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Côte d’Ivoire : «Mon dernier mot sur la question du troisième mandat de Ouattara»

Côte d’Ivoire : «Mon dernier mot sur la question du troisième mandat de Ouattara»
Côte d’Ivoire : «Mon dernier mot sur la question du troisième mandat de Ouattara»

Prenons la défense des valeurs et principes démocratiques et républicains, à saison et à contre-saison, pour l’avènement d’un État de droit, pour le bonheur de nos populations; c’est ainsi que nous pourrons nous exprimer plus tard sans nous entortiller la langue, sans baisser la tête, sans aucune honte.

Prenons une position claire, sans ambiguïté, sur la place publique, à propos des questions d’intérêt national ; une position qui tient compte de l’intérêt général, de sorte à en être fiers demain et à ne pas être obligés de nous perdre dans des justifications futiles et humiliantes. Ce que nous disons aujourd’hui nous rattrapera demain.

Compatriotes miens !

Au fil des changements des partis au Pouvoir, les acquis démocratiques doivent être RENFORCÉS, AMÉLIORÉS et non foulés au pied pour des raisons évasives. Donnons-nous la main autour des valeurs et des principes en nous éloignant du dilatoire. Le célèbre penseur indien Gandhi est intransigeant sur le fait : « Tout compromis repose sur des concessions mutuelles, mais il ne saurait y avoir de concessions mutuelles lorsqu’il s’agit de principes fondamentaux ». En France, pays souvent présenté comme un modèle de démocratie, de sept ans le mandat présidentiel a été ramené à cinq ans. Au Sénégal, tout près de nous, le mandat présidentiel qui durait sept ans a été réduit à cinq ans. Ce n’est pas parce que les Présidents de ces pays sont incompétents. Que non !

Ces pays qui regorgent des milliers de compétences ont compris que nul n’est indispensable ; ils ont compris qu’il faut savoir passer la main, savoir aller de l’avant dans le sens du renforcement et du perfectionnement de l’existant. Le mouvement contraire est une régression, un non-sens. Dans le pays le plus puissant du monde, les États-Unis, le mandat dure seulement quatre ans, renouvelable une seule fois comme le mandat des pays précités. Les Américains, en procédant ainsi, seraient-ils en manque de ressources humaines qualifiées ou de technocrates de haut niveau ?

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Compatriotes miens !

Cette disposition de la limitation du mandat présidentiel à deux est en harmonie avec les exigences d’un monde en mouvement et en perpétuel renouvellement. Il faut donner la chance à d’autres personnes de monter sur le fauteuil présidentiel et de gouverner avec d’autres personnes. C’est de cette façon qu’un pays produit de la qualité dans tous les domaines et fait des progrès. L’exécutif n’est pas la chasse gardée « d’une race d’élus » La question, la bonne, est la suivante : devons-nous, en Côte d’Ivoire, renforcer nos acquis démocratiques ou les ruiner?

Hier, nous étions dans le parti unique, aujourd’hui nous sommes dans un contexte de multipartisme avec ses balbutiements et ses tâtonnements inhérents à tout passage d’une rive à une autre. Hier nous votions dans des urnes en bois, aujourd’hui nous votons dans des urnes transparentes. Hier nous votions avec autant de bulletins que de candidats, aujourd’hui nous votons avec un bulletin unique. Qui oserait nous ramener au monopartisme, au vote dans des urnes en bois, au vote avec plusieurs bulletins ? Notre constitution indique qu’un Président élu a droit à deux mandats. On a beau la modifier cette constitution ou en concevoir une autre, on a beau entamer une nouvelle République, cette disposition ne saurait être mise à l’écart. C’est un ACQUIS.

Compatriotes miens !

Si par un passage en force, il nous est imposé un troisième mandat, un jour, un autre Président élu, peut faire adopter par référendum une nouvelle constitution qui va lever le verrou de la limitation des mandats. Que va-t-on lui opposer comme arguments ? Ce serait la porte ouverte à toutes sortes d’aventures. Gardons-nous d’ouvrir la boîte de Pandore ! Il y a malheureusement des boîtes déjà ouvertes qu’on n’a du mal à refermer ! Devons-nous encore en ouvrir une autre ?

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Je dis SAGESSE, je dis MESURE, je dis LUCIDITÉ .

Notre constitution avait même limité l’âge des candidats par le haut, c’était bien inspiré ; mais on a trouvé bon de faire sauter le verrou de l’âge, ouvrant ainsi la voie de l’éligibilité même des « ancêtres ». Les ACQUIS on les conserve, on ne les foule pas aux pieds ! Même si nous ne partageons pas les mêmes convictions politiques, nous devons nous accorder sur cet ACQUIS important, acquis selon lequel UN PRÉSIDENT EN CÔTE D’ VOIRE A DROIT À DEUX MANDATS.

Compatriotes miens !

Je ne crois pas à la thèse selon laquelle le Président de la République a fait adopter une nouvelle constitution juste pour faire un autre mandat après les deux premiers. Voulez-vous arguer que c’était son intention ? Non, je n’y crois pas. Le Président lui-même a donné sa parole qu’il se retirait de la course présidentielle. Ce sont ceux qui l’ont ovationné à tout rompre hier qui aujourd’hui le poussent sur un chemin tortueux. Pourquoi ne se sont-ils pas opposés à sa décision ce jour là? C’est parce qu’ils savaient que c’était une décision noble et sage . Il est évident que l’agenda réel de tous ces flagorneurs n’a rien à voir avec l’intérêt général.

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J’insiste : Sortons de la passion et défendons les principes républicains. Hier, aujourd’hui et demain. Sans tenir compte de notre lien avec celui qui tient les rênes de l’Exécutif. Jimmy Carter, ex-Président des États-Unis, avait raison de marteler : « Nous devons accepter le changement mais conserver nos principes ». La disposition constitutionnelle qui stipule que le Président de la République de notre pays a droit à deux mandats n’est pas à discuter, ni à interpréter. C’est un ACQUIS important, un PRINCIPE sur lequel nous devons nous accorder sans fléchir. Aucune interprétation ou manipulation de juriste des saisons troubles ne saurait nous distraire.

Compatriotes miens !

Pour terminer, je soumets à votre méditation, ces deux paroles tirées de deux livres saints, le Coran et la Bible :

1/ « Ô vous qui avez cru ! Pourquoi dites-vous ce que vous ne faites pas ? C’est une grande abomination auprès d’Allah que de dire ce que vous ne faites pas » (Sourate 61, versets 2/3).

2/ « Que votre parole soit oui, oui, non, non; ce qu’on y ajoute vient du malin ». (Matthieu 5 : 37).

Je suis conscient que ma fluette voix n’a pas la force de se faire entendre au milieu de tout ce charivari, mais au moins elle aurait dit clairement ce que je pense sur cette question.

Ma prière virile :

Que Dieu dans Sa sagesse infinie inspire notre Président, qui au-delà des apparences, subit une des pressions les plus importantes de sa vie !
Le dilemme est cornélien certes, mais tenez bon, Président ! Ne cèdez pas ! Ne cèdez pas ! Ne cédez pas!

Macaire ETTY
Citoyen ivoirien

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