Home Politique Discours du 06 Août : Ce que les Ivoiriens attendent d’Alassane Ouattara

Discours du 06 Août : Ce que les Ivoiriens attendent d’Alassane Ouattara

Discours du 06 Août : Ce que les Ivoiriens attendent d'Alassane Ouattara
Discours du 06 Août : Ce que les Ivoiriens attendent d'Alassane Ouattara

Ce Vendredi 06 Août, à quelques heures de l’adresse du chef de l’état Ivoirien, Alassane Ouattara à la Nation, à la veille de la fête nationale d’indépendance, les Ivoiriens retiennent leur souffle.

Plus que le discours de l’an dernier qui, l’on s’en souvient, avait été le point de départ de la crise électorale du 3ème mandat, le discours d’Alassane Ouattara, ce 06 Août 2021, les Ivoiriens seront mobilisés devant leurs petits écrans pour suivre ce discours, qui peut, contrairement à celui de 2020, marquer remettre véritablement la réconciliation nationale sur les rails.

De grandes annonces sont attendues par le chef de l’État. Après sa rencontre du 27 Juillet avec son prédécesseur et adversaire de la crise postélectorale de 2010-2011, Laurent Gbagbo, les spéculations ont enflé ces derniers jours sur les concessions que le dirigeant Ivoirien serait prêt à faire pour rassurer une opposition encore méfiante.

Des personnalités politiques, et non des moindres sont encore coincées en exil. Parmi ces dernières, l’ex chef du parlement, Guillaume Soro, dont le nom revient de façon récurrente dans les plaidoyers en faveur de la décrispation.

Les poursuites judiciaires contre les opposants se sont intensifiées avec la condamnation à de lourdes peines de figures de proue de Générations et Peuples Solidaires (GPS), à la tête desquelles, Guillaume Soro lui-même, qui écopait le 23 Juin dernier, de la perpétuité.

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Même pour ceux qui ont pu rentrer, à l’instar des principaux responsables de la tendance pro-Gbagbo du Front Populaire Ivoirien (FPI), les condamnations prononcées par la justice Ivoirienne sont toujours en vigueur. Laurent Gbagbo lui-même, croule sous une peine de 20 ans de prison ferme, dont on ne parle étrangement pas.

De nombreux prisonniers politiques et militaires moisissent encore en détention, dont certains depuis 2011. Bref, la situation politique est ubuesque. Et seul, le chef de l’état peut décanter le processus de réconciliation comme le lui signifiait déjà Laurent Gbagbo, lors de leur échange avec la presse au sortir de leur entretien du 27 Juillet.

Ce Mercredi 04 Août, à la suite de son nouvel allié frontiste, le président du PDCI-RDA, Henri Konan Bédié rappelait à l’actuel président de la république, des points clés à prendre en compte à la faveur de cette fête nationale. Entre autres :  » Sur l’environnement Politique :

La libération des prisonniers politiques, civils et militaires de la période 2010 à 2020

Le retour sécurisé de tous les exilés

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La cessation des poursuites judiciaires dont font l’objet les militants de l’opposition suite aux crises politiques de 2010 à 2020

La poursuite des discussions à un haut niveau entre les présidents Henri Konan Bédié, Laurent Gbagbo et Alassane Ouattara

L’organisation des Assises Nationales pour la Paix et la Réconciliation

L’engagement ferme de la classe politique à poser des actions de nature à créer un climat sociopolitique apaisé, adossé à une charte de bonne conduite

La mise en place d’un projet de repentance pour l’ensemble de la classe politique ,

La mise en place d’un système de justice et de réparation pour les victimes.

Il. Sur l’environnement électoral :

L’amélioration du découpage électoral en préservant les acquis ,

L’audit de la liste électorale, à l’instar de ce qui s’est fait au Burkina Faso et en Guinée

En plus de ces points de convergence non mis en oeuvre, les points suivants peuvent être abordés .

Ill. Au plan de l’environnement socio-politique

L’élargissement du cadre du dialogue politique à tous les acteurs politiques significatifs, notamment le Premier Ministre Guillaume SORO

Les questions de sécurité et d’intégrité territoriale (incursions terroristes au Nord du pays, l’orpaillage clandestin, le phénomène des microbes, la question des milices privées et des dozos) ,

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La question de la maîtrise de l’immigration et ses corollaires (conflits communautaires, fraude sur la nationalité ivoirienne, la pression sur le foncier rural) ,

La question des libertés publiques (liberté de manifestations pacifiques, liberté d’expression et d’opinion) ;

L’indépendance de la justice

La question du mode de révision de la Constitution (adoption par référendum, exclusivement) ,

Les entraves au libre fonctionnement des partis politiques (le non-paiement de la subvention de l’Etat depuis deux ans, la pression exercée sur les cadres des partis de l’opposition pour les obliger à adhérer au parti au pouvoir);

-La question de la Carte Nationale d’identité (coût, inscription des noms du père et de la mère, facilite de délivrance).

Au plan de l’environnement des élections

La mise en place d’un organe électoral indépendant et impartial, selon les normes internationales ,

L’instauration d’un système d’inscription sur la liste électorale de façon permanente ,

La question de la sécurisation des opérations électorales pour garantir leur sincérité (violence électorale, destruction d’urnes et intimidation des électeurs) ».

Alassane Ouattara aura les épaules bien lourdes, car se présente à lui, encore une fois, une occasion inédite de se rattraper devant l’histoire. Mais, à quel prix ?

Raoul Mobio

 

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