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« Le Système des Nations-Unies est pour que le processus électoral se passe dans de meilleures conditions » (Philippe Poinsot)

« Le Système des Nations-Unies est pour que le processus électoral se passe dans de meilleures conditions » (Philippe Poinsot)
« Le Système des Nations-Unies est pour que le processus électoral se passe dans de meilleures conditions » (Philippe Poinsot)

Election présidentielle d’octobre 2020, Commission électorale indépendante, gestion de la crise sanitaire de Covid-19, voici les différentes questions abordées par le coordonnateur résident du Système des Nations Unies en Côte d’Ivoire, Philippe Poinsot, qui était l’invité de la rédaction de la radio de la paix.

Monsieur le coordonnateur général, comment est-ce que l’Onu a accueilli cette crise sanitaire ?

Vous l’avez dit, il s’agit d’une crise d’urgence sanitaire qui affecte beaucoup de pays, presque tous les pays d’une manière ou d’une autre, mais certains plus que d’autres. Au-delà de la situation d’urgence sanitaire, beaucoup de pays, beaucoup de personnes l’ont vécue. Aujourd’hui, elle est devenue une crise sociale, une crise économique, et je crois pouvoir dire aussi une crise politique. Donc nous sommes aujourd’hui au milieu d’une crise à plusieurs facettes  qui a des répercussions à beaucoup de niveaux.

Du coup, l’Onu a été obligée de revoir sa façon de fonctionner ?

Peut-être avant de parler de notre façon de fonctionner, ce que cette crise nous a surtout révélés, c’est la vulnérabilité des pays et de tout le monde.  Cette crise a quelque peu mis à nu la fragilité des Systèmes de développement. Que ce soit les Systèmes de développement humain, de protection sociale, de santé, des systèmes sanitaires. Et cette crise est quelque part révélatrice de certains dysfonctionnements qui, jusqu’à présent, arrivaient à passer plus ou moins inaperçus, et révélés par cette crise.

Pour nous en tant que Système des Nations-Unies, c’est l’occasion de rappeler que la communauté internationale, il y a quelques années, a adopté 17 objectifs de développement durable, qui étaient une promesse de développement équitable, durable qui devraient, si ces objectifs étaient réalisés, permettre d’éviter une telle situation. Puisqu’on voit dans la défaillance du système de santé, dans les problèmes liés à l’urbanisme, qui fait que le virus se propage. Des problèmes liés à mettre en place des systèmes d’éducation à distance qui le reflet d’objectifs importants que nous nous sommes fixés en tant que communauté internationale et pour lesquels nous avons encore beaucoup de choses à faire.

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Peut-on dire que personne n’a vu ce virus venir ?

Des observateurs comme moi ont, sans doute, vu que c’était dans une certaine mesure quelque chose qui devait arriver. Et quelque part ,nous avons de la chance que ce virus n’ait pas la même moralité que le virus Ebola. Imaginez une seconde l’infectiosité de celui-là et la mortalité d’Ebola, on aurait une situation beaucoup plus compliquée qui aurait, sans doute, beaucoup plus d’impact. On peut voir ce virus aussi comme un test, c’est-à-dire un moyen pour la communauté internationale de voir comment réagir face à une situation comme celle-là qui pourrait peut-être se renouveler dans des proportions beaucoup plus compliquées. Pour nous, c’est aussi l’occasion de rappeler que face à une situation comme celle-là, il ne peut y avoir une réponse isolée. Nous sommes ensemble sur cette planète. Le multiplarisme, la solidarité, la coopération entre les Etats est plus que jamais nécessaire face à une crise comme celle-là. Et j’espère que nous aurons tiré les leçons de cette expérience pour  renforcer ces systèmes.

Dans cette perspective de solidarité internationale, que font les Nations Unies véritablement ?

Dès le déclenchement de cette crise, la première des choses qui a été faite, a été de porter la voix du Système des Nations-Unies au niveau international et au niveau national en déclarant un cessez-le-feu. C’était le 23 mars dernier, le secrétaire général a demandé que tous les combats qui ont lieu à travers le monde cessent. Et dire que nous menons un seul combat qui est celui contre le coronavirus ou COVID-19. Cet appel au cessez-le-feu a connu un écho très important parce que tous les Etats sont appelés à répondre à cet appel.

Deuxièmement, l’Onu, à travers son secrétaire général, a lancé un appel pour  la mobilisation de fonds à des fins humanitaires. Un appel qui couvrait à peu près 2 milliards de dollars, qui visait à venir en assistance aux plus  vulnérables des plus vulnérables ou des personnes qui sont dans des situations dites humanitaires. Donc on pense aux réfugiés, aux migrants. On pense à d’autres personnes qui sont particulièrement vulnérables. Ce fonds a été mis en place. Une quarantaine de pays qui ont un plan humanitaire en place ont pu en bénéficier.

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Les fonds ont-ils été totalement mobilisés ?

Les fonds sont en cours de mobilisation. L’appel a été quand même bien suivi et il est toujours en cours avec la possibilité pour les Etats membres, ceux qui souhaitent financer cet appel continuent de le faire. En plus de ça, l’Onu a préservé la chaîne d’approvisionnement lié aux équipements de protections, aux médicaments, aux réactifs. Avec plusieurs agences, les Nations Unies ont mis en place une sorte de pont aérien régional et sous régional permettant de garantir cet approvisionnement en particulier avec la fermeture des frontières rendant l’approvisionnement particulièrement difficile.

Au-delà de ces actions, le Système des Nations Unies, dès le début, a également proposé un certain nombre de démarches aux Etats membres, la meilleure façon de conduire leur réponse. En particulier très rapidement, l’Onu a insisté que cette réponse devait se faire en trois moments : un moment d’urgence de santé, un deuxième moment qui est celui que nous vivons aujourd’hui en Côte d’Ivoire, une réponse à la crise socioéconomique, de limiter l’impact socioéconomique de cette crise qui est du non seulement au virus mais aussi aux mesures qui ont été prises par les gouvernements pour limiter sa propagation. Et le troisième moment, celui qui me préoccupe, c’est-à-dire repenser nos politiques et plans de développement et reprioriser  les questions qui n’ont pas reçu d’intérêts, suffisamment d’appuis au cours des décennies.

Contrairement à ce qui avait été prédit à savoir que l’Afrique allait être le continent le plus touché par cette pandémie, l’Afrique s’en sort mieux par rapport aux grandes puissances. Avez-vous eu à rediriger ces aides ?

La trajectoire de l’épidémie en Afrique semble être différente. On peut observer que dans certains pays, au tout début, il y avait des craintes. Mais pour beaucoup de pays africains, c’est la crise économique qui a frappé avant la crise sanitaire. Cette crise économique est sérieuse. Elle touche de nombreux secteurs. Le cours des matières premières s’est effondré, le tourisme s’est arrêté, les secteurs agricoles en particulier sont beaucoup touchés. Pour tous les pays, la balance du commerce extérieur dépend des pays qui sont des foyers du virus, cela pose un problème. Peut-être à travers cette crise, des solutions pourront apparaitre mais aussi de nouvelles politiques de développement vont se décider.

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On est en train de prier pour l’Afrique. Je crois que l’émergence de ce marché commun continental à l’échelle africaine est quelque chose qui devrait être regardé de près. Voir comment les chaînes de valeur pourraient  se raccourcir, ne pas être dépendant de façon aussi importante à la fois pour les importations que pour les exportations de pays aussi éloignés  et qui peuvent, à un moment donné, arrêter de fonctionner à cause d’une crise. Tout cela pourrait être atténué par une meilleure intégration du commerce, de l’industrie,  et de circulation d’une manière générale des personnes et des biens au sein du continent africain…L’épidémie semble  contrôlée mais le virus n’a pas disparu.

Avez-vous quelque chose à envisager dans la perspective des élections à venir en Côte d’Ivoire ?

Les objectifs de développement durable ont un horizon qui est 2030 et eux ne connaissent pas la crise et les aléas de la politique. Ils seront là après comme ils étaient là avant. Notre souci serait de, voir justement comment nous pourrons accompagner à la mise en œuvre de ces objectifs. Dans un pays comme la Côte d’Ivoire avec des actions de plaidoyers, des actions pilotes à travers des conseils et des financements.

Cela étant dit, bien sûr, nous sommes aux côtés aussi des autorités et de tous les Ivoiriens et de toutes les Ivoiriennes pour faire en sorte que ce processus électoral qui aura lieu d’ici la fin de l’année, se passe dans de meilleures conditions possibles et nous sommes aussi aux côtés des autorités pour essayer de sortir de cette crise le plus rapidement possible.

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