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Côte d’Ivoire: « Il y a une paresse gouvernementale qui ne dit pas son nom »

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Côte d’Ivoire: "Il y a une paresse gouvernementale qui ne dit pas son nom"

On va dire qu’on se connait, d’ordinaire dans mes papiers j’essaye de partager avec vous mes points de vue. Aujourd’hui une fois n’est pas coutume, je ne vais pas respecter cette tradition. La méthode américaine qui caractérisait autrefois notre président de la république au début de son premier mandat jusqu’à la fin du second validé par la constitution de 2016, a tendance à se distendre.

A s’effilocher. En tout cas sa méthode de travail n’est plus celle que j’admirais. Notamment à la faveur du 3ème mandat que ne reconnait pas notre loi fondamentale. Si donc sa capacité de travail a pris un coup, s’est émoussée comme je crois l’observer au regard de certains indices, pourquoi alors s’est-il pris un troisième mandat dans les conditions qu’on connait ? A-t-il surestimé ses ressources ?

Avant de passer en revue le premier indice, je propose qu’on se familiarise avec une acception du Conseil des Ministres : « Le Conseil des ministres est la formation collégiale qui réunit chaque semaine l’ensemble des ministres, sous la présidence du chef de l’État. Il s’agit de la seule formation gouvernementale définie par la Constitution. Le Conseil des ministres se tient traditionnellement le mercredi, à la Présidence de la République. La réunion se déroule en trois temps ».

  • Sont d’abord traités les textes de portée générale − projets de lois, ordonnances, décrets – qui demandent une délibération du Conseil.
  • Les décisions individuelles sont abordées ensuite, essentiellement les nominations des hauts fonctionnaires.
  • La troisième partie du Conseil est généralement consacrée à une communication d’un ministre sur une réforme en cours dont il a la charge, ou à une intervention du Président de la République. Le ministre des Affaires Étrangères fait également un point sur la situation internationale.

Je précise que j’ai trouvé cette définition-là dans le site officiel de l’Elysée (c’est à Paris en France). Au titre du premier indice, depuis un moment chez nous mes recherches ne m’ont permises de trouver la date exacte, la fréquence (cette année même) des conseils de ministres est passée de 4 à 2 par mois. S’il y a eu une explication à cet effet qui a été avancée, je pense que je ne m’en souviens plus. Ce phénomène de réduction est apparu seulement dans le déploiement du 3ème mandat. Dans les deux précédents qui étaient des mandats légalistes, la tradition des 4 fois par mois était archi respectée.

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Est-ce un message pour nous signaler que l’ambition de l’émergence à l’horizon (initiale) 2020 n’est plus à l’ordre du jour ? Ou est-ce une façon de reculer pour mieux sauter ? Peut-être que quelque part on considère que la plupart des grands travaux ont déjà été réalisés et qu’il n’y a plus lieu de courir ? La réduction est-elle un acte qui célèbre l’autosatisfaction ? Les questions pour cerner cette curiosité ne manquent pas. J’estime qu’on peut en effet rater le quai de l’émergence sans toutefois que ce moment d’assoupissement passager ne rabote en quelque sorte notre objectif de départ ? En Afrique sur le modèle Français, je ne sais pas combien de pays comme le nôtre, sont passés à 2 au lieu de 4 !?

En fait ce que je veux savoir, c’est quelle est la philosophie institutionnelle qui sous-tend cette option ? En effet, si on ne fait pas attention c’est la culture du travail gouvernemental qui va s’en trouver profondément modifiée ! Pour moi l’agenda gouvernemental ne peut pas et ne doit pas faire l’objet d’allègement. Il est le modèle national. C’est lui qui dit et qui donne au reste du peuple (au travail), une idée de son ambition pour le pays. S’il subit pour une raison ou une autre « des coupes sombres », cela va immanquablement susciter des réactions. Comme les miennes ! Avec votre permission on va passer au second indice.

Après la pause gouvernementale, la reprise des travaux du gouvernement a eu lieu ce mercredi 08 septembre 2021 à l’endroit habituel. Comme d’habitude des personnalités nouvelles ont été nommées. Certaines ont été affectées à de nouvelles fonctions, quand d’autres ont cumulé des fonctions hautement semblables et d’autres encore ont élargi le contre de leur rayonnement ! Ici ce matin c’est le cas de mon Ami personnel que j’aimerais qu’on scrute. Monsieur Maurice Bandaman a été nommé le 04 mars 2020 en qualité de nouvel Ambassadeur de Côte d’ivoire en France. Il a pris officiellement fonction le 15 juin 2020 à Paris.

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Ce mercredi en plus d’étendre le spectre de sa diplomatie sur la principauté de Monaco, il est dorénavant le représentant personnel du chef de l’Etat Alassane Ouattara auprès de l’OIF ! Si je vous dis que je ne suis pas content pour lui, je vous aurai menti. Je le sais travailleur, éveilleur de conscience et surtout fidèle à ses idées à ses convictions. Ici le fait n’est pas qu’il embrasse trop. Je ne doute pas qu’il a les capacités à faire face aux défis au-devant desquels il est placé par Kandia ? Il ne faut pas croire que la dernière corde (OIF) à son arc aurait été automatique s’il s’était agi d’une personne autre que Maurice ! Son mérite selon-moi est là ! Le problème est qu’à travers cette nouvelle offre qui lui échoit, j’ai le sentiment que Ouattara se met dans un long processus à céder des parts intimes à autrui de ces prérogatives !

On se souvient que lors du sommet organisé à Berlin par « Compact With Africa » le 27 Août dernier, le chef de l’Etat n’était ni présent physiquement, ni virtuellement. Si le schéma de la délégation de pouvoir se confirme, qu’est-ce qui expliquerait cette tendance chez lui ? Je ne suis pas en train de dire que c’est mauvais de déléguer, j’observe simplement qu’il y a en ce moment un faisceau d’indices qui pourrait laisser croire que nous sommes au début d’une nouvelle ère ?! Tantôt j’ai fait noter qu’il y avait une espèce de « paresse gouvernementale » qui ne disait pas son nom avec le passage de 4 à 2, puis la « symptomatique délégation cédée à mon Frère ! Selon-moi ça commence à faire beaucoup. J’ai choisi d’en parler ce matin parce qu’autour de moi j’entends chuchoter les gens à propos de la « succession » de Ouattara au sein de la famille du RHDP !

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Est-ce que la bataille du renouvellement générationnel peut expliquer cela ? Je n’en sais strictement rien. Normalement avec l’élargissement de l’éventail d’actions de l’ambassadeur plénipotentiaire qu’est Maurice Bandaman, sa fiche de paie doit connaitre une « légère » hausse. Le parallélisme des formes voudrait qu’il en soit de même pour la réduction de l’agenda gouvernemental ! Tchié ! j’allais oublier cette parenthèse-là ! Si vous voyez Ahoussou Kouadio « le Jeunot » peu importe où, quand et comment, dites-lui qu’il ne peut pas parler en mon nom. Au lieu de dire : « Ouattara c’est ce que les ivoiriens pouvaient rêver de mieux », qu’il dise : « Ouattara c’est ce que des gens comme moi pouvaient rêver de mieux ».

Comme cela il pourra s’accorder la plus grosse part de « la meilleure offre politique » qu’il a mise en œuvre ! A l’endroit du Premier Ministre, quel est l’objectif qu’on vise en nommant la même personnalité dans deux conseils d’administration qui ont pratiquement les mêmes missions (foncières et immobilières) ? En effet, si je m’en tiens aux nominations de ce mercredi 08 septembre 2021, l’AGEF et la SICOGI devront à l’avenir se partager l’expertise d’un seul et même administrateur (quel bienheureux) !

Il devra comme un agent auditeur chargé de documents, faire la navette entre ces deux administrations ! La première conséquence de cette anomalie est la suivante, est-ce qu’il pourra faire reporter vu qu’il n’est pas doué d’ubiquité, l’un des deux conseils programmés « le même jour et aux mêmes heures » ? Sans oublier qu’il pourrait développer des faiblesses (coupables) au profit et au détriment de l’une ou l’autre !? Merci !

KONE KOBALI

Libre auteur, créateur

Afriksoir

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