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Côte d’Ivoire : « Pour une fois, les responsables du RHDP ont reconnu des failles dans leur système » (Journaliste)

Côte d’Ivoire : « Pour une fois, les responsables du RHDP ont reconnu des failles dans leur système » (Journaliste)
Côte d’Ivoire : « Pour une fois, les responsables du RHDP ont reconnu des failles dans leur système » (Journaliste)

« Je suis révolté », a dit Alassane Ouattara devant le Conseil politique du Rassemblement des Houphouëtistes pour la Paix et la Démocratie (RHDP, au pouvoir) ce mardi 17 novembre 2020 à Sofitel Hôtel Ivoire. Le président du parti au pouvoir ne digère pas le mot d’ordre de la désobéissance civile de l’opposition et tout ce qui s’en est suivi.

« Tout le monde savait que l’élection était prévue le 31 octobre 2020. Et cela, dès 2016. D’où vient alors l’idée de la transition? On s’assoit dans son salon et on parle de Transition. », a-t-il pesté. Avant de poursuivre, « Je suis révolté. On ne veut pas voter. On ne vote pas. Mais pourquoi empêcher les autres de voter? ».  Toutefois, le président proclamé vainqueur par le Conseil constitutionnel a l’issue du scrutin du 31 octobre 2020, s’est voulu rassurant pour le dialogue avec l’opposition. « J’ai demandé au premier ministre de reprendre contact avec le FPI et le PDCI. Parce que ce sont les principaux partis avec le RHDP. Nous ne devons pas céder à la division. Le RHDP doit travailler à rassembler la Côte d’Ivoire dans toute sa diversité. ». En souhaitant que l’opposition prenne toute sa place dans le jeu politique.

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 Les membres du Conseil politique ont vivement applaudi leur leader lorsqu’il a touché le cœur du débat actuellement en cours à l’intérieur du parti au pouvoir: l’argent des élections. « Dans 13 départements sur 108 où il n’y a pas eu du tout de vote. On peut dire que ce n’est pas important. Par contre, sur les 13, 10 sont sont au Centre ét au Centre-Ouest. J’ai dit aux coordonnateurs, comment le FPI et le PDCI peuvent manipuler les jeunes dans ces Départements, alors que nous sommes au pouvoir? J’ai dit aux responsables de se rapprocher des jeunes et de leur donner les moyens de faire la politique. Je suis le dossier. ».

 Des voix se sont en effet élevées pour dénoncer le manque de transparence dans la gestion des fonds destinés à la campagne électorale. Plusieurs cyberactivistes du parti au pouvoir, très remontés, ont accusé ouvertement les responsables de leurs partis dans les différentes zones, d’avoir gardé par dévers eux, l’argent des élections.  Que retenir d’autre de cette réunion? L’autosatisfaction et le culte de la personnalité. « Ils peuvent parler, parler, parler, la Côte d’Ivoire vous aime, la sous-région vous aime. », a dit le Directeur exécutif du RHDP, Adama Bictogo, chantant et dansant.

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Avant que Patrick Achi, le Secrétaire général de la Présidence, ministre d’Etat, par ailleurs auteur du projet de société du parti au pouvoir n’assène, « parce que le dialogue est l’arme des forts, vous avez tendu la main. Parce que vous êtes fort, vous avez tendu la main de la paix. Et cette main a été prise. Nous espérons que dans les prochains jours notre pays retrouvera la paix. » Que retenir d’autre encore? Étienne Kobenan Kouassi Adjoumani a, au nom du Conseil politique du RHDP, parlant des troubles, avant, pendant et après les élections, demandé au Gouvernement « de situer dans les meilleurs délais, toutes les responsabilités des auteurs de cette barbarie, dont le dessein était manifestement de plonger notre pays dans une autre crise électorale. ». 

Pour une fois, les responsables du RHDP ont reconnu des failles dans leur système: « Le Conseil Politique, tout en se réjouissant de l’implantation du RHDP sur l’ensemble du territoire national, déplore cependant que les structures à la base ne soient pas suffisamment encadrées et n’aient pas été plus efficacement mises à contribution lors de l’élection présidentielle dans nombre de régions. ».  L’Opposition de son côté multiplie les déclarations pour exiger la libération de ses partisans emprisonnés. Le groupe parlementaire du PDCI dénonce ainsi la détention des députés et sénateurs en dépit de l’immunité dont ils bénéficient.  Le Président du PDCI-RDA, Henri Konan Bédié, qui selon sa propre expression, « a brisé la glace » de la méfiance avec son Cadet, s’investit pour obtenir la libération des militants et sympathisants de l’opposition et membres de la société civile détenus. Un cadre du RHDP, à la sortie de la rencontre a fait part de ses doutes concernant la résolution de la crise. « Je commençais à croire que l’annonce du dialogue entre le pouvoir et l’opposition allait baisser la tension. Apparemment, cela n’arrange pas tout le monde. ». La prestation du serment de Alassane Ouattara est prévue pour le 14 décembre 2020. Sur le chemin, la décrispation, le dialogue politique avec l’opposition, le resserrement des rangs à l’intérieur de son groupement.

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Fernand Dédeh