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Massacre de Novembre 2004: cette vérité que Gbagbo n’a peut-être pas encore dite

Massacre de Novembre 2004: cette vérité que Gbagbo n’a peut-être pas encore dite
Massacre de Novembre 2004: cette vérité que Gbagbo n’a peut-être pas encore dite

Rentré d’exil le 17 Juin dernier, l’ex chef d’état Ivoirien, Laurent Gbagbo se prononçait pour la première fois depuis son retour sur les événements tragiques de Novembre 2004, au cours de l’entretien qu’il accordait au journal Français, ‘’L’Humanité’’ en marge du congrès constitutif de son parti, le Parti des Peuples Africains-Côte d’Ivoire (PPA-CI), les 16 et 17 Octobre.

Absent du procès de Paris sur le bombardement de Bouaké, achevé le 15 Avril 2021 avec la condamnation à perpétuité des 3 pilotes accusés d’être les auteurs du raid meurtrier, et qui sont toujours déclarés introuvables, l’ancien président Ivoirien a dû faire face aux questions de la justice Française, pendant son séjour carcéral à la Haye. ‘’La juge d’instruction, Sabine Kheris, en charge du dossier, comme Me Jean Balan, avocat des familles des victimes (Ndlr : Françaises), sont venus m’interroger à la Haye. J’ai eu du plaisir à discuter avec ces gens qui avaient compris que le gouvernement Français avait joué un très mauvais rôle dans cette histoire. La justice a au moins permis d’ouvrir les yeux 𝑠𝑢𝑟 𝑙𝑒𝑠 𝑎𝑐𝑡𝑒𝑢𝑟𝑠 𝑑𝑒 𝑙’𝑜𝑚𝑏𝑟𝑒, 𝑠𝑢𝑟 𝑙𝑒 𝑓𝑎𝑖𝑡 𝑞𝑢’𝑜𝑛 𝑎𝑖𝑡 𝑎𝑟𝑟𝑒̂𝑡𝑒́ 𝑙𝑒𝑠 𝑝𝑖𝑙𝑜𝑡𝑒𝑠 𝑟𝑒𝑠𝑝𝑜𝑛𝑠𝑎𝑏𝑙𝑒𝑠 𝑑𝑒 𝑐𝑒 𝑏𝑜𝑚𝑏𝑎𝑟𝑑𝑒𝑚𝑒𝑛𝑡 𝑒𝑡 𝑞𝑢𝑒 𝑙𝑎 𝐹𝑟𝑎𝑛𝑐𝑒 𝑎𝑖𝑡 𝑜𝑏𝑠𝑡𝑖𝑛𝑒́𝑚𝑒𝑛𝑡 𝑟𝑒𝑓𝑢𝑠𝑒́ 𝑑𝑒 𝑙𝑒𝑢𝑟 𝑑𝑒𝑚𝑎𝑛𝑑𝑒𝑟 𝑑𝑒𝑠 𝑐𝑜𝑚𝑝𝑡𝑒𝑠, 𝑎𝑣𝑎𝑛𝑡 𝑞𝑢’𝑖𝑙𝑠 𝑛𝑒 𝑠𝑜𝑖𝑒𝑛𝑡 𝑟𝑒𝑙𝑎̂𝑐ℎ𝑒́𝑠 𝑑𝑎𝑛𝑠 𝑙𝑎 𝑛𝑎𝑡𝑢𝑟𝑒. 𝐽’𝑎𝑖 𝑑𝑖𝑡 𝑡𝑜𝑢𝑡 𝑐𝑒 𝑞𝑢𝑒 𝑗𝑒 𝑠𝑎𝑣𝑎𝑖𝑠 𝑠𝑢𝑟 𝑐𝑒𝑡𝑡𝑒 ℎ𝑖𝑠𝑡𝑜𝑖𝑟𝑒. 𝐶’𝑒𝑠𝑡 𝑎̀ 𝑐𝑒𝑢𝑥 𝑞𝑢𝑖 𝑝𝑟𝑜𝑡𝑒́𝑔𝑒𝑎𝑖𝑒𝑛𝑡 𝑙𝑎 𝑟𝑒́𝑏𝑒𝑙𝑙𝑖𝑜𝑛 𝑞𝑢’𝑖𝑙 𝑓𝑎𝑢𝑡 𝑝𝑜𝑠𝑒𝑟 𝑑𝑒𝑠 𝑞𝑢𝑒𝑠𝑡𝑖𝑜𝑛𝑠‘’, a-t-il répondu au confrère de ‘’L’Humanité’’, qui lui demandait s’il avait tout dit sur cette affaire.

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Laurent Gbagbo estime sans doute en avoir fini avec cette histoire, du moins pour ce qui concerne sa part de vérité à léguer, mais certains éléments clés dans la gestion par l’ancien dirigeant Ivoirien, de cette escalade, intriguent.

Lors d’une conférence de presse conjointe avec son homologue Sénégalais, Abdoulaye Wade, le 02 Février 2005, l’ex chef d’état Français, Jacques Chirac réitérait sa disponibilité à faire évacuer son armée de Côte d’Ivoire, ‘’ Si l’ONU demande à la France de maintenir Licorne nous examinerons cette demande de façon positive à condition que les responsables africains nous le demandent. Nous n’avons pas l’intention de rester si nous ne sommes pas souhaités. Nous voulons bien être présents et aider si nous sommes souhaités, mais nous ne resterons pas pour nous imposer. Il faut que les choses soient claires, je l’ai d’ailleurs dit à MBEKI il y a deux jours au téléphone. Je lui ai dit que chacun devait prendre ses responsabilités et que par conséquent, si on ne voulait pas que la France reste là-bas, elle ne resterait pas. Et ce n’est pas l’ONU qui dira. Ça, ce sont les Africains, les responsables africains. A commencer naturellement par le gouvernement ivoirien’’.

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Cette déclaration du numéro 1 Français intervenait seulement 3 mois après les tueries des soldats Français sur des civils Ivoiriens ayant fait des dizaines de morts. Le contexte de l’époque est surchauffé. L’opinion Ivoirienne, du moins celle située dans la partie gouvernementale, réclame dans sa majorité le départ des troupes Françaises, dont elle dénonce les massacres de civils Ivoiriens et le soutien présumé au rebelles du nord. ‘’Licorne’’ (Ndlr : Opération militaire Française déployée pour garantir l’arrêt des combats) est sur la sellette. Depuis la capitale Sénégalaise, le président Français prête le flanc à son homologue Ivoirien, visiblement hésitant. Mais, celui-ci préfère prolonger le bail des militaires de ‘’Licorne’’, et de la base militaire Française à Abidjan, contre l’avis de la majorité des populations qui lui sont favorables.

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Pourquoi ? Qu’est-ce qui pouvait justifier cette attitude alors que le souverainiste qu’il était, de surcroît heurté par la riposte de l’armée Française au bombardement de Bouaké, qui lui a valu l’arrêt de l’offensive générale contre la rébellion et le massacre de ses partisans, détenait à ce moment une occasion unique de démontrer son attachement sans faille à l’indépendance de son pays ?

Cela, Gbagbo ne l’a pas encore expliqué ouvertement. On pourrait peut-être lui épargner de revenir sur la passivité des soldats Ivoiriens face aux tirs Français sur les civils, ou encore, les étapes ayant conduit au déclenchement effectif de l’opération ‘’Dignité’’.

Cependant, en ce qui concerne la suite dans la gestion du dossier par le pouvoir d’Abidjan, Laurent Gbagbo de retour, devrait évoquer sans détour les raisons profondes du maintien des soldats Français sur le théâtre des opérations en Côte d’Ivoire, même après cet incident douloureux. Car, cela fait maintenant 17 ans que la vérité s’impatiente d’être révélée au grand jour.

 

 

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