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« Linas-Marcoussis ou quand on fait croire que c’était un régime Gbagbo ! »

« Linas-Marcoussis ou quand on fait croire que c’était un régime Gbagbo ! »
« Linas-Marcoussis ou quand on fait croire que c’était un régime Gbagbo ! »

Selon certains pro-Ouattara, le régime Gbagbo n’aurait rien fait pendant les dix ans de gouvernance. Hermann Aboa se prononce sur Linas-Marcoussis.

L’on entend souvent dire – abusivement – que le régime Laurent Gbagbo n’aurait rien fait pendant les dix ans de gouvernance. Ces détracteurs du camp Gbagbo, amnésiques, n’ont pourtant pas l’honnêteté, même morale, de préciser qui étaient ceux avec les pleins pouvoirs dans les gouvernements successifs de l’ère Gbagbo. Une ère marquée par plusieurs tentatives de déstabilisation dont les auteurs principaux ont toujours indiqué Alassane Ouattara comme l’instigateur et le bénéficiaire de leurs actions.

La vérité occultée est que la rébellion armée survenue dans la nuit du 19 septembre 2002, coachée par la France de Jacques Chirac, a fini par imposer un gouvernement à crabes dans lequel Laurent Gbagbo et ses camarades de la refondation, en minorité, n’avaient pas les coudées franches. Tout a commencé par cette fameuse table ronde de Linas-Marcoussis, à l’initiative du gouvernement français. Souvenir amer.

Les accords de Linas-Marcoussis, ou accords Kléber, se sont tenus du 15 au 26 janvier 2003 en France à Linas-Marcoussis et visaient à mettre un terme à la guerre civile de Côte d’Ivoire qui s’y déroulait depuis 2002. Autour de la table de négociations, les «Forces nouvelles» rebelles du nord et les différents partis politiques du pays étaient invités par le président français, Jacques Chirac, pour négocier à huis clos les conditions de retour à la paix. Les accords furent signés au centre des conférences internationales, avenue Kléber à Paris.

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La table ronde était présidée par Pierre Mazeaud, assisté du juge Keba Mbaye et de l’ancien Premier ministre ivoirien Seydou Diarra ainsi que des représentants d’institutions internationales, ONU, Union africaine et CEDEAO.
Siégeaient à la table les partis politiques suivants : FPI, UDCY (pouvoir), MJP, MPCI, MPIGO (Forces nouvelles, rébellion proche de l’opposition), PDCI-RDA, PIT, RDR, MFA, UDPCI (opposition).
Ces accords prévoyaient notamment :

La formation d’un gouvernement de «réconciliation nationale» comprenant 44 membres représentant toutes les parties :
les rebelles du Nord obtiennent les ministères de la Défense et de l’Intérieur ;

  • un Premier ministre nommé de manière irrévocable jusqu’aux prochaines élections ;
  • le FPI avec 10 ministères, le RDR et le PDCI, 7 chacun ;
  • une révision de la Constitution, et notamment des critères d’éligibilité du président ;
  • une révision des critères d’admission à la citoyenneté, qui écarte trop d’Ivoiriens ;
  • une restructuration des forces armées ;
  • La traduction devant la Cour pénale internationale des responsables d’exécutions sommaires.
  • De plus, des lois et règlements doivent être pris afin d’améliorer la condition des étrangers et la protection de leurs biens et personnes.

Le gouvernement qui en est issu comprend ainsi 41 porte-feuilles ministériels dont 12 ministères d’Etat et 29 ministères classiques.

Front Populaire Ivoirien (FPI), parti au pouvoir, (10) :
Ministère d’Etat, Ministère de l’Economie et des Finances
Ministère d’Etat, Ministère des Mines et de l’énergie
Ministère de la Construction et de l’Urbanisme
Ministère de la Fonction Publique et de l’Emploi
Ministère des Eaux et Forêts
Ministère de l’Education Nationale
Ministère des Relations avec les Institutions de la République
Ministère de la Solidarité, de la Sécurité Sociale et des handicapés
Ministère de la Lutte contre le SIDA
Ministère en charge de la Réconciliation Nationale

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Parti Démocratique de Côte d’Ivoire (PDCI), opposition, (7):
Ministère d’Etat, Ministère des Affaires Etrangères
Ministère d’Etat, Ministère des Infrastructures Economiques
Ministère de l’Industrie et du Développement du Secteur Privé
Ministère de la Production Animale et des Ressources Halieutiques
Ministère de la Culture et de la Francophonie
Ministère du Plan et du Développement
Ministère des Cultes

Rassemblement des Républicains (RDR), opposition (7) :
Ministère d’Etat, Garde des Sceaux, Ministère de la Justice
Ministère d’Etat, Ministère de l’Agriculture
Ministère de l’Enseignement Supérieur
Ministère du Tourisme
Ministère du Commerce
Ministère des Nouvelles Technologies et des Télécommunications
Ministère de la Femme, de la Famille et de l’Enfant

Mouvement Patriotique de Côte d’Ivoire (MPCI), rébellion armée (7) :
Ministère d’Etat, Ministère de l’Administration du Territoire
Ministère d’Etat, Ministère de la Communication
Ministère des Victimes de la Guerre, des Déplacés et Exilés
Ministère des Sports et Loisirs
Ministère de la Jeunesse et du Service Civique
Ministère de la Recherche Scientifique
Ministère de l’Artisanat et de l’encadrement du Secteur Informel

Union pour la Démocratie et pour la Paix en Côte d’Ivoire (UDPCI), opposition (2) :
Ministère d’Etat, Ministère de la Santé et de la Population
Ministère de la Réforme Administrative

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Parti Ivoirien des Travailleurs (PIT), (2) :
Ministère d’Etat, Ministère de l’Environnement
Ministère des Droits de l’Homme

Mouvement des Forces de l’Avenir (MFA), (1) :
Ministère d’Etat, Ministère des Transports

Union Démocratique et Citoyenne (UDCY), (1) :
Ministère d’Etat, Ministère de l’Intégration Africaine

Mouvement pour la Justice et la Paix (MJP), mouvement rebelle, (1) :
Ministère de l’Enseignement Technique et de la Formation Professionnelle

Mouvement Patriotique Ivoirien du Grand Ouest (MPIGO), mouvement rebelle, (1) :
Ministère des Petites et Moyennes Entreprises

Deux personnalités de consensus désignées par le Conseil National de Sécurité, pour les portefeuilles de la Défense et de la Sécurité. Dans les faits, ces deux personnalités étaient aussi proches de l’opposition.

Les rebelles et l’opposition suivant cette répartition comptaient en définitive 75 % de membres au gouvernement contre 25 % pour les partis au pouvoir, le FPI et ses alliés. Cette clé de répartition a été respectée pour toutes les nominations dans les gouvernements successifs de Laurent Gbagbo ainsi que dans les institutions de la République en passant par la Commission électorale independante (CEI).

Alors d’où vient que certains accusent Laurent Gbagbo de n’avoir rien fait en terme de développement ? Pourtant l’histoire récente de la Côte d’ivoire est là dressée devant chacun et constitue ainsi la plausible pièce à conviction dans ce procès malsain des mythomanes et amnésiques. L’anarque n’a que trop duré.

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