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Côte d’Ivoire / Retour de Gbagbo : division au sommet de l’Etat, voici les raisons

Côte d’Ivoire / Retour de Gbagbo : division au sommet de l’Etat, voici les raisons
Côte d’Ivoire / Retour de Gbagbo : division au sommet de l’Etat, voici les raisons

Après l’obtention de ses différents passeports (ordinaire et de service), le Président Laurent Gbagbo, libéré par la première chambre de la Cour pénale internationale (CPI), voudrait traduire en acte sa volonté de rentrer dans son pays avant la fin de cette année 2020. La réalisation de ce souhait créé des clivages au sommet.

Désignation d’un président du comité d’organisation en la personne du Dr. Assoa Adou, confection et promotion d’un pagne à l’effigie de l’ancien président ivoirien, remobilisation des bases, etc. Les militants et sympathisants du Front populaire ivoirien (FPI), après l’annonce du retour de leur leader avant fin 2020, avaient nourri l’espoir de terminer l’année dans une ambiance de réjouissance politique. Ils devront patienter, le temps qu’au sommet de l’Etat tout comme au sein du parti au pouvoir, des têtes fortes accordent leur violon.

Deux camps sont opposés au retour ou non du président Laurent Gbagbo avant fin 2020, mais surtout avant que la décision sur le recours en appel de la Procureure Fatou Bensouda n’ait pas encore été rendu. D’un côté le Premier ministre Hamed Bakayoko sous la supervision de qui se déroule en ce moment le dialogue Gouvernement-opposition en vue d’une réforme de la Commission électorale indépendante (CEI) et de l’autre l’aile constituée par le Directeur exécutif du RHDP, Adama Bictogo.

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Le camp opposé au retour du Président Laurent Gbagbo maintenant, selon une source proche du parti au pouvoir, brandit la fragilité de la situation sociopolitique. Il estime qu’il faut d’abord permettre au Président Alassane Ouattara, qui sort d’un processus électoral, affaibli, de reprendre en main la situation, de consolider son pouvoir avant de prendre le risque de faire rentrer un opposant qui bénéficie d’une popularité. Dans cette dynamique, il est aussi mis en avant la « certitude » que fait planer l’opposition sur la « non-reconnaissance » du pouvoir Ouattara, estimant qu’il aurait violé la Constitution pour s’arroger un troisième mandat.

Les opposants au retour de Laurent Gbagbo, à peine le pays sorti de la présidentielle dans une atmosphère délétère, craignent une reprise des hostilités. Ils évoquent en outre, une possible ingérence des Institutions internationales dont les différentes sorties lors du scrutin du 31 octobre ont dû faire sortir le Président Alassane Ouattara de ses gonds. « Vous devez arrêter d’imposer les normes de l’Occident aux Africains. Nous sommes suffisamment majeurs pour gérer nos pays (…) Je crois que ça suffit comme ça », avait lâché le candidat du RHDP à un confrère étranger, à la sortie de son bureau de vote.

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Le débat sur le retour de Laurent Gbagbo ici et maintenant commence à agiter le parti au pouvoir

Toutefois, le Président Alassane Ouattara souffle le chaud et le froid. Interrogé par des Parlementaires français, le 26 novembre dernier, le chef de la Diplomatie française, Jean-Yves Le Drian a déclaré qu’il attendait de lui des actes d’ouverture. « Nous souhaitons qu’en Côte d’Ivoire, les actes d’ouverture et de sérénité puissent se faire. Il y a eu des ouvertures qui ont été faites à l’égard de Monsieur Bédié, des actes d’ouverture à l’égard de Monsieur Gbagbo. Nous souhaitons que Monsieur Ouattara poursuive dans cette logique-là et j’espère qu’elle pourra aboutir à une situation plus sereine dans ce pays ». C’est d’ailleurs dans cette optique que s’inscrit le camp Hamed Bakayoko désigné par Alassane Ouattara pour mener le dialogue avec l’opposition. Le Premier ministre, il faut le noter est directement en contact avec l’ancien président ivoirien. Chaque fois qu’il a l’occasion de rencontrer des collaborateurs de Laurent Gbagbo, Hamed Bakayoko se veut rassurant. Il promet que des dispositions sont en train d’être prises pour faciliter le retour du prédécesseur d’Alassane Ouattara.  

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Au cas où l’ancien Président ivoirien ne foule pas le sol ivoirien fin 2020, une autre question risque de défrayer la chronique dans le premier trimestre de 2021. Laurent Gbagbo sera-t-il de retour en Côte d’Ivoire avant la tenue des législatives auxquelles son parti compte participer ?