Home Politique Guerre Affi-Gbagbo et Bédié- Affi : comment Ouattara en sort vainqueur

Guerre Affi-Gbagbo et Bédié- Affi : comment Ouattara en sort vainqueur

Guerre Affi-Gbagbo et Bédié- Affi : comment Ouattara en sort vainqueur
Guerre Affi-Gbagbo et Bédié- Affi : comment Ouattara en sort vainqueur

Il faut reconnaître à César ce qui est à César. Ouattara est le grand vainqueur de cette cacophonie politique entre Gbagbo-Affi et entre Bédié-Affi.

Nous devons une fière chandelle à Alassane Ouattara. Les visites des leaders politiques ivoiriens chez lui ont pris l’allure de la proclamation des résultats d’examens ou de concours. Les admis à cette épreuve sont dans une joie indicible depuis leurs états-majors politiques jusqu’aux militants et sympathisants qui crient et rient à gorge déployée.

Et là, il faut reconnaître à César ce qui est à César. « ADO pissanci, a mangni dêh! » dans des mises en scène théâtralisées qui prennent au piège ses adversaires. Il a fait arrêter, le 11 avril 2011, et déporter Laurent Gbagbo à La Haye. Quand après presque dix ans de procès à la CPI, l’ancien président de la République, acquitté, est rentré, le 17 juin 2021, il est allé le rencontrer, le 27 juillet, sous les hourras de ses partisans.

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Ouattara a ainsi transformé, à moindre frais, sa cinglante défaite judiciaire en victoire politique, sous les caméras du monde entier. Et ayant plus d’un tour dans son sac, il a semé le chemin de son prédécesseur d’embûches judiciaires.

À l’issue de la présidentielle du 31 octobre 2020, il a fait arrêter des membres de la direction du PDCI-RDA et mis sous résidence surveillée Henri Konan Bédié, son ancien allié. Le 11 novembre, leur rencontre à l’hôtel du Golf a été abondamment commentée, à la grande joie des militants de l’ex-parti unique.

Les Affidés ne sont pas en reste. Alors que le porte-parole de l’Opposition, que Pascal Affi N’Guessan a été, est sorti de prison sous contrôle judiciaire, il a été, à Accra, aux obsèques de Jerry Rawlings, dans le Gruman présidentiel.

Et ce jeudi 28 octobre 2021, un an après la contestation de la candidature de Ouattara à la présidentielle, Affi a aussi rencontré, sous les acclamations de ses supporters, le chef de l’État contesté. C’est un rencontre millimétrée après le clash au FPI. Et alors, de part et d’autre et en relative position de faiblesse, l’opposition a acquis le rétropédalage sur des sujets qui fâchent: vainqueur de la présidentielle de 2010 et troisième mandat « anticonstitutionnel et illégal ». C’est table rase.

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Tous ces opposants donc ont parlé, avec le chef de l’État, des affaires de la République sans aborder officiellement les questions de fond au point que ces audiences autorisent des observations.
D’un, après le semblant d’unité à l’occasion de la présidentielle d’octobre dernier, l’opposition ivoirienne évolue désormais en ordre dispersé. Emiettée, elle s’est installée dans le sauve-qui-peut; chacun voulant tirer la couverture à soi.

De deux, les crises de leadership, entraînant des querelles intestines, font que l’opposition ivoirienne s’oppose ouvertement à l’opposition. Gbagbo et Affi sont devenus, chacun à la tête de leur parti, des adversaires déterminés à en découdre. Bédié, qui a brièvement cheminé avec Affi, l’a lâché. Et ce concert de sons discordants est du pain béni pour le pouvoir manifestement en roue libre.

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Conséquence: les contentieux qui sont à l’origine de nos troubles électoraux (transparence des scrutins, découpages électoraux, indépendance de la CEI), les états généraux de la République pour les uns et le dialogue inclusif pour les autres, afin de débattre des problèmes ivoiriens, sont noyés, à défaut d’être ouvertement arborés.

Et alors que l’opposition est ainsi à hue et à dua, Alassane Ouattara, qui tire habilement les ficelles, est le grand vainqueur de cette cacophonie politique. Il libère les comptes gelés et les prisonniers politiques au compte-gouttes, et réintègre les fonctionnaires rentrés d’exil selon un agenda propre à lui. Et tout va …bien.

Source: yeclo

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