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Côte d’Ivoire : «J’ai combattu Ouattara pour deux raisons. La première, c’est parce que le président Bédié nous a dit que Ouattara n’est pas un des nôtres et» (KKB)

Côte d’Ivoire : «J’ai combattu Ouattara pour deux raisons. La première, c’est parce que le président Bédié nous a dit que Ouattara n’est pas un des nôtres et» (KKB)
Côte d’Ivoire : «J’ai combattu Ouattara pour deux raisons. La première, c’est parce que le président Bédié nous a dit que Ouattara n’est pas un des nôtres et» (KKB)

KKB face à la presse a fait un certain nombre de déclarations relatives au PDCI-RDA, sa candidature, sa relation avec Alassane Ouattara et une probable alliance avec Charles Blé Goudé et Guillaume Soro. Voici l’intégralité de ses propos

C’est une question pertinente. Les classiques politiques en Afrique doivent comprendre que les temps ont résolument changé. Nous avons choisi sur le continent d’exercer la démocratie. La démocratie a ses règles. Elle a ses principes. Je pense que ce qu’il faut faire, c’est une formation tous azimuts, d’amener nos dirigeants à doter nos Etats de principes démocratiques.

Le PDCI-RDA, comme son nom l’indique, est un parti politique, démocratique, dit-on. La Direction du parti a librement décidé de faire appel à candidatures. Pourquoi une candidature autre que celle du président du parti doit poser autant de problèmes ? A mon sens, ça devait être un exercice noble, de telle sorte qu’à la Convention, celui qui perd appelle à reconnaître la défaite ou la victoire de l’autre.

Ceci pour soigner et crédibiliser la candidature qui aura été retenue. Je ne comprends pas pourquoi, quelqu’un que j’aime profondément, le président Henri Konan Bédié, qui a fait Poitier juriste de formation, économiste, un intellectuel accompli, ancien président de l’Assemblée national, ancien ambassadeur et président de la République, pourquoi Guikahué veuille s’entêter à faire de lui un candidat unique ? Pour donner quelle image du PDCI au monde ? C’est un combat, c’est une quête permanente et nous devons faire en sorte que nos partis soient des officines de l’apprentissage de la démocratie vraie. Si nous ne sommes pas des modèles, qu’est-ce qu’on peut reprocher à celui qui est au pouvoir ?

Quel PDCI souhaitez-vous avoir ?

Je suis et je demeure militant du PDCI-RDA et tout le monde le sait. Je sais qu’il y a des gens qui ont intérêt à ce que j’aille ailleurs et qui veulent me pousser à partir. Je n’irai nulle part. Je m’engagerai à faire en sorte que ce parti-là mérite le nom qu’il porte. On a souffert pour le construire. Il doit demeurer dans le cœur des Ivoiriens. Il faut le moderniser. Il faut en faire un parti aimé de tous les Ivoiriens. Voici le sens de mon combat. Le PDCI a trop duré dans l’opposition, il faut qu’il revienne.

Après avoir été longtemps absent du parti, vous êtes revenu et vous avez dit que le « soldat perdu est de retour ». Récemment, vous avez dit que si le président Bédié est candidat, vous ne serez pas candidat. Qu’est-ce qui s’est alors passé pour que vous reveniez être candidat ?

Est-ce que ma candidature vous pose un problème personnellement ? Je vais vous éclairer. D’abord, je n’ai jamais été un soldat perdu. Vous devez retenir de moi que je suis un soldat éclairé. Les événements sont là, pour le démontrer. (…) En 2000, si je n’avais pas été là, Robert Guëi aurait été le candidat du Pdci. Ce qui voudrait dire dresser le lit à celui qui a tué mon père pour qu’il couche avec ma mère. Quand Bédié est revenu d’exil, qui est-ce qu’il a choisi comme secrétaire exécutif ? N’est-ce pas Guikahué ? Est-ce moi ? Je suis un soldat éclairé.

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Si je n’avais pas indiqué cette voie à l’époque, on n’en serait pas là, aujourd’hui. Ce qui compte pour moi, c’est la Côte d’Ivoire. Tant que Laurent Gbagbo est candidat. Tant qu’Alassane Ouattara est candidat, celle de Bédié se justifie. Nous sommes tous dans ce pays. Alassane Ouattara au pouvoir, organisateur principal des élections de 2020, et puis, il va dire Bédié a gagné. Et puis, Ouattara va appeler Bédié au Palais pour faire la passation des charges et puis, la Côte d’Ivoire va se porter bien. Je prie Dieu pour voir ce jour-là. Ce sera le plus beau jour de la Côte d’Ivoire. Si on aime Bédié comme je l’aime, ce n’est pas lui qui va à cette bataille.

J’agis dans l’intérêt du PDCI-RDA et d’Henri Konan Bédié. J’ai dit Bédié est candidat et qu’il m’associe, me fait appel, je le soutiens. Voilà ce que j’ai déclaré sur Tv5. Et je ne suis pas venu faire allégeance. Moi, j’ai la sagesse et j’ai le souci de récréer l’unité au sein du parti. Que signifie faire allégeance ? Bédié et moi, sommes tous deux Baoulé. C’est mon père. Dans aucun village Baoulé, je n’ai vu un enfant avoir raison de son père. Je suis venu me mettre à sa disposition, ce n’est pas une allégeance. Quand IB s’est porté devant Bédié, en 1999, si on l’avait respecté un tant soit peu, on n’en serait pas là. Je veux servir la nation ivoirienne. Il faut qu’on évite les débats de bas-étage.

Si on aime Bédié comme je l’aime, ce n’est pas lui qui va à cette bataille. J’agis dans l’intérêt du PDCI-RDA et d’Henri Konan Bédié. J’ai dit Bédié est candidat et qu’il m’associe, me fait appel, je le soutiens. Voilà ce que j’ai déclaré sur Tv5.

Une certaine opinion affirme que vous seriez le bras séculier du président Alassane Ouattara au sein du PDCI pour jouer les trouble-fêtes. Qu’en pensez-vous ?

Je ne suis pas de l’époque d’Alassane Ouattara. Donc je ne le connais pas. Alassane Ouattara ne m’a rien fait dans ma vie. Il n’a pas cherché ma femme, il ne me doit pas de l’argent. Donc je n’ai pas de raison de lui en vouloir. J’ai combattu Ouattara pour deux raisons. La première, c’est parce que le président Bédié nous a dit que Ouattara n’est pas un des nôtres. Et moi, jaloux de la souveraineté de mon pays, je ne peux pas accepter que celui qui n’est pas un des nôtres soit président. C’est ainsi je me suis mis à combattre Ouattara et je l’ai combattu sans relâche. La deuxième raison, c’est que j’ai estimé qu’il s’est impliqué dans le coup d’Etat qui a renversé Bédié. Le président Bédié, lui-même, a envoyé Alassane Ouattara sur la tombe d’Houphouët pour dire que désormais, il s’appelle Allah Gnissan. Pouvez-vous me dire combien il a été payé pour le faire ? Là où le PDCI devrait avoir un candidat, lui seul dit non. Combien a-t-il touché pour le faire ? Pour décrédibiliser ma candidature, on veut me faire passer pour un instrument à la solde d’Alassane Ouattara. Je ne mange pas de ce pain. Houphouët-Boigny nous a enseignés que l’argent ne vaut que par l’usage qu’on en fait.

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Si on ne retient pas votre candidature au PDCI, serez-vous candidat indépendant ?

Pour l’instant, on m’a signifié que ma candidature est invalidée seulement que hier. J’ai 48 heures pour faire appel. J’ai décidé de ne pas faire appel. Je vous ai dit dans mon propos liminaire que ma décision a été longuement mûrie et que mon projet présidentiel est en maturité. Ce qui veut dire que si le PDCI-RDA me refuse la parole, en son sein, nous prendrons rendez-vous le moment venu. Pour l’instant, ce n’est pas à l’ordre du jour. C’est une éventualité qu’il va falloir mûrir.

Vous étiez conseiller du président Bédié, quel conseil vous lui avez donné, et aujourd’hui, on en revient au rejet de votre candidature ?

Retenez que je ne suis plus conseiller du président Bédié, parce qu’il faut la clarté dans toute chose. Dès l’instant où je fais acte de candidature, je ne peux plus être conseiller du président Bédié. Il faut qu’on ait l’art de la démission. Donc, appelez-moi l’ex-conseiller. (…) Je ne me vois pas en train de porter le parti d’Houphouët devant les tribunaux. Je veux que ma bonne foi soit perçue. Je ne suis pas un provocateur.

On vous reproche d’avoir fait du faux, quand vous indiquez dans votre dossier que vous êtes militant de la délégation PDCI de Bocanda 3 alors que jusque-là vous vous présentez en tant que militant de PDCI Port-Bouët ?

Je suis militant de toutes les délégations dans mes villages, aussi bien à Bocanda qu’à Lakota. J’ai été trop tôt militant à Port-Bouët, sauf que j’ai fait le transfert, en 2019, à Bocanda. On ne me reconnaît pas dans mon village, c’est bien. Dites à Guikahué que j’étais là, quand il appelait les militants de Port-Bouët pour les menacer. A aucun moment, je n’ai dit, ce matin, que j’en veux à Guikahué. Retenez ça. (…) si je m’assois devant eux, je vais leur démontrer que la candidature de Bédié est truffée de fautes. (…)C’est nous tous qui accusons Ouattara de s’être entouré de ses proches. Attoubé Koko préside un Comité électoral. On dit que moi, je suis candidat contre Bédié. Là c’est entre nous là-bas non ? Gnrangbé Kouacou est délégué de Yamoussoukro. Les délégués sont venus dire à Bédié d’être candidat et c’est les mêmes qui quittent là-bas pour venir demander à KKB d’être candidat contre Bédié. Chers journalistes, ayez le courage d’écrire ce qui est vrai. Quelqu’un d’autre à ma place aurait fait autre chose. Je ne choisis pas la voie de la transhumance. Je n’irai nulle part mais vous m’aurez dans vos souliers.

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Vous faites partie d’une génération où nous avons Charles Blé Goudé et Soro Guillaume. Est-ce qu’on doit s’attendre à une alliance entre vous ?

Soro Guillaume est un ami, toute la Côte d’Ivoire le sait, Blé Goudé est un frère, toute la Côte d’Ivoire le sait. Hamed Bakayoko est un grand frère, toute la Côte d’Ivoire le sait. Mabri Toikeusse et autres, nous sommes tous de la même génération. La politique, comme l’a dit Houphouët, c’est la saine appréciation des réalités du moment. D’ici aux élections présidentielles, si tous ceux que je viens de citer font lecture de la situation politique qui les rapproche, personne n’y pourra rien. Au moins, nous avons un socle, c’est demeurer des amis, même quand nous sommes dans des partis politiques différents. Dans notre génération, je suis fier du parcours d’Hamed Bakayoko. On a commencé ensemble. En 1993, quand Houphouët est mort, Hamed Bakayoko m’a dit : « laissons tomber Henri Konan Bédié, il ne nous apportera rien. Moi je vais faire venir Alassane Ouattara du Fmi. » Je lui ai dit, et toi aussi et Ouattara, vous ne serez rien.

Je ne vous suivrai pas. A l’arrivée, j’observe, c’est lui qui a gagné. Depuis que Ouattara est président, il est l’unique ministre d’Etat. La chance que mon ami a, c’est d’avoir soutenu quelqu’un qui lui a renvoyé l’ascenseur. Moi, je me bats, à la sueur de mon front. Dieu merci, j’ai mes 10 doigts au complet.

Propos recueillis par JBKouadio

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