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Côte d’Ivoire : Les prorogations de l’enrôlement par le gouvernement remettent en cause la vraie indépendance de la CEI

Côte d’Ivoire : Les prorogations de l’enrôlement par le gouvernement remettent en cause la vraie indépendance de la CEI
Côte d’Ivoire : Les prorogations de l’enrôlement par le gouvernement remettent en cause la vraie indépendance de la CEI

À la veille du délai fixé au 30 Juin, après une première prorogation, le président de Commission Électorale Indépendante vient d’annoncer une deuxième prorogation de la date pour la fin de l’enrôlement, et révision de la liste électorale en vue de la présidentielle 2020 au 05 Juillet de la même année.

Que dire de cette nouvelle prolongation, lorsque l’on sait que les partis politiques de l’opposition avaient déjà, compte tenu des difficultés sur le terrain, relatives au COVID 19, au manque de préparation, à la saison des pluies, les difficultés d’accès aux villes de l’intérieur et autres… lors de discussions tripartites (entre le PNUD, l’opposition et la CEI) proposé que la révision de la liste électorale se fasse en deux mois ? Et que cette proposition avait été froissée, tout comme la première proposition de prorogation de la date de CNI dépassées jusqu’en 2021 d’abord refusée et acceptée finalement dans les faits ?

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Cette contribution de 2 mois devrait être examinée, lorsque contre toute attente la CEI a annoncé le début de l’opération sur seulement deux semaines. Aujourd’hui, la réalité finie encore par rattraper la CEI et son Président qui visiblement vont et iront de fiasco en fiasco tant qu’ils ne se baseront pas sur les réalités du terrain. Une révision de la liste électorale attendant plus 4 millions de nouveaux majeures comme annoncé, ne se fait pas ainsi, c’est à dire : à va vite. On ne s’en débarrasse pas, de peur d’exclure des millions d’ivoiriens. Le gouvernement qui devrait depuis de années procéder à cette révision, au moins une fois par an, a préféré tout concentrer en 4 mois. Seulement, d’un point de vu rationnel, est ce possible ?

Révision de la liste électorale en Côte d’Ivoire

La question mérite d’être posée lorsque l’on constate que les audiences foraines pour les nouveaux majeures révèlent un échec loud. Combien des nouveaux majeures ont ils pu établir gratuitement les certificats de nationalité ? Combien d’anciens inscrits ont-ils pu établir un certificat de résidence pour un changement de lieu de vote ? Or c’est avec ces certificats qu’ils doivent ralier les centres d’enrôlement. Combien d’ivoiriens sont-ils informés ? Un véritable problème bloque le système. En effet les audiences foraines ayant aussi été engagées très tardivement, les commissariats et les tribunaux sont submergés et ont du mal à traiter les demandes en nombre.

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Pour cela, il faut aussi du temps. Par ailleurs, c’est le lieu de convoquer la question d’une sérieuse problématique, celle liée au fonctionnement de la Commission Électorale Indépendante. Partant, de son autonomie financière et fonctionnelle. Si la CEI était véritablement indépendante, comme l’avait souhaitée l’opposition, elle ne dépendrait plus du gouvernement, conséquence directe, de façon très souveraine et limpide, le travail serait fait depuis des mois. Cependant, étant encore nourrie de l’exécutif, que attendre donc de cette institution qui subit les déconvenues du gouvernement, qui lui même se cherche entre la gestion du COVID 19, les inondations et la succession de Ouattara ?

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Tout porte à croire que nous sommes très mal parti pour cette élection qui, pourtant si nous la voulons juste, transparente, sans contestation et surtout bien organisée, devra être reportée, vu qu’aucun signe à l’horizon ne démontre que d’ici 2 mois tout sera fin prêt. Rien n’a encore commencé que déjà la parole du Président de la CEI commence à compter pour rien. Avec une autre prorogation il risque de perdre le peu de fiabilité en sa parole que l’opinion commencera dès maintenant à suivre de près.

Ahouman Gaël Lakpa, Auteur-Écrivain : Poète, Romancier et Dramaturge, Communication Politique, Analyste sociopolitique.

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