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L’ex-ambassadeur Français à Abidjan passe aux aveux : »On a imposé les accords de Marcoussis »

L'ex-ambassadeur Français à Abidjan passe aux aveux : ''On a imposé les accords de Marcoussis''
L'ex-ambassadeur Français à Abidjan passe aux aveux : ''On a imposé les accords de Marcoussis''

La journée de ce lundi 12 avril, dans le cadre du procès sur les bombardements de Bouaké en Novembre 2004, a été riche en révélations, notamment sur la période de crise ayant précédée l’offensive générale lancée par les forces loyalistes pro-Gbagbo, contre les positions de la rébellion armée dans le nord du pays à partir du 04 Novembre 2004.

A la barre ce Lundi, comparaissaient entre autres, deux témoins clés de ces événements critiques dans lesquelles ont péri 9 soldats Français de l’opération Licorne, et des dizaines de civils Ivoiriens, tués dans des affrontements directs avec l’armée Française à Abidjan. Il s’agissait de Michel Barnier, chef de la diplomatie Française à l’époque des faits, et Gildas Le Lidec, ambassadeur de France en Côte d’Ivoire de 2002 à 2005. 

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Selon un de nos relais de CD-225 Tv, présent au tribunal de Paris où se déroulait les auditions, le diplomate Français en poste à Abidjan, au moment de l’éclatement de la crise armée de Septembre 2002, a lâché une bombe sur les accords de Linas-Marcoussis, négociées du 15 au 26 Janvier 2003, au Centre National de Rugby (CNR) de Linas-Marcoussis, entre les protagonistes de la crise politique en cours en Côte d’Ivoire.

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Acteur impliqué au coeur des tractations, l’ex ambassadeur a formellement mis en cause le bien fondé de ces accords, qui, soutient-t-il, ont été imposés aux acteurs politiques Ivoiriens. 

»On a imposé les accords de Marcoussis. Aucune des deux parties n’étaient prêtes », s’est insurgé le diplomate. Sur la signature des clauses de cet accords, rapidement tombés dans la désuétude, il regrette la culpabilité de la France: »On le savait, mais on l’a fait quand même ». Cette »pilule amère », telle que les décrivait l’ex chef d’état Ivoirien, Laurent Gbagbo, n’aura finalement pas été d’une grande efficacité dans la résolution du conflit militaro-politique en Côte d’Ivoire, notamment du fait de l’inadaptation des résolutions qui en découlèrent au contexte politique d’alors. 

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4 ans plus tard, en Mars 2007, Laurent Gbagbo et Guillaume Soro, le chef de la rébellion des Forces Nouvelles (FN) se retrouvèrent à Ouagadougou au Burkina Faso, sous l’égide du président Burkinabè, Blaise Compaoré, où de nouveaux accords, plus consensuels furent conclus avec comme couronnement, l’organisation effective du scrutin présidentiel d’Octobre 2010, qui lui-même, se solda par une violente crise postélectorale qui fit plus de 3000 morts, selon des décomptes officiels. 

Raoul Mobio