Home Politique Émergence 2020: Les vérités crues sur les failles de la gouvernance Ouattara...

Émergence 2020: Les vérités crues sur les failles de la gouvernance Ouattara étalées…

Émergence 2020: Les vérités crues sur les failles de la gouvernance Ouattara étalées...
Émergence 2020: Les vérités crues sur les failles de la gouvernance Ouattara étalées...

Du rêve de l’émergence promis aux Ivoiriens à l’horizon 2020 par l’actuel chef d’état, Alassane Ouattara, le constat est à la stagnation plus de 10 ans après l’accession aux affaires du technocrate de Bretton Woods.

En dépit d’un niveau de croissance soutenu, l’économie Ivoirienne est globalement jugée comme étant exclusive au vu du taux de pauvreté qui demeure alarmant. Les investissements réalisés dans les secteurs de l’électricité, de l’eau et de la santé, n’ont produit que des résultats en pointillés.

Les délestages demeurent d’actualité, de nombreux quartiers d’Abidjan souffrent cruellement du manque d’adduction d’eau, et les scandales se multiplient dans les hôpitaux. Profitant de la trêve de la Fête de Pentecôte ce Lundi 24 Mai, le premier magistrat de la commune de Songon, Eric Nkoumo Mobio, a ressorti dans une contribution intitulée ‘’3 Vérités, 3 constats et une conclusion ‘’ les failles de la gouvernance Ouattara.

Selon l’édile, les prouesses réussies par le régime en place se justifient par trois facteurs convergents qui relèvent des actifs de ses prédécesseurs : ‘’Vérité N°1 :

Il y a eu une réduction massive de dettes de l’ordre de 4000 Milliards fcfa en 2012, grâce aux sacrifices des ivoiriens sur les 15 années précédentes, permettant à la Côte d’Ivoire de retrouver une forte capacité d’endettement, dans un pays où tout était à refaire suite à la crise de près de 10 ans. 

Vérité N°2 :

Le régime RDR a pu réaliser de 2012 à 2015 une performance macro-économique assez proche des objectifs du plan national de développement (PND) devant s’achever en 2015 grâce à 2 éléments essentiels : 

1. Le PDCI-RDA lui a prêté ses compétences et mis son poids politique à son service;

2. Un investissement public massif, qui a pu se faire en raison de la disponibilité d’études techniques faites sous les régimes précédents profitant du calme ambiant d’un pays anesthésié par une crise qui a traumatisé tous les Ivoiriens. 

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Vérité N°3 :Pour atteindre l’objectif de rayonnement de la Cote d’Ivoire en 2040, le PND de la période 2016 à 2020 avait une stratégie axée sur : 

– le renforcement de la qualité des institutions et de la gouvernance, 

– l’accélération du développement du capital humain et du bien être social, 

– l’accélération de la transformation structurelle de l’économie par l’industrialisation et le développement des infrastructures harmonieusement réparties sur le territoire national et l’environnement. 

Ce PND prévoyait un pays émergent en 2020 en se basant sur un scénario de rayonnement de la Côte d’Ivoire. 

Ces éléments favorables prévoyaient, explique-t-il, un ‘’Scénario de rayonnement de la Côte-d’Ivoire’’ à l’horizon 2040, selon lequel, ‘’la Côte d’Ivoire est une puissance industrielle, appuyée sur une puissance éducative. S’inspirant de l’expérience de certains pays émergents, un nouveau dispositif éducatif est bâti à partir de la recherche scientifique et l’innovation technologique. Le processus de production des élites privilégie le savoir-faire et le savoir- être. La nouvelle orientation de l’éducation facilite la reconversion des mentalités et favorise, d’une part, la promotion de valeurs ancestrales de travail, de courage, d’endurance et d’héroïsme, et d’autre part, la valorisation de la compétition et du mérite dans l’accès aux positions institutionnelles les plus élevées. L’Ivoirien nouveau est né.

L’économie ivoirienne est devenue très performante, ouverte et exportatrice de produits à haute valeur ajoutée. Le pays exporte également des connaissances scientifiques et techniques. Cette dynamique économique associée aux mesures prises en matière d’aménagement du territoire et de décentralisation donne des résultats largement satisfaisants : les territoires ivoiriens sont attractifs et compétitifs. 

Les efforts poursuivis dans le domaine de la gouvernance se traduisent par l’enracinement de la culture démocratique propre à un Etat de droit et au renforcement de la cohésion sociale, dans un contexte socio-politique marqué par le consensus national. Les populations ivoiriennes bénéficient d’un cadre de vie nettement amélioré et d’un environnement naturel restauré. Désormais, l’Etat de Côte d’Ivoire fait partie du cercle vertueux des Etats promoteurs de la bonne gouvernance, de la protection de l’environnement et de l’amélioration du cadre de vie. La Côte d’Ivoire est la locomotive de l’Ouest africain, exploite son potentiel et impose son rayonnement au double plan continental et mondial’’.

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Cependant, constate Eric Nkoumo Mobio, : ‘’Nous ne sommes pas arrivés, bien évidemment, à l’émergence en 2020, et la route qu’on emprunte nous conduit plutôt vers un scénario de déclin de la Côte d’Ivoire en 2040…L’embellie économique n’induit aucune transformation majeure du système Côte d’Ivoire. Les processus politiques, se traduisant entre autres par des élections heurtées, le blocage des réformes institutionnelles, l’échec de la réconciliation nationale et le clientélisme politique, limitent les performances économiques, le progrès social et la construction d’une vision partagée et solidaire de la Nation… Les antagonismes ethniques et religieux, la montée en puissance de groupes criminels et terroristes, insérés dans des réseaux de trafics de drogue et d’armes bloquent la construction d’un espace régional pacifié. La réflexion insuffisante sur les conditions de développement des ressources humaines inscrit les secteurs prioritaires de la santé, de l’éducation et de la promotion de la femme dans un cycle régressif. L’aménagement du territoire n’obéit plus à la dynamique de l’unité et de la solidarité nationales. L’environnement et le cadre de vie sont tout aussi lourdement pénalisés par la discontinuité des politiques publiques. Le pays est exposé à toutes les aventures. 

Constat N°2 :

C’est un euphémisme de dire que la qualité des institutions et de la gouvernance s’est dégradée. Ce n’est pas la peine non plus d’épiloguer sur l’état du capital humain. Pour avoir un tissu industriel efficient il faut déjà avoir une énergie disponible. 

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Et la répartition harmonieuse des infrastructures est une vue de l’esprit… 

A partir de 2016 et de l’annonce de la fin de l’alliance PDCI-RDR, le régime en place a abandonné ce PND. Il a orienté toute son énergie et les moyens de l’état à casser les partis d’oppositions et enrôler, au besoin, manu militari, tous les acteurs nationaux lui permettant de faire main basse sur l’ensemble des pouvoirs en 2020. 

À fin 2020, le taux de croissance du PIB est tombé à 1,8% contre 8% attendu à l’issue de ce Plan. L’endettement est massif et proche des 50% du PIB contre 34% environ en 2012. Le coût de cette dette oscille entre 5,5% et 6% avec un remplacement progressif de la dette à taux concessionnel par une dette de marché, exposée au risque de change. Le déficit budgétaire est à plus de 5% en 2020 contre la norme Uemoa de 3% maximum.

L’inflation est à un peu plus de 3%. 

Constat N°3 :

Le cadre économique global devient intenable, ruinant tous les efforts consentis par les ivoiriens lors des PPTE, et aucun des objectifs sensibles macroéconomiques, structurels et institutionnels du Plan n’est atteint’’. ‘’Pour 2021’’ déplore-t-il, ‘’en attendant l’adoption d’un nouveau PND, nos gouvernants nous ont sorti un catalogue d’actions, sans grandes cohérences et synergies. Le régime RHDP est en panne d’idées, de stratégies et de moyens. Le sommet récent en France pour la relance des économies africaines semble être sa seule lueur d’espoir et son puits à idées. Il est donc plus que temps que ce régime arrête la fuite en avant’’.

Réaliste et tangible, cette contribution du Maire de Songon, membre du PDCI-RDA, interpelle l’ensemble de la communauté nationale sur les défaillances du système actuel dont le bilan en Termes de développement laisse à désirer.

Raoul Mobio

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