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Côte d’Ivoire : l’honorable Baudouin Yapo tacle l’opposition et rappelle l’origine de l’expression « restaurant »

Côte d'Ivoire : l'honorable Baudouin Yapo tacle l'opposition et rappelle l'origine de l'expression
Côte d'Ivoire : l'honorable Baudouin Yapo tacle l'opposition et rappelle l'origine de l'expression "restaurant"

Baudouin Yapo, Député Suppléant d’Azaguié, par ailleurs Juriste de formation et Militant politique au sein du Rassemblement des Houphouëtistes pour la Démocratie et la Paix (RHDP), le parti au pouvoir, a accordé une interview exclusive à Linfodrome, pour la première fois depuis son dernier débat sur NCI.

Dans cette large interview, l’honorable Baudouin Yapo député suppléant de la circonscription d’azaguié, a fait une grande ouverture sur les raisons de son adhésion au RHDP, ses relations avec les militants des autres partis politiques en fustigeant certaines de leurs attitudes. Ci-dessous les échanges.

Carlos DOGBA : Honorable Baudouin Yapo, comment vous vous portez ?

 

Baudouin Yapo : Je me porte bien.

 

C.D : C’est votre anniversaire ce 14 Octobre. À 26ans, un bilan de votre engagement en politique est-il possible ?

 

B.Y. : Oh non. Il n’y a de bilan qu’à la fin d’un parcours. Il est vrai que sur la palette électorale de la politique, l’âge minimal d’éligibilité étant de 25 ans révolus, être élu à 25ans 4 mois, c’est être l’un des jeunes, peut-être le plus jeune élu du pays. C’est un bon pas. Donc, le chemin peut continuer.

 

C.D : Donc, vous visez encore plus grand ?

 

B.Y. : Viser, c’est fort dire. Le cheminement politique entraîne forcément un palmarès à succès ou à échec. Advienne que pourra.

 

C.D: Parlant de votre position politique, vous êtes maintenant membre de RHDP. Alors que vous avez été FPI. À l’issue de vos sorties médiatiques, des images avaient été partagées. Pourquoi ce revirement ?

 

B.Y. : Voyez, j’ai milité politiquement au FPI en 2017, j’avais 22ans. Je le précise. Parce qu’à écouter certains, j’ai été du FPI des heures de gloire. Non, j’aurais dû aller directement au RHDP en 2017 si c’était que c’est un parti au pouvoir. Alors, né d’une famille largement FPI, il était évident que le message qui a pu passer à l’oreille me conditionne, tout comme bon nombre cloîtré dans leurs partis naturels, on en trouve partout. Je n’ai milité que, quand ce Parti est divisé depuis 2014. J’ai étudié sa crise interne et j’ai opté pour le camp Affi N’guessan en estimant que l’aile Gbagbo, réclamée par les dits Gbagbo ou rien, animait une politique de haine et de vengeance dans une posture radicale et avait tendance à diaboliser celle de M. Affi.

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Mais en réalité, cette posture peu réaliste était adoptée pour saboter M. Affi dans ses ambitions. Car on voit bien qu’aujourd’hui, M. Gbagbo le rend à Mme. Simone Gbagbo, sa propre épouse, à M. Blé Goudé, son co-détenu, et pourtant il est apparemment revenu à une politique plus modérée, en participant à des élections. Depuis 2020, j’ai décidé de me réorienter politiquement. Disons que c’est les situations qui créent les réflexions, qui ouvrent les esprits.

 

C.D: Mais vous aurez dû conserver votre place aux côtés du Président de ce Parti, Affi N’guessan.

 

B.Y. : En 2020, j’étais Secrétaire au Bureau de la Jeunesse du FPI quand j’ai décidé de partir. Je n’ai pas de problème particulier avec M. Affi, mais ma lecture du FPI renvoyait à une déception totale. Politiquement et idéologiquement, je me disais qu’une alternative était possible, et j’ai réussi à sortir de cette emprise.

 

C.D : Et l’aternative était le RHDP ? Ne voyez-vous pas que c’est une contradiction idéologique, partir d’un Parti socialiste pour rejoindre un Parti libéral ?

 

B.Y. : Le Président Félix Houphouët-Boigny disait que seuls les imbéciles ne changent pas. En politique, l’homme adopte une idéologie et en fait son instrument de combat.

Ma réflexion m’a ouvert l’esprit de voir que la politique libérale du Président Alassane Ouattara ne souffre d’aucune contestation. Voyez, en Chine, Mao Tsetung, était un socialiste. Il basait sa gouvernance sur la politique d’éducation socialiste qui malheureusement a occasionné une famine de plus de 50 millions de morts. Mais Mao Tsetung va se rétracter idéologiquement en adoptant une pratique libérale qu’on appelé  » les grands bonds en avant « ,  qui consistait dans le libre-échange, dans l’économie libérale.

Et la Chine a retrouvé le développement. On peut donc changer d’idéologie.

 

C.D : Dans un pays marqué par la transhumance politique, on dit que vous y êtes allé au restaurant?

 

B.Y.: (Rires) Voyez, vous êtes un journaliste. Et vous devez apprendre au public, le respect des différences. « Restaurant », c’est ce que le goumin politique du PDCI nous a donné. Le RHDP n’était pas un restaurant de 2011 à 2018 avant leur départ pour question d’alternance. Je ne crois pas que quelqu’un ait un problème avec le fait de quitter un Parti pour un autre. Mais ils ont problème avec le fait de ne pas être de leur côté. Sinon, dans le camp Gbagbo, Stéphane Kipré avait été opposant avant de le rallier en plein pouvoir. Assoa Adou, Akoun Laurent, Koua Justin n’étaient pas du FPI, au départ. M. Gbagbo lui-même n’a pas continué sa carrière avec Feu Zadi Zaourou qui était son mentor, lui-même l’a dit. Il était à son école marxiste. Mais dans un monde bipolaire avant 90, M. Gbagbo adoptait le socialisme français auréolé du capitalisme. En 1987, la France Socialiste, dit-on, assassinait Thomas Sankara quand elle était aux petits soins de M. Gbagbo en exil. Ils diront que c’est le révolutionnaire des temps nouveaux, ce qui est antipodal à sa gestion des affaires, si ce n’est les discours populistes pour manipuler les émotions des partisans. Voyez, des gens qui vont de contradictions en contradictions n’ont pas de leçon à donner à quelqu’un.

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C.D : Lors de votre dernière émission, vos propos ont été les plus austères. Vous avez dit que le camp Ouattara a tué en légitime défense?

 

B.Y. : C’est un propos imaginaire, fabriqué. Je n’ai pas tenu ce propos qui ait un sens ou non. L’émission NCI 360 du 1er Août est disponible sur YouTube. J’ai découvert ces propos sur les réseaux sociaux, fabriqués par les cyberactivistes de l’opposition, adeptes des intoxications.

Ce n’est pas cela, faire la saine politique. Ils sont les premiers à pleurnicher pourtant. En 2011, deux camps se sont affrontés. J’ai rappelé que l’acquittement ne fait pas l’innocence.

M. Jean Pierre Bemba, ami de M. Gbagbo, a été un rebelle armé qui a fait la guerre mais il a été aussi acquitté par la CPI. Peut-on dire qu’il n’a jamais tué ? Il est acquitté parce que les pièces d’accusation ont été insuffisantes. M. Gbagbo a été acquitté par 3 juges contre 2 sur les 5 votes du verdict. Ça veut dire quelque chose. Et quant au camp Ouattara, des chefs de guerre ont été inculpés. Amandé Ouremi qui se réclame de son camp, est en prison. La CPI dit vouloir poursuivre son travail. C’est bien ce que j’ai pu dire.

 

C.D : Aujourd’hui, croyez-vous en avenir politique au RHDP ?

 

B.Y. : La bonne réponse, c’est que je crois en un avenir meilleur pour mon Pays. Notre Pays connaît son développement au plan économique et social. Ainsi, le RHDP aux affaires, aussi longtemps que possible, c’est un bonheur permanent.

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C.D: Le RHDP est en restructuration, apprend-on. Qu’en pensez-vous ?

 

B.Y. : Je pense que c’est une bonne chose. Le RHDP est un Parti sérieux. Face aux enjeux, le Président Alassane Ouattara n’est pas du tout négligent. Il sait ce qu’il veut faire.

 

C.D : De l’autre côté, l’ex Président Gbagbo crée son nouveau parti, laissant le FPI.

B.Y. : Je n’ai pas à commenter son projet de créer un parti, tant qu’il le juge bon.

 

C.D : Le débat sur la limitation de l’âge à 75ans a cours. En tant que jeune politique, vous avez certainement un avis.

B.Y. : C’est une proposition intéressante, à mon avis. L’Assemblée nationale le décidera au moment donné. Vous savez déjà que le Président Alassane Ouattara est l’instigateur du projet d’alternance générationnelle. En 2020, malgré la non limitation, il passait déjà la main, sauf que la nature en a décidé autrement.

 

C. D. : En tant que suppléant aujourd’hui, en quoi consiste votre tâche ?

B.Y. : La suppléance en Côte d’Ivoire consiste à remplacer le Député quand celui-ci est appelé à d’autres fonctions incompatibles. Il y a quand même des imperfections autour de la chose pour ce qui est de la loi de 2004. En tant qu’élus à la suppléance parlementaire, nous avons constitué le Conseil des Suppléants Députés de Côte d’Ivoire dont j’ai l’honneur d’être le Secrétaire Général. C’est un cadre associatif porteur d’objectifs. Mais réalisez-vous que nous en parlerons davantage à une prochaine occasion.

 

C.D : Ainsi, envisagez-vous un jour de siéger ?

B.Y. : Être candidat à la suppléance, c’est se prêter à cette éventualité. Oui, j’assurerai cette pleine fonction quand le temps en sera donné.

 

C.D : Quel message avant de clore notre entrevue ?

B.Y. : Notre Pays est en paix. Nous avons un Gouvernement qui travaille efficacement pour les Ivoiriens. Les efforts du Président Alassane Ouattara sont ressentis dans le sens de la réconciliation, de la stabilité et du progrès. Et la Côte d’Ivoire solidaire est une réalité. Que Dieu bénisse notre beau pays !

C.D: Merci honorable de votre disponibilité.

B.Y: c’est plutôt moi qui vous remercie.

N.B: interview réalisée par Carlos DOGBA

Source: linfodrome

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