan, située à la Riviera Anono dit Bervely Hills ,a également, selon les informations à notre possession, bénéficié de 500 millions des fonds publics afin de la réhabiliter. Et selon les informations en notre possession, à moins d’un démenti formel, cette résidence lui a été octroyée par Laurent Gbagbo lorsqu’il a été nommé Premier Ministre.

A travers ce procès fait donc contre Guillaume Soro sur la résidence à lui offerte par Laurent Gbagbo,on vient de créer une jurisprudence fâcheuse en Côte d’Ivoire. Dorénavant, les ivoiriens pourraient demander des comptes à tous ces dirigeants qui ont utilisé les fonds publics pour s’acquérir leur résidence.

On pourrait confisquer toute résidence attribuée à un tiers par le Chef de l’Etat puisque ce n’est pas de sa poche qu’il a fait ses dons. C’est à partir des fonds publics qu’il le fait. Que l’on sache qu’un pouvoir n’est jamais éternel et que bourreau aujourd’hui on pourrait devenir demain victime et vice versa.

Source: Yeclo

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