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Dialogue politique, nouveau Parlement, nouveau Gouvernement… : Plus que des discours, des actes concrets attendus !

Dialogue politique, nouveau Parlement, nouveau Gouvernement… : Plus que des discours, des actes concrets attendus !
Dialogue politique, nouveau Parlement, nouveau Gouvernement… : Plus que des discours, des actes concrets attendus !

Si la fin de 2020 a donné de la frayeur à la Côte d’Ivoire avec les événements liés aux manifestations de contestation du troisième mandat du président Alassane Ouattara qui ont fait 85 morts selon le pouvoir et 100 selon l’opposition, le début de l’année 2021 semble à contrario montrer des signaux positifs quant à des lendemains meilleurs sur l’échiquier politique national.

Quelques-uns de ces signaux positifs : Le premier signal, c’est la suite du dialogue politique initié le 11 novembre par les présidents Alassane Ouattara et son aîné Aimé Henri Konan Bédié au Golf Hôtel. Et poursuivi avec succès par l’ex-Premier ministre Hamed Bakayoko avant sa soudaine et affligeante disparition le 10 mars des suites, selon un communiqué de la présidence de la République, d’un cancer.

C’est ce dialogue politique qui a créé les conditions d’élections législatives apaisées et inclusives du 6 mars dernier avec la participation, se réjouit le chef de l’Etat, « de tous les partis significatifs de la scène politique ivoirienne ». Il reste à souhaiter que ce dialogue constructif soit maintenu par le régime à travers le Premier ministre Patrick Achi de qui les populations attendent beaucoup en termes de résultats économiques, certes.

Mais aussi et surtout en termes de bons points au plan politique en encourageant l’ouverture, dans le cadre de ce que le président Bédié, quand il était au pouvoir, appelait « la démocratie participative apaisée ». Une démocratie qui se démarque de la règle selon laquelle « la majorité gouverne et l’opposition s’oppose » pour s’ouvrir à toutes les tendances.

Afin que, dans une synergie d’action, pouvoir et opposition apportent, chacun, leur pierre à l’édification de la nation. Et cela, main dans la main. Le deuxième signal positif, ce sont justement ces élections législatives inclusives et apaisées dont nous parlions plus haut, fruit du dialogue politique entre le pouvoir et l’opposition.

La présence de tous les partis significatifs à l’Assemblée nationale augure d’une réelle vitalité du jeu démocratique à travers des débats enrichissants dont jaillira cette vérité qui fasse avancer la Côte d’Ivoire. Car le Parlement, dans son ensemble avec ses deux Chambres que sont l’Assemblée nationale appelée Chambre basse et le Sénat qui est la Chambre haute, ce Parlement, dis-je, doit redorer son blason.

En cessant d’être une simple caisse d’enregistrement des projets de loi de l’Exécutif. Le Parlement doit faire preuve de discernement et d’esprit critique Le Parlement doit, en effet, gagner en noblesse en faisant preuve à la fois de discernement et d’esprit critique. Le tout dans l’intérêt bien compris de la Côte d’Ivoire et des populations qui ont mandaté les Députés et Sénateurs à travers leurs suffrages.

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Ces dernières années, l’on a vu un Parlement qui a excellé dans ses votes mécaniques des lois et dans ses prises de décisions sans aucun recul vis-à-vis de l’action gouvernementale dont il est supposé être le contrepoids. Et cela se fait parfois, hélas, au détriment des intérêts des populations qui n’ont que leurs yeux pour pleurer.

Qui ne se souvient, en effet, de l’histoire du renouvellement de la Carte nationale d’identité (Cni) en 2019 ? Malgré la pauvreté galopante des populations, malgré également toutes les voix qui se sont élevées au sein de l’opposition pour en réclamer la gratuité, le gouvernement a obtenu de l‘Assemblée nationale le renouvellement des Cni à 5000 f.

Puis, poussant l’injustice à son comble, ce même gouvernement trouve des stratagèmes pour financer les cartes de ses partisans à travers les entités décentralisées que sont les mairies et les conseils régionaux Rhdp. Pendant ce temps, les autres Ivoiriens non membres de ce parti doivent se saigner à blanc pour obtenir leur précieux sésame. Et dire que des Députés se sont faits complices d’une telle pratique injuste ! C’est pourquoi il faut espérer que cette législature qui s’ouvre, avec une pluralité record d’opinions divergentes, sera le gage de débats riches et constructifs au bénéfice des populations toutes tendances confondues.

Car, on ne le dira jamais assez, on n’est pas député pour une région, pour un parti politique quand bien même on est élu sous la bannière de ce parti. On est député de la nation une et indivisible, selon la Constitution. Dans son allocution hier à l’ouverture de la première session ordinaire de la 12ème Législature, le président de l’Assemblée nationale, Amadou Soumahoro, a pris des engagements forts au nom de ses collègues.

« L’Assemblée nationale jouera sa pleine partition dans la consolidation de la démocratie et de la cohésion sociale », a-t -il dit. Avant d’ajouter : « Je place mon mandat sous le double signe du travail et du respect de la différence. Je veux faire de l’Assemblée nationale une institution forte ».

Se mettre au service des populations et de l’intérêt général Pour ce qui est de la paix et la cohésion sociale, Amadou Soumahoro fait remarquer : « Le contexte actuel ne devrait accorder aucune place à la haine et à la division. Il est heureux que l’opposition ait saisi la main tendue du président de la République pour renforcer la paix et la cohésion ». Que cette belle profession de foi se ressente dans les prises de positions des Parlementaires.

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Qui doivent cesser d’être des troubadours des régimes dont ils émanent afin de se mettre au service des populations qui les ont élus et de l’intérêt général. Le troisième signal positif, c’est cette ambiance conviviale qui semble régner au sein de la classe politique comme cela s’est ressenti mardi et hier à l’Hémicycle à en croire les propos des uns et des autres. Les différents élus Rhdp interrogés par la Rti1 ont salué la présence des députés de l’opposition et souhaité que cela contribue à animer le débat parlementaire.

« Ce sont des frères qui ont leurs places ici », disent certains. Il faut souhaiter que cet esprit fraternel transparaisse dans les actes et propos tout au long de cette législature et même au-delà. Afin que les débats se déroulent dans une ambiance bon enfant quand bien même ils sont empreints de sincérité et de franchise.

Avec l’ouverture hier de la première session de cette législature, tous les regards sont tournés vers l’Assemblée nationale pour voir à quel type de député l’on aura affaire au cours de ces cinq années. C’est pourquoi, le discours d’orientation du président Amadou Soumahoro était très attendu, lui dont le règne passé a été assimilé par certains à une période de violation des règles de fonctionnement de l’Assemblée nationale.

On se souvient des tiraillements qui ont eu lieu autour de la formation du bureau de l’Assemblée à l’avènement de M Soumahoro en 2019. On se souvient également de tout le juridisme qu’il y a eu avant la tenue de la 45ème session de l’Assemblée parlementaire de la francophonie (Apf) en juillet 2019 en Côte d’Ivoire. Juridisme aussi bien autour de la représentation ivoirienne au sein de cette institution qu’à propos de la succession du président sortant.

Dont le mandat venait à expiration et à qui devait succédait, selon l’article 10.5 des statuts de l’Apf, le premier vice-président de l’Apf qu’était Soro Guillaume à cette époque. Mais cela avait coincidé avec la démission de ce dernier de la présidence de l’Assemblée nationale ivoirienne sous la pression du régime lorsqu’il a refusé d’adhérer au Rhdp parti unifié.

S’inscrire dans cette dynamique de paix et d’ouverture par des actes concrets Au moment où la Côte d’Ivoire cherche ardemment à sortir de la zone de turbulence sociopolitique, il est à souhaiter que chaque acteur s’efforce de poser des actes susceptibles de favoriser cette dynamique d’apaisement et de sortie de crise.

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Les Députés, qui ont déjà donné mardi le signal de la fraternité et d’une bonne cohabitation à l’Hémicycle, sont en droit d’attendre de leur premier responsable qu’il aille dans ce sens comme celui-ci l’a promis hier pour une législature digne d’un Etat de droit qui se veut un pays de dialogue et de paix. Le quatrième signal positif c’est cette bonne nouvelle relative à la confirmation mercredi de l’acquittement du président Laurent Gbagbo et de Charles Blé Goudé par la Cour d’Appel de la Cpi.

A part le président du Collectif des victimes de la crise postélectorale, Issiaka Diaby, qui continue de s’opposer à l’acquittement des deux personnalités et leur retour en Côte d’Ivoire, l’on peut affirmer sans grand risque de se tromper que pour de nombreux Ivoiriens, le retour au pays de Gbagbo et de Blé Goudé ne fait plus l’ombre de la moindre crainte.

Même s’agissant de la condamnation du président Gbagbo par la Justice ivoirienne pour « crime économique », elle ne semble plus être un véritable obstacle à son retour à en croire le président Ouattara pour qui tout cela pourra être examiné en temps opportun. Mais il fallait, selon lui, prioritairement laisser la Cpi aller au terme de son procès. C’est chose faite depuis mercredi.

 Aujourd’hui, ce retour au bercail est davantage souhaité depuis que l’ancien président, dans une interview accordée à TV 5 Monde en octobre 2020, s’est positionné comme un homme de paix et de dialogue. Prêt à composer avec le régime en place pour le retour d’une paix durable ainsi que pour la réconciliation vraie en Côte d’Ivoire. Cette interview a eu le mérite de dissiper toute crainte de voir le retour de Gbagbo être un facteur de trouble dans le pays.

A la lumière de ces signaux positifs et de bien d’autres, il convient d’exhorter les Ivoiriens, toutes obédiences confondues, à s’inscrire résolument dans cette dynamique de paix et d’ouverture qui ne peut que profiter à tous. Sans exclusive. Il faut le faire. Non par des déclarations sans lendemain. Mais par des actes concrets. Et le nouveau gouvernement attendu par tous aura fort à faire sur ce chemin du renforcement de la cohésion sociale et de la réconciliation nationale.

Abel Doualy

source: afriksoir