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« Le peuple ivoirien est pris en otage » : Interview d’un proche d’Alphonse Soro

« Le peuple ivoirien est pris en otage » : Interview d’un proche d’Alphonse Soro
« Le peuple ivoirien est pris en otage » : Interview d’un proche d’Alphonse Soro

Dans cet entretien qu’il nous a accordé il y a environ une semaine, le secrétaire national à l’implantation de l’Alliance nationale pour le changement, Jirat Bénié Zongo, assure que Générations et peuples solidaires, le mouvement que dirige Guillaume Soro, est loin d’avoir abdiqué face au régime d’Alassane Ouattara.

Après la crise que la Côte d’Ivoire a connue récemment, on a l’impression que les militants de votre mouvement, GPS, sont tous apeurés, terrifiés et terrés pour la plupart. Quand est-il à l’ANC ?

La réponse à cette question se fera sous plusieurs plans. Dans un premier temps, sur l’exil forcé de notre président, Guillaume Soro. Tous les Ivoiriens, tous les hommes politiques, le savent : le peuple ivoirien est pris en otage au niveau de la démocratie. Nous sommes en face d’un régime qui n’aime pas la compétition ouverte, qui n’aime pas user de la démocratie dans ses normes, surtout dans le contexte de la liberté d’expression. Lorsque le président Guillaume Soro a décidé de ne plus militer au Rhdp, il a été contraint automatiquement à l’exil.

Et nous avons tous remarqué, lorsqu’Alassane Ouattara a décidé de se présenter, pour soi-disant préserver la cohésion et la paix, c’est totalement le contraire qui s’est produit. Les Ivoiriens, sans aucun mot d’ordre de parti politique, sont descendus dans les rues. Nous avons vu, et malheureusement nous avons constaté ce qui s’est passé dans la crise pré et postélectorale de 2020. Nous sommes dans une logique du pouvoir en place de contraindre les Ivoiriens au parti unique. Nous ne sommes plus dans ce système de parti unique, nous sommes dans une démocratie. Et quand on se dit pays émergent, il faut bien utiliser les moyens de cette démocratie

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Qu’en est-il aujourd’hui de l’état d’esprit réel de vos militants ?

On me parle de militants apeurés, déçus. Je ne fais pas la même analyse. La politique, faut-il le rappeler, est faite de stratégies en vue d’imposer sa vision. Le régime d’Abidjan a cru que nous étions des va-t’en guerre. Pendant qu’ils s’attendaient à la guerre, l’opposition par la voix du président Henri Konan Bédié, a fait un appel pour un dialogue. Cette fois-ci, c’est un dialogue qui inclut des négociations sur le plan international, dans le but de ramener la paix et la quiétude dans le cœur des Ivoiriens.

Nous n’avons pas voulu céder au jeu du Rhdp, mais ça de militants. Les gens, à un moment donné, ont eu peur parce qu’à chaque manifestation, des gens venaient nous intimider avec des couteaux, des machettes, des gourdins, souvent même avec des fusils. Si nos militants n’ont pas répondu, c’est parce que nous n’avons pas lancé de mot d’ordre dans ce sens. Ils sont toujours mobilisés, toujours à l’écoute. D’ailleurs, à ce propos, j’effectue une tournée dans toutes les villes et régions du pays. Et chaque responsable régional de l’ANC fera le point de l’implantation dans sa zone. Si nous finissons cette tounée, nous allons élaborer une nouvelle stratégie.

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En attendant vos mots d’ordre, en face, les gens donnent l’impression d’avoir tourné la page de la présidentielle. Ils préparent maintenant les législatives…

C’est une analyse que nos militants ne doivent pas avoir. Je profite de cette opportunité pour dire que les gens se trompent. Le président Guillaume Soro est un homme de parole, de conviction politique. Face à cette forfaiture du pouvoir Rhdp, il a dit aux Ivoiriens qu’il n’y aurait pas d’élection. Qui peut me dire qu’il y a vraiment eu des élections en Côte d’Ivoire ? Je pense que non, nous savons tous ce qui s’est passé. Comment comprendre que la présidentielle s’est déroulée avec des heurts dans tout le pays sauf dans une seule partie, au Nord ? Les Ivoiriens ont empêché la tenue de cette élection en descen dant dans les rues. Le président Guillaume Soro, pour moi, a tenu parole. Il n’y a pas eu d’élection mais une prise d’otage du pouvoir.

Vous vous préparez donc pour 2025 ? Cette question n’est pas d’actualité au sein de la sorosphère. Nous considérons qu’il y a un vide constitutionnel. L’ensemble des revendications de la plateforme de l’opposition n’a pas été respecté par le pouvoir.

Que faites-vous donc ?

Nous allons continuer à crier notre ras-le-bol, à faire pression au plan l’international. Ne soyez pas surpris qu’on demande à tous les Ivoiriens de descendre dans les rues pour revendiquer un état de droit et le respect de la démocratie. Et cette fois-ci, ce sera une descente dans les rues jusqu’à ce qu’Alassane Ouattara parte du pouvoir.

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Pensez-vous que ça peut marcher cette fois-ci ?

Nous allons adopter de nouvelles stratégies et nous ne devons pas être négatifs. D’ailleurs, toute chose à une fin. Nous allons finir ce que nous avons commencé. Nous avons voulu privilégier la cohésion et la paix en respectant la mémoire des disparus et des prisonniers. Si le pouvoir d’Abidjan continue son jeu trouble, antidémocratique, il aura les Ivoiriens en face. Nous osons croire que le pouvoir, à un moment donné, acceptera d’écouter dans le but de privilégier la paix.

Etes-vous donc en train de dire que rien n’est encore perdu ?

Nous avons plus gagné que perdu. Nous avons gagné parce que ce fut une opportunité pour dévoiler au monde entier qui est vraiment Alassane Ouattara. Le monde ne le connaissait pas vraiment.

Quel sera le niveau d’implication de l’ANC dans redynamisation de GPS ?

En deux ans d’existence, nous sommes présents dans toutes les régions du pays. Nous avons plus de 12 mille membres actifs et nous continuons le lourd travail d’implantation. Nous avons fini l’implantation dans les régions, les départements, nous sommes maintenant au niveau des communes et des villages. Nous irons même dans les campements. Nous aspirons avec GPS à avoir une force politique. J’invite tous nos militants, tous les Ivoiriens, à rester attentif aux prochains mots d’ordre.

Générations Nouvelles