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Marché mondial du Cacao: la Côte d’Ivoire et le Ghana menacés par un nouveau né

Marché mondial du Cacao: la Côte d’Ivoire et le Ghana menacés par un nouveau né
Marché mondial du Cacao: la Côte d’Ivoire et le Ghana menacés par un nouveau né

La Chine et encore la Chine. Le géant asiatique qui s’est fait la réputation de concurrencer les puissances occidentales dans tous les domaines n’a pas, pour autant, oublier la chasse gardée de l’Afrique, l’exportation des matières premières. Le pays de Mao vient de faire son entrée parmi les pays exportateurs de cacao.

L’hégémonie de la Côte d’Ivoire et du Ghana, dans la culture et l’exportation du cacao risque de s’effriter, d’ici peu. Ces deux pays d’Afrique de l’Ouest, qui représentent 60 % de la production mondiale de cacao, devront désormais faire avec la concurrence d’un « nouveau né avec des dents », la Chine.

L’an dernier, le premier lot de 500 kg de fèves de cacao, d’une valeur de 3.600 dollars (environ 2 millions f CFA ), a été produit à Xinglong, un district administratif de la province du Hebei en Chine. Cette petite agglomération rurale au climat tropical a exporté pour la première fois des fèves de cacao vers la Belgique, selon l’Académie des sciences agricoles tropicales de Chine.

« Le cacao et une matière première pour la fabrication du chocolat. Avec la demande croissante de chocolat, Hainan a élargi sa zone de plantation de cacao et fait des percées dans le développement technologique », a déclaré Hao Zhaoyun, chercheur à l’Académie, rapporté par french.peopledaily. « La Belgique étant surnommée ‘le royaume du chocolat’, les exportations vers le pays indiquent que nos normes de production de cacao ont été reconnues par la communauté internationale », a ajouté M. Hao.

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La Chine pense aller plus loin

Si cette petite quantité exportée n’a rien d’inquiétant, à priori, ce nouveau venu dans la production et l’exportaion du cacao devrait donner le cauchemar à ces deux géants africains aux pieds d’argile. En effet, connaissant la Chine comme un pays des démesures, elle n’hésitera pas d’ci très peu, à mettre sa technologie de pointe au profit de la production de l’or brun. De plus, selon l’agence Chinoise de presse, la culture du cacao devrait être étendue aux autres provinces Chinoises.

« Nous devons changer au plus vite la façon dont nous produisons le cacao dans ce pays. Nous utilisons des pioches et des couteaux dans nos exploitations depuis plus de 100 ans » a déclaré le secrétaire général de l’Union générale des travailleurs agricoles du Ghana, Edward Kareweh, qui s’est montré beaucoup plus préoccupé par l’arrivée du géant asiatique. Selon Jeune Afrique, la Chine « songe même à développer ses propres industries pour fabriquer des barres de chocolat et d’autres produits dérivés qui serviront à nourrir 1,4 milliard de Chinois. La fève de cacao est riche, et peut être utilisée dans les barres de chocolat donc, mais aussi dans les préparations pour gâteaux, les aliments pour le petit-déjeuner, les boissons, la crème glacée.

La Côte d’Ivoire et le Ghana face aux nouvelles exigences sociales et environnementales

Selon la banque Mondiale, la situation actuelle des producteurs de cacao en Côte d’Ivoire n’est donc guère réjouissante et sera plus compliquée, les jours à venir. Les nouvelles exigences sociales (contre le travail des enfants) et environnementales (contre la destruction des forêts) de la part des consommateurs vont augmenter le coût pour les producteurs qui doivent à présent certifier leur cacao à travers des mécanismes de surveillance de plus en plus sophistiqués. Les goûts des consommateurs évoluent aussi vers le chocolat de luxe, ce qui n’est pas une bonne nouvelle pour le producteur ivoirien dont le cacao n’est en général pas de la meilleure qualité.

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L’épuisement des surfaces cultivables et de la main d’œuvre (le producteur type a plus de 45 ans) va les empêcher de défricher de nouvelles terres ce qui avait été leur réponse traditionnelle face à l’augmentation de la demande au cours des dernières décennies. En plus, on estime qu’un tiers du verger existant devra être remplacé à cause du vieillissement des arbres et la propagation des épidémies dans les prochaines années. Enfin, le changement climatique, qui a déjà commencé à se faire sentir, menace la fertilité de nombreuses exploitations, surtout à l’est du pays. Et ces bouleversements qui ne sont pas une bonne nouvelle pour la Côte d’Ivoire pourrait être exploités par la Chine.

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Pour le moment, le marché international du chocolat qui est estimé à plus de 100 milliards de dollars est détenus par quelques multinationales. Et sur les 100 milliards de dollars, seuls 6 milliards reviennent aux producteurs. Ils perçoivent donc 6% du prix du produit fini, contre 16% dans les années 80. Si « l’or brun » rapporte, il rapporte surtout aux transformateurs et aux marques comme Mars, Nestlé ou Ferrero, qui touchent en moyenne 40% du prix de vente, 35% allant dans la poche des supermarchés.

Qu’en sera-t-il dans les années à venir avec l’arrivée du « nouveau né », la Chine ?

BWT

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