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Interview/ Tournée de remerciements après l’attaque terroriste- Georges Ezaley Philippe, maire de Grand Bassam : « A Bassam on a déjà tué la peur »

En tournée à Grand Bassam, Georges Philippe Ezaley, maire de la ville historique, a bien voulu nous en dire plus sur son périple dans les villages et quartiers.

M le maire quel est le sens de la tournée que vous faites en ce moment à travers les quartiers et villages de votre commune ?
Nous sommes en tournée pour livrer plusieurs messages aux populations. D’abord, nous saisissons l’occasion pour réconforter les populations, parce que ce qui s’est passé est certes localisé, mais cela nous concerne tous. Donc, il faut être avec les populations pour les réconforter, les soutenir dans cette épreuve, leur dire « yako ». En tant qu’institution à qui elles ont confié les rênes de la ville. Ensuite, dans cette épreuve, il y a eu un élan de solidarité nationale et internationale très important. Ces personnalités n’ont pas pu faire le tour de tous les villages et quartiers de Grand Bassam, elles ont laissé des messages, il est bon qu’on transmette également ces messages de compassion, de solidarité qui ont été exprimés par des personnalités de très haut niveau, des chefs d’Etat. Pour que les populations sachent qu’elles n’ont pas été seules. Et puis, on en profite pour leur dire merci parce que Grand Bassam s’est mobilisée, les populations sont restées très dignes, unies. On l’a vu pendant les marches qui ont été organisées, pendant la cérémonie d’hommage. C’est un comportement d’un peuple digne, donc, il faut leur dire merci pour cela. Et le dernier message, c’est le nouveau comportement que nous devons avoir face à cette maladie actuelle qu’est le terrorisme, qui appelle forcement un changement de comportement. Il ne s’agit pas de mettre en veilleuse, notre mode de vie, notre joie de vivre, mais d’être vigilant par rapport aux situations anormales de radicalisation etc. Nous disons donc aux populations que nous sommes à leurs côtés.

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Vous êtes à la cour royale de Moossou, Quelles sont les autres étapes ?
Nous allons visiter tous les villages de Grand Bassam. Une dizaine de villages. On a fait Azurreti, Gbamelé, Mondoukou, on vient de faire Moossou. On continuera avec Perit-paris, Vitré et Vitré 2. Après il faudra faire Ebrah, Modeste, le Quartier France.etc.. Ensuite ça sera au tour des différents quartiers de Grand Bassam. On va aller vers les comités de gestion pour qu’on puisse les rassurer également. En même temps, cette tournée, nous permet de prendre des nouvelles des populations. C’est vrai que ce qui s’est passé a été très anonyme. Nous demandons si nos populations ont connu des blessés, des personnes décédées. Il faut qu’on sache pour que la mairie s’organise pour soutenir ces blessés et les familles des défunts.

Quelle est la situation actuelle des hôteliers et des restaurateurs?
On a travaillé avec les hôteliers. Le mardi avant le Conseil des Ministres tenu à Grand Bassam, nous avons eu une réunion avec les hôteliers pour prendre en compte leurs attentes. C’est ce qui nous a permis de faire une note au Gouvernement pour traduire les attentes des hôteliers en extrapolant évidemment sur les autres corps de métiers que sont les transporteurs, les commerçants, les artisans. Les hôteliers nous disaient qu’ils avaient des réservations pour des jours à venir qui avaient été annulées. Et que juste après ce moment ça sera juin, juillet avec la saison des pluies. Donc, leur saison touristique est finie, donc qu’il faut qu’on les soutienne. L’Etat a fait un effort important en mettant à disposition une somme pour soutenir ces hôteliers. Là-dessus, nous avons eu une rencontre vendredi avec les hôteliers pour qu’ils s’organisent, ;on sait qu’il y a une association des hôteliers, des restaurateurs, mais il faut qu’ils s’organisent pour dire un peu comment ils voient eux-mêmes l’utilisation de ce fonds qui est mis à leur disposition. Il faut qu’on ait des éléments pour qu’une fois ces fonds disponibles, les choses se fassent de manière appropriée. C’est un appui symbolique que l’Etat apporte à ces hôteliers. On a fait la même chose avec les transporteurs pour leur dire qu’il y a un appui qui leur est apporté, de même que les artisans et les commerçants. On leur a dit : comme vous êtes organisé, dites-nous comment on doit procéder. Donc, on attend leur retour en attendant que les formalités administratives soient réglées pour recevoir les sommes qui ont été annoncées par le conseil des ministres. Mais au-delà, il faut montrer au monde entier, à la Côte d’Ivoire que Bassam est fréquentable. C’est surtout ça. On a été heureux de recevoir le démarrage du Sita 2016 chez nous à Grand Bassam, vendredi dernier. Il faut en mémoire même de ceux qui sont tombés, rester debout et on doit continuer pour que ceux qui ont voulu détruire notre mode de vie sachent qu’ils ont échoué. Il y a des choses qui peuvent être faites. Par exemple, il y a l’organisation des séminaires. Ici les hôtels vivent de séminaires. Des séminaires sur 4, 6 mois, peuvent être délocalisés sur Grand Bassam, dans les hôtels de Bassam, même si cela était prévu ailleurs. Mais par solidarité, ces séminaires peuvent être délocalisés à Bassam pour appuyer les efforts déjà amorcés. C’est vrai que nous sommes dans un pays de libre entreprise, de liberté, mais il y a des institutions, des sociétés publiques qui organisent des réunions et des rencontres qu’elles peuvent délocaliser sur Bassam. Quand je regarde les choses actuellement, Bassam est je crois, la ville la plus sécurisée aujourd’hui de Côte d’Ivoire. Donc, il n’y a pas avoir de peur. Au contraire, cette peur, on l’a déjà tué à notre niveau. Il faut emmener les autres à venir à Grand Bassam, surtout pour nos morts ; et pour ces morts là et pour nos blessés, nous avons décidé au dernier conseil municipal de faire réaliser une stèle qui va servir de lieu de mémoire pour qu’on ne les oublie pas.

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Entretien réalisée par Diarrassouba Sory

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