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INTERVIEW / Tano Manizan, maire RDR de Bettié: « D’accord pour le Rhdp, mais le fond du problème demeure »

Tano Manizan Ettienne est le maire Rdr de la ville de Bettié. Dans un entretien qu’il nous a accordé, il a craché ses vérités sur la formation du parti unifié. Il a également évoqué la question de l’alternance et le nouveau visage de la cité de l’Hévéa.

Le président Bédié a décidé depuis le lundi 15 janvier 2016 que le parti unifié va s’appeler Rhdp.

Si c’est le Rhdp, nous sommes d’accord. Mais le problème de fond demeure. C’est-à-dire qui va faire quoi ? Est-ce ce que nous attendons. Désormais les partis politiques sont morts. Mais voyez vous au moment où le Pdci parlait de parti réunifié, il continuait de renforcer ses structures de base. Cela répondait à quoi, c’est cela nos inquiétudes. Si le nouveau parti s’appelle Rhdp, dans ces conditions, il faut aller à des élections pour élire tous les responsables des différentes instances. Il faut également qu’on aille au congrès pour désigner le nouveau président. Si les règles du jeu sont clairement définies, il est évident que nous allons nous mobiliser pour la bonne marche du nouveau parti. Personne ne souhaite se faire avaler. Voici notre problème. Concernant le parti unifié, pour nous qui sommes à la base, nous attendons ce que les responsables vont décider quand à son fonctionnement dans le fond, sinon dans la forme, sous cette dénomination, il n’y a pas de problème. Nous avons réussi à faire passer notre opinion qui consistait à dire non au parti unifié avec pour nom Pdci-Rda.

Vous n’étiez vraiment pas prêts à rejoindre votre ancienne formation politique pour lequel vous étiez très engagé ?

Au Pdci, il faut avoir 80 ans pour être jeune. Et c’est à ce moment qu’on vous écoute. Plus grave, lorsque vous avez des problèmes, personne n’ose vous aider. Pour revenir à mon cas, j’avais des problèmes avec mon délégué départemental Boa Edjampan Thiémélé. J’ai saisi la direction du parti par écrit. Personne ne m’a répondu. Mais lorsqu’il s’agissait de cotiser, je le faisais et de façon régulière.

Mais c’est tout à fait normal les cotisations !

On n’est pas dans un parti pour être payé et on ne cherche pas à être payé. Mais on anime le parti et nous les animateurs, nous sortions notre argent pour son fonctionnement. Mais lorsqu’un membre a des problèmes et que le parti reste indifférent, il est évident qu’on va chercher à déposer nos valises là, où il y a plus d’humanisme et où on peut se sentir heureux.

Vous êtes heureux d’être venu au Rdr ?

Je me sens très heureux. J’ai presque fait 34 ans de militantisme au Pdci-Rda, je n’ai rien eu. Par contre au Rdr, à peine sept mois après mon arrivée, j’ai été élu maire.

À qui la faute si vous n’avez jamais été candidat ?

Qui va te permettre d’être candidat au Pdci ? Ils ont toujours leurs candidats d’avance. Lors de l’élection présidentielle passée, ils ont créé des coordinations comme ce fut le cas dans la zone d’Abengourou. Et ils nous ont imposés des directeurs de campagne qui ne pesaient rien dans la balance, qui n’avaient aucune audience auprès de la population. Mais, puisqu’il s’agissait du Président Alassane Ouattara, nous nous sommes engagés. Je sais quel travail j’ai abattu à Bettié pour que notre candidat ait un bon score.

Le Président Alassane Ouattara est à son deuxième mandat. Comment voyez-vous l’avenir de la Côte d’Ivoire sous son règne ?

Le président est en train de travailler. Nous les Ivoiriens, nous sommes très paresseux. Je travaille depuis 1979 et j’ai constaté que les Ivoiriens en majorité, sont très paresseux. Ils veulent tous être au bureau. Ils ne veulent pas aller sur le terrain. La preuve, nos ingénieurs agronomes qui sont ici, sont dans les bureaux et Ils se contentent d’envoyer les gens sur le terrain. La politique du Président c’est de mettre l’Ivoirien au travail. C’est ce que beaucoup ne comprennent pas. Le Chef de l’Etat aide tous ceux qui veulent travailler. On ne peut pas rester chez soi et espérer que l’argent va venir. L’époque de la facilité est terminée. Et vous verrez que dans les cinq prochaines années, la Côte d’Ivoire sera l’un des pays les plus avancés en Afrique.

Que pensez-vous de la question de l’alternance ?

On parle d’alternance lorsqu’on a les mêmes visions. Mais il ne faut pas faire l’alternance parce que le mot est écrit et que le moment venu, il faut faire la passe à l’autre. On ne peut faire la passe qu’à, celui qui est capable.

Est-ce à dire pour vous qu’il n’y a pas de capables au Pdci ?

Ce n’est pas le parti qui compte. Le président Alassane travaille, mais pas parce qu’il est au Rdr et parce qu’il est dynamique. C’est un technocrate et dispose d’un carnet d’adresse très riche. Mais ce n’est pas parce qu’il est du Rdr qu’il travaille. C’est la même chose au Pdci. Le président Houphouët-Boigny a crée le parti et a posé les fondements du développement de la Côte d’Ivoire. Il l’a réussi parce qu’il avait une vision. Mais ce n’est pas le parti qui lui a donné la vision. Pour revenir à l’alternance, cela ne peut pas se faire tant que nous n’aurons pas les hommes qu’il faut. Même si nous constatons que le Chef de l’Etat à son propre fils biologique qui est tout aussi compétent que son père, avec une vision claire du développement, le peuple décidera en sa faveur. C’est vous dire que ce n’est pas forcément une affaire de parti politique, mais de personnes capables. Dans le passé, certaines personnes suivaient les beaux parleurs, des gens qui haranguaient les foules à travers de beaux discours. Mais maintenant, les ivoiriens ont compris et préfèrent l’action, le concret.

Quel est l’état d’avancement des travaux de construction du pont de Bettié après la pose de la première pierre ?

Il y a avait un bac qui permettait la traversée. Le Président de la République lors de sa campagne électorale a fait la promesse à la population. Les travaux ont effectivement démarré tout comme les deux kms de bitume qu’il a donnés. Grâce au programme présidentiel d’urgence (PPU), des quartiers sont en train d’être électrifiés tout comme l’extension de l’adduction d’eau. Aujourd’hui, les populations sont très heureuses.

Qu’est-ce qui justifient donc les griefs qui avaient été formulés contre vous par certains de vos administrés ?

Lorsque j’ai été élu, mes adversaires n’ont pas digéré cela. Quant ils m’ont vu en train de travailler, ils ont actionné leurs réseaux. A mon arrivée, j’ai équipé la salle des fêtes et réhabilité entièrement la mairie. Le foyer des jeunes a été équipé également. J’ai construis trois salles de classe pour achever le Lycée Nanan Adepra. J’ai procédé à l’ouverture de certaines voies. J’ai fais la clôture de l’hôpital général qui était très exposé. Il y a eu aussi l’opération de 1600 permis de conduire livrés aux jeunes à mon actif. Sans oublier les réalisations qui sont entrain d’être faites par le chef de l’Etat dérangent beaucoup certaines personnes.

Réalisée par Ernest Famin

abidjan.net

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