HomePolitiqueCôte d’Ivoire : « Mes propositions pour des élections apaisées » (Pro-Soro)

Côte d’Ivoire : « Mes propositions pour des élections apaisées » (Pro-Soro)

Côte d’Ivoire : « Mes propositions pour des élections apaisées » (Pro-Soro)
Côte d’Ivoire : « Mes propositions pour des élections apaisées » (Pro-Soro)

J’ai lu et relu avec délectation la brillante intervention de celui que je baptise dorénavant « Mon maître » en la personne du Ministre Cissé Bacongo. C’est le seul client du Restaurant que je peux considérer comme un maître à penser quoiqu’il ne peut pas influencer mes positions politiques.

Je l’ai une fois dit et je vais me répéter aujourd’hui. Les posts quotidiens que je fais sur la vie politique du pays m’ont été inspirés par lui. Il ne le sait peut être pas mais je fus l’un de ses lecteurs assidus au journal La patriote lorsque régulièrement il nous partageait, pour paraphraser mon triplé Franklin Nyamsi, ses pains spirituels de la connaissance. Et je m’évertue à faire comme lui à travers mes posts quotidiens sur l’actualité politique du pays. Sans rentrer dans le détail de sa brillante intervention,je vais appesantir sur le dernier paragraphe du pain spirituel de la connaissance qu’il nous a partagé aujourd’hui.

Il nous recommande, en effet,de ne plus nous consacrer à l’éligibilité ou non de son gourou qui fut l’objet de plusieurs débats politiques depuis des années. J’adhère à cette idée. Je voudrais que nous nous consacrions dorénavant à un autre débat. Celui de l’organisation d’élections présidentielles ouvertes et crédibles avec une liste électorale consensuelle confectionnée par une Commission Électorale Indépendante Consensuelle et équilibrée et effectivement indépendante.

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Je crois que l’opposition devrait dorénavant emprunter cette voie pour fermer définitivement le Restaurant. Car, si par extraordinaire,le gourou du Restaurant, décidait de rester sourd aux chants des sirènes qui rôdent autour de lui et qu’il proposait un candidat de moindre envergure,tant que nous n’aurons pas des élections ouvertes à tous, crédibles et organisées par une CEI consensuelle et independante, l’opposition risque d’être pris dans le piège de la fraude électorale.

Je pense en réalité que le débat sur l’éligibilité du gourou du Restaurant est une forme pernicieuse de distraire l’opposition et de la détourner de l’essentiel. C’est pourquoi,je souhaiterais que l’opposition enfourche un autre cheval de bataille. Celui d’élections ouvertes et crédibles organisée par une CEI réellement indépendante, consensuelle avec une liste électorale consensuelle. C’est pourquoi,je me permettrai de faire les propositions suivantes à l’opposition qui pourrait les mettre sur la table des discussions avec le pouvoir.

Pour obtenir des élections ouvertes,je souhaiterais qu’elle exige et obtienne du pouvoir en place qu’il ,au nom de la paix ,fasse appel aux accords de Marcoussis où on a permis à tous ceux qui en étaient signataires ,d’être candidats à l’élection présidentielle. Ainsi, le gourou du Restaurant, le sphinx de Daoukro, le Woody de Mama, le Tienigbanani et tous les autres signataires de cet accord pourraient participer à la compétition électorale sans qu’on ne crie à une exclusion quelconque d’un candidat.

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Ma seconde proposition consistera à faire en sorte que la Commission Électorale Indépendante, qui est chargée d’organiser les élections, ait la confiance de tous les acteurs politiques. Et pour ce faire,il faut que l’opposition obtienne du gouvernement une recomposition de la CEI ,selon la loi en vigueur, à travers le mode de désignation de ses représentants, surtout ceux de l’opposition et de la société civile. Pour moi, les partis politiques qui devraient faire partie de la CEI, devraient être ceux qui ont des représentants à l’Assemblée nationale. A ce niveau,nous avons le RHDP,sic le RDR,le PDCI, l’UDPCI,le GPS et le FPI officiel. C’est au sein de ces groupements politiques que l’on devrait choisir,d’une manière consensuelle,les représentants de l’opposition.

Il ne faut pas oublier non plus de désigner les représentants de la société civile sur la base d’un consensus entre les plus influentes d’elles.

Ma troisième proposition concernera l’obtention d’un audit de la liste électorale afin de lever toutes les suspicions de fraude massive qui pèse sur elle. Ainsi, lors des élections, on ne viendra pas accuser des votants de fraude parce qu’ils ne seraient pas inscrits sur la liste. On ne pourrait pas non plus accuser le pouvoir d’avoir extrait des noms sur la liste afin de réduire l’influence de l’opposition. Si ces trois propositions que je viens de faire venaient à être entérinées, l’opposition est obligée de demander au pouvoir un report des élections présidentielles à une date qui sera consensuelle.

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Mais il faudrait qu’elle rassure le pouvoir que ce report ne dérangerait en rien le fonctionnement des Institutions.

En d’autres termes, pour rassurer le pouvoir, il faudrait que l’opposition laisse tomber son idée de transition politique jusqu’aux élections. Car exiger une transition politique,serait braquer le gouvernement sur les exigences de l’opposition. Ce qui devrait préoccuper l’opposition, c’est le fait d’aller à des élections ouvertes et transparentes. Ce n’est pas le fait de participer à un gouvernement de transition où le gourou du Restaurant verrait ses pouvoirs réduits. Il ne l’accepterait pas. Voici, chers tous, les propositions que je voudrais faire afin de decripser l’atmosphère politique. J’espère un jour être entendu.

Mamadou Traoré