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Côte d’Ivoire: 19 ans après, Soro revient sur la rébellion

Côte d'Ivoire: 19 ans après, Soro revient sur la rébellion
Côte d'Ivoire: 19 ans après, Soro revient sur la rébellion

19 ans jour pour jour qu’éclatait une tentative de coup d’État qui va se muer en rébellion consacrant la partition du pays en deux. Le septentrion de la Côte d’Ivoire aux rebelles du MPCI et la partie sud aux mains du pouvoir du Président Laurent Gbagbo.

En ce jour commémorant cette date qui aura fait basculer la Côte d’ivoire dans une ère de grands bouleversements et de grandes incertitudes dont l’onde de choc, les secousses et les conséquences continuent de marquer profondément la Côte d’Ivoire, l’un des acteurs majeurs de cette crise qui depuis appel à la contrition et au pardon a tenu à livrer le fond de sa pensée. Cet acteur n’est autre que Guillaume Soro depuis son lieu d’exil.

« 19 septembre 2021. En assumant la résistance ou la rébellion il y a 19 ans, de jeunes ivoiriens innocents avaient rêvé de la liberté à la Che Guevara », avoue Guillaume Soro et de poursuivre « nous avions soif de voir une Côte d’Ivoire unie où il fait bon vivre. Nous voulions amorcer l’enracinement de la démocratie. Ne plus voir des hommes et des femmes militaires ou civils en prison pour des raisons politico-politiciennes », tente t-il de justifier les raisons pour lesquelles lui et ses camarades avaient eu recours aux armes.

La rébellion indique t-il rêvait d’une « justice exercée par des magistrats de qualité et au service du peuple ». Guillaume Soro et ses camarades rêvaient à la « construction d’une nation dans laquelle serait bannie le communautarisme, le clanisme, le sectarisme et le népotisme,etc. Tel était notre pieux vœu ! » confesse t-il.

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Une autre raison suffisante pour planter le glaive dans le cœur de la mère patrie était de voir « des hommes et des femmes réconciliés avec eux-mêmes et avec la loi juste dans la prospérité partagée ». Les rebelles ne voulaient voir « aucun fils , aucune fille de notre pays exilés avions nous pensé puisque nous en souffrions déjà ». Un autre vœu pieux qui nourrissait les ambitions de la rébellion était de voir « la corruption éradiquée sinon combattue par des acteurs probes ». Ces objectifs ont-ils été atteints 19 ans après ? La Côte d’ivoire est elle devenue cet havre de paix où la liberté d’expression est acquise ? La justice est-elle rendue au justiciable en toute impartialité ? La corruption est-elle définitivement annihilée ? Les fils de ce pays ont-ils désormais d’égales chances d’accès à des emplois stables pour construire leur vie ? Les richesses du pays sont elles également réparties ?

« 19 ans après, chaque camp peut faire le bilan », affirme l’ex PAN. Conscient du fait que cette rébellion continue d’être clouée au pilori par bon nombre de ses compatriotes, Guillaume Soro anticipe « jeter la pierre à l’autre est un vieux réflexe humain. Et chaque camp peut choisir de nous condamner, c’est leur droit et c’est plus facile! Et je l’accepte et je l’assume », affirme celui qui ne s’est jamais débiné quant à son rôle et sa responsabilité à la tête de la rébellion.

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19 ans après cet épisode, beaucoup d’eau a coulé sous le pont et dans les eaux troubles et infectes du jeu politique où tout n’est que reniement, volte-face pour s’arroger le moindre strapontin et en jouir à outrance, l’ex Pan reconnaît que dans les rangs de ceux qui ont animé la rébellion il y a presque deux décennies certains de ses compagnons « peuvent même en avoir opportunément honte aujourd’hui et se défausser sur le baudet ». Comment prend il ces reniements et volte-face « là aussi je l’accepte et je l’assume. La vie est ainsi faite. La victoire a plusieurs pères et la défaite est orpheline ».

Loin de ne retenir que la face sombre de la rébellion qu’il a dirigé, Guillaume Soro avoue être un tant soit peu « soulagé d’avoir fortement et résolument contribué avec le Président Laurent Gbagbo a réunifié la Côte d’Ivoire que menaçait une sécession, une partition » de même, il indique avoir été « particulièrement heureux d’avoir donné les cartes d’identité aux ivoiriens sans distinction ». Il met également à son actif l’organisation des élections présidentielles de 2010, le lancement du processus de réconciliation et avoir été le premier acteur politique de premier plan à demander le pardon et la clémence du peuple ivoirien à qui il a causé du tort avec son mouvement armé.

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A la lumière de ses déboires actuels avec ses anciens alliés désormais au pouvoir toute chose qui lui vaut un exil forcé depuis bientôt deux ans, l’ex Pan et Premier ministre ivoirien annonce qu’il « demeure déterminé à continuer à demander pardon au peuple pour tant de souffrances, de douleurs causées ou vécues.» Pour lui « La Côte d’Ivoire ne doit pas oublier ses morts dans tous les camps » avant de reconnaître avec lucidité « que seuls la démocratie, la réconciliation, le pardon refermeront les plaies de la Côte d’Ivoire ».

Relativement à sa traversée actuelle du désert où ses fidèles lieutenants d’hier les uns après les autres sautent de la barque secouée par les flots, Guillaume Soro se veut stoïque « Orphelin, je le suis peut-être, mais riche de mon expérience et de mes souffrances je le suis sûrement. Exilé je le suis et je le vis avec la force spirituelle et la résilience de ma conscience ». Il vit et endure les affres de l’exil comme le moyen d’expier « sa part de responsabilité à la société même si je sais que d’autres voudraient me voir mourir » avoue t-il.

Guillaume Soro, pour finir, affirme ceci « Je ne me renierai pas ni ne gémirai et comme c’est Dieu qui donne la vie et la retire selon sa volonté, que sa volonté soit faite ! Confions-nous sereinement à son jugement et à sa décision ».

 

operanewsapp

 

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