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Côte d’Ivoire : Quand Mamadou Koné et Kuibiert-Coulibaly perdent le peu de crédit qu’on leur vouait

Côte d’Ivoire : Quand Mamadou Koné et Kuibiert-Coulibaly perdent le peu de crédit qu’on leur vouait
Côte d’Ivoire : Quand Mamadou Koné et Kuibiert-Coulibaly perdent le peu de crédit qu’on leur vouait

Les réactions ont fusé de partout suite à l’arrêt rendu par le Conseil constitutionnel, dans la soirée du lundi dernier, déterminant la liste définitive des candidats autorisés à compétir pour l’élection présidentielle d’octobre 2020.

« Ma candidature a été rejetée au motif que j’ai recueilli 1 % de parrainage dans 13 régions uniquement sur les 17 requises au minimum, alors que j’ai déposé une liste de 22 régions dans lesquelles j’ai obtenu plus de 1 %, voire 2% dans certaines régions, comme l’attestent les documents que m’a remis la Commission Electorale Indépendante (CEl). Le Président de cette institution, Monsieur Kuibiert-Coulibaly, m’avait pourtant garanti, à l’occasion de notre échange qui a précédé le dépôt de mon dossier auprès du Secrétaire Général de la CEl, « que le code électoral n’ayant pas été mis en conformité avec la nouvelle Constitution, il se contenterait de recevoir les dossiers de candidatures, de veiller à ce que les pièces administratives soient complètes, et laisserait le soin au Conseil Constitutionnel, avec l’assistance technique de la CEl, de vérifier les parrainages. Je m’étonne donc que le Conseil Constitutionnel n’ait reçu que 13 régions au lieu des 22 que j’ai déposées auprès de la CEl, et que je n’ai pas été saisi par l’une ou l’autre de ces deux institutions pour compléter mon dossier, conformément à la procédure arrêtée. Néanmoins, je prends acte de cette décision qui confirme le peu de crédibilité du Conseil Constitutionnel, ainsi que de la Commission Électorale Indépendante, comme j’ai eu à le dire à plusieurs occasions ».

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Propos de Marcel Amon Tanoh, tenu face à la presse, le jour d’après, c’est-à-dire le mardi, en réaction à la décision du Conseil constitutionnel. Jean Blé Guirao, secrétaire général de l’UDPCI, est, lui aussi, monté au créneau pour marquer son étonnement face au sort qui a été réservé au candidat de son parti, Dr Albert Mabri Toikeusse : « (…) Nous sommes surpris et étonnés des allégations mensongères que le Conseil constitutionnel nous a servies ce lundi 14 septembre 2020 (…) La CEI et le Conseil constitutionnel ont fait des acrobaties à géométrie variable sur la base du faux pour ne retenir que les candidats qu’ils voulaient ou que leurs maitres souhaitaient affronter. L’Udpci et toutes les organisations de la plateforme qui soutiennent la candidature de Dr Mabri Toikeusse tiennent pour responsables les membres de la CEI et du Conseil constitutionnel de tout ce qui arrivera à la suite de leurs tripatouillages ».

Affirmations sans ambages du secrétaire général de l’Udpci. Yasmina Ouégnin, députée de Cocody, non plus, elle, n’a gardé le silence. « (…) C’est pourquoi, tout en regrettant les motifs exposés par le Conseil Constitutionnel, je dénonce ouvertement cette violation flagrante de notre Loi fondamentale dont ses membres se rendent complices. Par ailleurs, l’exclusion de personnalités politiques de poids ainsi que la caporalisation des différents organes en charge du processus électoral, finissent par donner plus de relief à cette forfaiture qui, malheureusement, fera date. La validation illégitime de la candidature du Président sortant s’inscrit, assurément, dans une logique de préservation des acquis d’un groupement politique au détriment de l’intérêt général, dont le Président de la République devrait pourtant demeurer le garant. Le contrôle juridictionnel lui a certes été favorable, mais il n’en demeure pas moins que, déjà, le Peuple lui a retiré sa confiance. Je reste persuadée que notre Pays mériterait de voir préservés ces standards démocratiques si douloureusement acquis. Cela ne peut se faire sans un sursaut de toutes ses filles et de tous ses fils qui seront capables de mettre en synergie ressources idoines et actions pacifiques afin de faire barrage à la confiscation de leur souveraineté ».

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Le président Henri Konan Bédié, candidat retenu pour le compte du PDCI-RDA, s’est, lui également, insurgé contre l’arbitraire érigé en règle. « (…) Je dénonce cependant la validation de la candidature inconstitutionnelle de Monsieur Alassane Ouattara et l’exclusion arbitraire et antidémocratique de leaders politiques majeurs, notamment Laurent Gbagbo, Soro Guillaume, Mabri Toikeusse, Mamadou Koulibaly et Amon Tanoh Marcel. Nous devons demeurer en ordre de marche pour l’alternance démocratique en vue de la construction d’une Côte d’Ivoire réconciliée, unie et prospère ». A-t-il indiqué sur son compte tweeter. Pascal Affi N’guessan a de même émis des critiques sur le jugement du Conseil constitutionnel.

La plateforme Eds en a fait de même. Toutes ces réactions et déclarations découlent du sentiment de manque d’objectivité et de transparence dans les actes posés par la Commission électorale et le Conseil constitutionnel. Pour l’image de ces deux institutions clés du processus électoral, l’on a espéré une réaction de leur part pour apporter des éléments de réponse aux critiques portées contre elles. Mais force est de constater que le silence est gardé jusqu’à ce jour. Toute chose qui conforte la position des détracteurs de la Cei et du Conseil constitutionnel qui affirment qu’ils sont très loin d’être des arbitres du processus électoral. Mais bien des bras séculiers du pouvoir en place, c’est-à-dire le RHDP. Déjà, pour sortir la liste de ceux habilités à prendre part à l’élection présidentielle, la partialité de la Cei et du Conseil constitutionnel est mise à nu par certains acteurs du processus électoral.

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Qu’en sera-t-il alors quand viendra le moment de la proclamation des résultats provisoires et de la consolidation des résultats, instant très critique ?  Ce qui est donné de voir et d’entendre, depuis la décision des juges constitutionnels, rendue lundi dernier et qui est sans recours, crédite la position de l’opposition significative qui réclame depuis toujours, la réforme de la CEI et élève des doutes sur l’indépendance du Conseil constitutionnel. La Côte d’Ivoire a été plongée dans des profondeurs abyssales à l’issue de l’élection présidentielle d’octobre 2010. La CEI et le Conseil constitutionnel d’alors ont été des acteurs de cette situation de chaos qu’a connue le pays. L’histoire ne doit pas se répéter.

PAUL KOFFI

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