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Génocide des Wê: les victimes de Duékoué écrivent au nouveau Procureur de la CPI

Génocide des Wê: les victimes de Duékoué écrivent au nouveau Procureur de la CPI
Génocide des Wê: les victimes de Duékoué écrivent au nouveau Procureur de la CPI

Le 5 Décembre 2011, à la Cour pénale internationale, à la juge –présidente GURMENDI qui lui fit la remarque que la langue nationale de son pays est le français, Laurent GBAGBO répondit : ‘’oui, je ne parle que le français, malheureusement’’. Ce mot ‘’malheureusement’’ traduisait, à notre sens, le poids insupportable de toutes ces innombrables peines éprouvées par le gouvernement et l’ensemble des patriotes ivoiriens pour se libérer, tant au niveau politique et diplomatique, des liens du vaste complot ourdi en 2002 par la France de monsieur Jacques CHIRAC via une rébellion sauvage et toute la communauté internationale braquée contre le président ivoirien et son peuple.

Cela dit d’entrée, les victimes de Duékoué (Carrefour & Nahibly), seraient reconnaissantes à toute intelligence ou à toute personne qui voudrait bien transcrire en anglais la présente lettre ouverte au tout nouveau procureur de la Cour pénale internationale et qui la lui ferait parvenir.

Monsieur le Procureur de la Cour pénale internationale,

En Novembre 2011, la Cour pénale internationale a fait déporter monsieur Laurent GBAGBO. Sept mois auparavant, c’est-à-dire le 11 Avril 2011, monsieur GBAGBO a été arrêté par l’armée française qui avait bombardé sa résidence pendant onze longs jours. Et c’est seulement après l’avoir livré aux rebelles et leurs mercenaires de la sous-région ouest africaine que des chefs d’accusation ont été planifiés maladroitement, mais alors très maladroitement contre lui !

En ce sens que pour une rébellion sauvage qui a sévi en créant horreur (décapitations de bébés, éventrements de femmes enceintes, brûlés vifs, crimes rituels, ….) et désolation neuf ans durant, sur la base très discutable (pour ne pas dire fausse) de l’ethnie et de la religion, bref, une rébellion dont les méthodes de crimes de masse n’ont rien à envier à Boko Haram ou l’Etat Islamique, la France a pris fait et cause contre le président démocratiquement élu, monsieur Laurent GBAGBO.

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Ainsi, en choisissant les lieux et les événements malgré les milliers de massacres de la rébellion sur neuf ans et partout en Côte d’Ivoire, monsieur Laurent GBAGBO, sans honte ou sans gêne, a été accusé par la France, les rebelles et vos deux prédécesseurs, monsieur OCAMPO et madame BENSOUDA, de crimes contre l’humanité dans seulement trois quartiers d’Abidjan : Abobo, Cocody et Yopougon. Rappelons en passant, s’agissant des sept femmes d’Abobo ‘’bombardées et mortes sur ordre de monsieur GBAGBO’’, une d’entre elles a ‘’ressuscité’’ et est même venue témoigner à La Haye, il y a quatre ans !

Monsieur le Procureur de la Cour pénale internationale,

Comment dans un monde dit moderne, peut-on se moquer de la justice internationale à ce point, par une comédie ou par une farce qui est tout aussi ridicule que ses initiateurs, mais surtout une comédie ou une farce qui entache et salit gravement la Cour pénale internationale ? Que penser ou faire de tous ces innombrables faux témoignages lors de ce procès, dont celui où le témoin ne connaît même pas le nom de son village et cherche ce nom à travers des notes à lui glissées par ses mandants ? N’est-ce pas là, la preuve manifeste d’un grossier complot ?

Monsieur le Procureur de la Cour pénale internationale,

Le but de la présente lettre ouverte est d’en appeler à votre autorité pour voler au secours des victimes, ces vraies victimes voulues et royalement ignorées par la France que nous sommes.

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Monsieur le Procureur de la Cour pénale internationale,

S’il est vrai que nous sommes de Duékoué et que nous revendiquons d’avoir payé le plus lourd tribut des atrocités de la rébellion et de la France sur plus de dix ans, nous n’oublions pas tous ces autres milliers de massacrés des autres régions de la Côte d’Ivoire que la France, ce prétendu grand défenseur des droits de l’Homme, n’a jamais plaints ! Plus grave, la France elle-même, prenant la défense de la rébellion, a bombardé et fait plusieurs centaines de morts ici en Côte d’Ivoire : d’abord en Novembre 2004, à l’hôtel Ivoire d’Abidjan et dans toutes les villes du pays que son armée criminelle a traversées pour se rassembler à cet hôtel.

L’armée française y a réussi le macabre exploit d’exploser par balle la tête d’un gamin et d’arracher le cœur à une fillette ! En Mars et Avril 2011, ce sont des familles entières de militaires qui ont été bombardées encore par l’aviation militaire française ; toujours dans le même registre, cette armée française a fait périr par ses bombes des milliers de jeunes patriotes rassemblés en bouclier autour du président légalement élu de Côte d’Ivoire, monsieur Laurent GBAGBO.

Monsieur le Procureur de la Cour pénale internationale,

Outre ces injustices, dans nos villages, quartiers et villes de victimes meurtries, nos bourreaux sont encore là, vivant dans une impunité totale, nous narguant et poussant l’insulte jusqu’à vouloir racheter nos terres où se dressent encore les ruines de nos cases ou maisons que ces mêmes bourreaux avaient incendiées ou bombardées en 2011. Monsieur le Procureur, veuillez visiter seulement l’ouest de la Côte d’Ivoire, au pays Wê, pour vous rendre compte de la profondeur de nos dires. Que de crimes de masse partout commis ici à l’ouest depuis 2002, jusqu’à plus récemment en Décembre 2020 Guézon (Duékoué), toujours sans la moindre enquête alors que les bourreaux sont connus et se pavanent librement !

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Monsieur le Procureur de la Cour pénale internationale,

Les victimes de Duékoué (Carrefour & Nahibly), les patriotes et le peuple de Côte d’Ivoire vous font confiance et attendent patiemment que justice leur soit rendue, après un procès partiel et tellement partial qui ne grandit pas la C.P.I. devant le jugement de l’Humanité et devant l’Histoire.

Enfin, monsieur le Procureur de la Cour pénale internationale,

Vous conviendrez avec nous que l’expression ‘’trois mille (3 000) morts suite à la crise postélectorale’’ en 2011 en Côte d’Ivoire, relève du politiquement correct voulu par la classe politique, la diplomatie et les médias français. Juste un chiffre pour minimiser l’ampleur des dégâts et de l’horreur. Rappelons que cette guerre sauvage de 2011 a été voulue par la France et ses obligés en lieu et place d’un recomptage pacifique des bulletins de votes. Un recomptage qui n’a finalement et malheureusement pas pu avoir lieu à la Cour pénale internationale, ce sanctuaire de vérité et de justice. L’Histoire retiendra.

Respectueuses salutations, monsieur le Procureur !

P.S. Gratitude et reconnaissance à quiconque traduit ce texte en anglais au nouveau procureur de la Cour pénale internationale.

Pour le collectif des victimes de Duékoué (Carrefour & Nahibly) :

Emmanuel Caleb,

le 26/10/2021.

 

ivoirebusiness

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