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Pardon et réconciliation nationale: Me Roger Dakouri Diaz tacle Guillaume Soro

Pardon et réconciliation nationale: Me Roger Dakouri Diaz tacle Guillaume Soro
Pardon et réconciliation nationale: Me Roger Dakouri Diaz tacle Guillaume Soro

La réconciliation nationale et son corollaire, le pardon, continuent d’occuper l’esprit de nombreux Ivoiriens depuis des années. Les derniers événements survenus dans le pays avec le retour de la Haye du président Laurent Gbagbo et celui de plusieurs autres de ses camarades, rentrés d’exil à sa suite, y souscrivent. Me Roger Dakouri Diaz vient à ce propos de donner une nouvelle fois son opinion sur le sujet.

« Gbagbo a-t-il vraiment tort d’exiger un état des lieux de la ? ». C’est le titre de la courageuse contribution de l’ex leader des Greffiers de Côte d’Ivoire, publiée ce mercredi 27 Octobre 2021 sur sa page officielle Facebook.

Pour Me Roger Dakouri Diaz, le Pardon doit se faire dans la sincérité.

Me Roger Dakouri Diaz fait un véritable réquisitoire sur la sincérité du Pardon des hommes politiques qui pour lui, « est d’essence divine ». Le faisant, le juriste met en parallèle les nombreuses fois où l’ex Premier Ministre Guillaume Soro a demandé pardon aux Ivoiriens et le refus de l’ex Président de la République Laurent Gbagbo d’y souscrire. Du moins dans la forme voulue et attendue par certains d’entre nous.

Aussi s’interroge-t-il sur la sincérité du demandeur : « Tout pardon dénudé de sincérité, c’est-à-dire hypocritement offert, dans les 2 sens, peut-il être aussi porteur de ces retombées bienfaisantes ? »

Les partisans de l’ex Premier Ministre Guillaume Soro attendent impatiemment son retour d’exil.

Dans son texte, Me Roger Dakouri Diaz prend appui sur « les crimes et les motifs de la création de la rébellion par Guillaume Soro », le déroulement de la présidentielle de 2010 et la gestion du contentieux électoral.

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Dénonçant la « duplicité » du leader de GPS et son manque de sincérité dans sa « demande de pardon », le militant du PPA-CI, nouvellement élu au Comité de Contrôle du parti, estime que le Président Laurent Gbagbo a « totalement raison de dire qu’il y a (un) compte à faire. D’abord. »

Le président Laurent Gbagbo a affirmé récemment au cours d’une interview exclusive à France 24 ne pas s’inscrire dans une démarche théâtrale de repentance. Et qu’il lui importe, avant tout, de situer les différentes responsabilités dans les crises successives survenues en Côte d’Ivoire avant de parler de pardon. Pour le Président du PPA-CI, c’est à ce seul prix que les victimes pourraient accepter la repentance des uns et des autres. Et par corrélation, de rentrer dans leurs droits.

Me Roger Dakouri Diaz reproche à Guillaume Soro de continuer « de soutenir, la main sur le cœur, qu’une telle rébellion était salvatrice, et que si elle était à refaire, il la referait proprement avec pour but « d’offrir des pièces d’identité à ses parents ».

Pour Me Roger Dakouri Diaz, Guillaume Soro « ne s’est jamais repenti d’avoir faussement soutenu que le port du boubou était prohibé en Côte d’Ivoire sous Bédié ou Gbagbo. »

Et que même lors du déroulement du second tour de la présidentielle, le 28 Novembre 2010, l’ex président de l’Assemblée nationale a affiché « son bonheur et sa fierté d’avoir organisé une élection présidentielle démocratique, libre, juste et apaisée en 2010 sur l’ensemble du territoire national. »

Alors que pour le militant du PPA-CI, les faits sur le terrain le contredisent carrément. Et Me Roger Dakouri Diaz de rappeler la mainmise du RHDP sur la Commission Électorale indépendante (CEI) « qui se voulait théoriquement et factuellement hors de l’emprise des acteurs en compétition »

Avec en plus, les difficultés de 2002 à 2010 pour les partisans du Président Laurent Gbagbo de mener des activités dans la partie septentrionale de la Côte d’Ivoire. Le résultat ne pouvait qu’être les « fraudes innommables qu’ont orchestrées (les) hommes des Forces Nouvelles, pendant ce scrutin », souligne-t-il.

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Pour tous ces faits que, selon lui, Guillaume Soro n’a jamais « éprouvé des difficultés à dissimuler, à ce jour, sa fierté, en affirmant avoir demandé à Gbagbo de reconnaître sa défaite, quelques 2 jours seulement après la fin du 2ème tour, le 28 Novembre 2010 », Me Roger Dakouri Diaz estime que le pardon du leader générationnel de GPS manque cruellement de sincérité.

Me Roger Dakouri Diaz clos son texte par des interrogations : À quoi rime les « je demande pardon à Ouattara, à Bédié, même à Gbagbo », lancés lapidairement ? « Pour quel manquement précis Soro demanderait-il ainsi ? »

Toute la classe politique ivoirienne est attendue au tournant de la Réconciliation nationale.

Le juriste y apporte ses réponses.

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« Il est admis par tous que le pardon est puissant. Mais, le pardon ne puise sa puissance que dans sa motivation. 

Personnellement, lorsque quelqu’un ne m’explique pas pourquoi il me demande pardon, je le regarde dubitatif. Arrêtons donc avec l’hypocrisie qui déplaît à Dieu ! Soyons vrais !

Soro est notre frère. Si nous l’aimons vraiment, exigeons de lui, une sincère repentance. Pas cette comédie. »

Le débat sur le Pardon et la Réconciliation nationale est ainsi relancé. Qui doit demander pardon à qui? Comment le faire ? À quel ou dans quel cadre le faire ? Quand le faire et pour quel objectif à atteindre ?

Voici ce à quoi nous invite Me Roger Dakouri Diaz.

 

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