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IB avant sa mort : « je suis tombé dans un piège de mes compagnons d’armes, mais aussi du Burkina et de la France »

IB avant sa mort : « je suis tombé dans un piège de mes compagnons d’armes, mais aussi du Burkina et de la France »
IB avant sa mort : « je suis tombé dans un piège de mes compagnons d’armes, mais aussi du Burkina et de la France »

Vincent Duhem, journaliste à Jeune Afrique, revient sur le duel sanglant entre Soro et IB deux éléments incontournables de la rébellion ivoirienne.

Duel sanglant. Après l’échec, en janvier 2001, du complot de la « Mercedes noire » visant à destituer Gbagbo, le sergent-chef IB s’est exilé au Burkina Faso, où il bénéficie du statut de réfugié politique et d’où il prépare le putsch de septembre 2002. Il y demeurera après le début d’une rébellion dont il était l’homme-orchestre, chargé notamment du réapprovisionnement en armes et en munitions.

Toutes les semaines, Ibrahim Coulibaly, Guillaume Soro et les chefs militaires se retrouvent à la frontière pour un point opérationnel. Très vite, le premier se sent concurrencé par le second et, quand les premières tractations politiques commencent quelques mois plus tard, ce n’est pas l’ex-garde du corps mais l’ancien leader estudiantin qui s’impose comme l’interlocuteur principal. Moins enclin à la négociation, IB voit ses relations avec le Burkina se dégrader. L’homme de Séguéla devient gênant.

IB dira être tombé dans un piège tendu par ses compagnons d’armes, mais aussi par le Burkina et la France

En août 2003, il sera arrêté à Paris, où il séjournait depuis plusieurs semaines. Soupçonné d’avoir participé à un complot en vue d’assassiner Laurent Gbagbo, il sera finalement libéré après vingt et un jours de détention. Plus tard, IB dira être tombé dans un piège tendu par ses compagnons d’armes, mais aussi par le Burkina et la France.

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« Après les premiers accords de paix, nous avions décidé de structurer notre mouvement, se souvient un ancien cadre de la rébellion. IB devait devenir le chef d’état-major de la branche militaire, et Soro prendre la tête de l’aile politique. Mais quelques jours avant son arrestation, IB avait proposé de transformer les FN en un mouvement politique dont il deviendrait le président. L’idée a été refusée. » Cet épisode parisien marque le début d’un duel sanglant entre les deux têtes du mouvement.

Désormais, on se regarde en chiens de faïence, et toujours l’arme à la main. Le 8 février 2004, Adama Coulibaly, un pro-IB chargé de la zone sud de Korhogo, est abattu de plusieurs balles. Le 20 juin, deux camps militaires de cette même ville et un convoi de Guillaume Soro sont attaqués par des hommes lourdement armés. S’ensuivent de terribles affrontements entre les hommes de Soro et ceux d’IB à Bouaké et à Korhogo.

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L’un des principaux soutiens d’IB, le caporal Kassoum Bamba, dit « Kass », est tué. Son corps calciné est mutilé. Plusieurs semaines plus tard, la mission des Nations unies déployée dans le pays découvrira trois charniers à Korhogo, contenant au moins 99 corps. L’ONU pointera ensuite la responsabilité de Martin Kouakou Fofié, responsable des FN dans la zone, et le placera sous sanctions.

Après la chute de Gbagbo, le 11 avril, il refuse de déposer les armes. Avec ses hommes, il règne sur le quartier PK 18, dans la commune d’Abobo. Il a établi sa résidence dans une cité appelée « Coccinelle ». Certains de ses soldats assurent la sécurité de grandes usines de la zone industrielle voisine. Il est frustré, estimant que son travail n’a pas été reconnu à sa juste valeur.

Le 22 avril, sous pression de la communauté internationale, Ouattara demande aux Fanci de « le désarmer par la force s’il le faut».

Autoproclamé « Général trois étoiles », il réclame une « part du gâteau ». « J’ai lutté pendant dix ans pour revenir dans mon pays. C’est fini, je ne bouge pas», s’exclame-t-il devant les caméras de télévision. Plusieurs médiations sont alors entamées. Des chefs religieux musulmans sont impliqués, sans succès. IB s’entretiendra même plusieurs fois
avec Alassane Ouattara, exigeant, avant de désarmer, d’être nommé chef d’état-major. « Tu n’as pas le grade requis », rétorque le chef de l’État. « J’ai battu tous vos généraux sur le terrain », argumente IB.

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Le 22 avril, sous pression de la communauté internationale, Ouattara demande aux nouvelles Forces armées nationales de Côte d’Ivoire (Fanci) de « le désarmer par la force s’il le faut».

Source: Yeclo

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