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Procès de Soro et ses proches / Me Gueu Patrice (Avocat de l’Etat) : « ce dossier est lourd de pièces, de scellés et d’aveux »

Procès de Soro et ses proches / Me Gueu Patrice (Avocat de l’Etat) :
Procès de Soro et ses proches / Me Gueu Patrice (Avocat de l’Etat) : "ce dossier est lourd de pièces, de scellés et d’aveux"

Le verdict du procès dans l’affaire « Soro et ses proches », poursuivis pour « complot et atteinte à la sureté de l’Etat » sera connu demain mercredi 23 juin 2021. En attendant de savoir si les juges vont suivre le Procureur qui a requis la prison à vie contre l’ex-président de l’Assemblée nationale Guillaume Soro, Maître Gueu Patrice, membre du collectif des avocats de l’Etat de Côte d’Ivoire (partie civile) commente, pour les lecteurs d’Opera News, le déroulement des débats dans le prétoire. L’homme de Droit évoque également l’issue du procès. Interview !

Bonjour Maître Gueu, des membres de l’équipe de la défense avaient quitté la salle d’audience évoquant « un élément audio » qui ne leur aurait pas été communiqué préalablement. Qu’en dites-vous?

Je remercie Opera News pour l’occasion à moi donnée de m’exprimer sur ce procès en dehors du prétoire. Pour revenir à votre préoccupation, je voudrais indiquer que l’élément audio dont il est question est tombé dans le domaine public pour avoir été largement diffusé et abondamment commenté par différents acteurs. Des acteurs l’ont même authentifié et fait la promesse d’en publier la version complète. Cet élément audio n’est donc pas nouveau pour que sa non-communication émeuve un bon plaideur. 

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En tout état de cause, l’élément audio faisait partie des scellés et ne devait donc pas être communiqué en l’état. J’estime que les membres du collectif qui sont sortis de la salle ont juste fait un coup de bluff puisqu’ils sont tous revenus continuer le procès comme si de rien était alors même que leur exigence n’a pas été satisfaite.

L’accusation dispose-t-elle de preuves suffisantes contre les accusés ?

Je fais partie du collectif des avocats de l’Etat de Côte d’Ivoire, partie civile dans ce procès. L’Etat n’est pas la partie poursuivante, ce rôle est dévolu au Procureur de la République. Je pense que celui-ci est suffisamment outillé pour répondre à cette question. Pour ma part, j’estime après débats libres dans un procès juste et équitable, que ce dossier est lourd de pièces, de scellés et d’aveux. Vous remarquerez que pour la première fois, les avocats de la défense n’ont pu soutenir que le dossier était vide. Je peux donc soutenir que l’accusation pourrait disposer de preuves suffisantes contre les accusés.

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Comment entrevoyez-vous l’issue de ce procès ?

Je ne suis pas un lanceur de cauris, je suis chrétien catholique comme l’ex-président Laurent Gbagbo. Je ne peux donc pas deviner l’issue de ce procès. Je note tout de même que les débats ont été ouverts, francs, courageux, souvent même passionnés et virulents. Mais, nous sommes des professionnels ; nous faisons confiance à la justice ivoirienne qui n’est aucunement aux ordres et nous attendons la vérité juridique ; même si nous souhaitons que la balance du Temple de Thémis penche en notre faveur.

D’aucuns disent qu’il s’agit d’un procès politique ? Partagez-vous cet avis ?

Quand on considère la qualité des acteurs de ce procès et les infractions poursuivies (complot, atteinte à l’autorité de l’Etat), on peut hâtivement conclure qu’il s’agit d’un procès politique mais les faits poursuivis sont graves. La Côte d’Ivoire doit quitter le long rang des pays de coups d’Etat et de rébellions pour se mettre résolument sur le chemin de la démocratie vraie en vue de préserver la paix et la sécurité dans ce beau pays.

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Qu’en est-il de l’affaire Soro contre l’Etat de Côte d’Ivoire suite à l’arrêt de la cour africaine des droits de l’homme et des peuples ?

La Cour Africaine des Droits de l’Homme s’est complètement discréditée en Côte d’Ivoire. Par exemple, dans la cause Soro Guillaume et le PDCI contre l’Etat de Côte d’Ivoire, la Cour a royalement oublié un principe fondamental en droit international : la souveraineté de l’Etat qui s’engage. La Cour a oublié qu’elle est l’émanation de cette souveraineté. Elle a même pensé qu’elle était au-dessus de l’Etat de Côte d’Ivoire. Mais, les ivoiriens en participant massivement aux élections législatives de 2020 sans que la loi sur la CEI soit modifiée, comme l’exigeait la Cour Africaine des Droits de l’Homme, ont démontré aux yeux du monde entier que cette Cour s’est fourvoyée et a erré. Vous comprenez donc que l’arrêt concernant le Sieur Soro ne peut produire aucun effet sur la justice indépendante de Côte d’Ivoire de sorte que l’invocation de cet arrêt dans la présente cause n’a pu influencer les débats.

Interview réalisée par Sébastien A.

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